Détenu cannibale : "je suis passé à l'acte, et on m'a pris au sérieux"

Par , le 21 juin 2010 à 18h11 , mis à jour le 21 juin 2010 à 18h22

Au premier jour de son procès aux assises de Rouen, Nicolas Cocaign, accusé d'avoir tué un codétenu et mangé un morceau de ses poumons, a assuré lundi avoir eu conscience d'être "dangereux" et lancé sans succès "des appels au secours".

prison RouenLa prison de Rouen © TF1

"Personne ne m'écoutait. J'ai fait des appels au secours en disant que j'étais un homme susceptible d'être dangereux. Je suis passé à l'acte et on m'a pris au sérieux". C'est ce qu'à déclaré Nicolas Cocaign, 38 ans, au premier de son procès d'assises à Rouen pour avoir tué son codétenu et mangé une partie de ses poumons. Petit homme au cheveu rare et court, à la barbe taillée et au visage marqué par des tatouages, Nicolas Cocaign s'est longuement exprimé sur son  histoire et le mal-être qui l'habite depuis toujours. 

  • Le détenu cannibale écope de 30 ans de prison

    Nicolas Cocaign, accusé d'avoir tué un codétenu en janvier 2007 et d'avoir mangé un morceau d'un de ses poumons, a été condamné jeudi à trente ans de réclusion criminelle, assortie d'une peine de sûreté de 20 ans.

    Publié le 24/06/2010 Le détenu cannibale écope de 30 ans de prison
  • Cocaign, le détenu cannibale, a eu une "montée d'adrénaline"

    Au troisième jour de son procès d'assises, Nicolas Cocaign a décrit mercredi "la montée d'adrénaline" qui l'a conduit à tuer son co-détenu, à Rouen, et à manger une partie de ses poumons "pour goûter de la chair humaine".

    Publié le 23/06/2010 Cocaign, le détenu cannibale, a eu une "montée d'adrénaline"
  • Le cannibale de la prison de Rouen aux assises

    Nicolas Cocaign avait tué un co-détenu et mangé un morceau de ses poumons - pensant que c'était le coeur - pour lui "prendre son âme".

    Publié le 21/06/2010 Le cannibale de la prison de Rouen aux assises
  • Le "cannibale de Rouen" est fou

    Selon une première expertise psychiatrique, Nicolas Cocaigne a eu une "abolition totale de discernement" quand il a mangé un morceau de poumon de son co-détenu.

    Publié le 12/11/2007 Le "cannibale de Rouen" est fou
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La vie a démarré sous de biens mauvais auspices pour l'accusé. Né en 1971, il a été abandonné quelques semaines après sa naissance par sa mère, une femme âgée alors de 21 ans sans domicile fixe, elle-même confiée à l'Aide sociale à l'enfance quand elle était petite. A trois ans, Nicolas Cocaign est adopté par un couple de Petit-Quevilly, dans la banlieue de Rouen que l'accusé qualifie de "très bons parents". Mais très vite il est considéré comme "un enfant turbulent" qui redouble ses classes et suscite l'inquiétude de son entourage. "Son instituteur disait : 'il est dans une bulle et tant qu'il ne crèvera pas cette bulle, il ne s'en sortira pas", a assuré à la barre sa mère, Geneviève Cocaign. A six ans, il est suivi par une psychologue qui l'accompagnera de manière plus ou moins régulière durant toute son enfance et son adolescence. Dans un témoignage écrit, elle dit qu'elle lui servait de "repère" pour "discerner le bien et le mal".

"Mes pulsions étaient toujours là, alors..."

Lui assure que ses difficultés ont empiré avec un viol qu'il aurait subi à l'âge de treize ans. Se disant gouverné depuis par de "violentes pulsions sexuelles" et des désirs morbides d'anthropophagie, il est placé un peu plus tard dans un foyer d'où il fugue et bascule dans la délinquance. A 22 ans, il est condamné à une amende pour trafic et détention de stupéfiants avant d'autres condamnations pour des faits de violences puis des viols. A plusieurs reprises, il fait l'objet de mesures d'hospitalisation d'office  notamment sous la pression de ses parents qui le considèrent comme "dangereux"  pour la société. Mais quand il sort, il ne poursuit ni traitement médicamenteux ni suivi psychothérapeutique alors qu'il dit être demandeur. "Mes pulsions étaient toujours là, alors..." dit-il. Dans ce parcours noir, une seule lueur émerge : sa passion pour les chevaux. "Il ne vivait que pour le cheval", assure sa mère. Lui-même confie que le  meilleur moment de sa vie a été une période de travail comme palefrenier-soigneur dans un centre équestre à Rodez.

Le procès doit se poursuivre jusqu'à jeudi avec notamment les dépositions des experts psychiatres, prévues mercredi. Les deux premiers qui ont examiné l'accusé juste après les faits avaient conclu à son "irresponsabilité pénale" en raison d'une structure et d'un fonctionnement à caractère "psychotique". Mais leurs conclusions avaient été invalidées au cours de l'instruction par cinq autres de leurs confrères qui avaient estimé que son discernement n'était pas "aboli" mais simplement "altéré" au moment des faits.

Par Alexandra Guillet le 21 juin 2010 à 18:11
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4 Commentaires

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  • pascalcaen, le 22/06/2010 à 11h33

    Surtout que la peine de mort n'a rien de dissuasif...

  • lamamouche54, le 22/06/2010 à 10h30

    Ils auraient pu donner un nom au codétenu, et avoir une petite parole pour lui, on ne parle que de ce malade, et presque on voudrait lui trouver des excuses..... on marche sur la tête.

  • antirobert21, le 22/06/2010 à 10h12

    Courageux votre commentaire... surtout ça permettrrait de trouver quoi faire avec ces gens qui sont terrifiants. mais alors, retour au Moyen Age : on se débarrasse de ce qui fait peur, de ce qu'on n'arrive aps à gérer.

  • passepartout68, le 22/06/2010 à 05h40

    Arretons de leur trouver des excuses l enfance la misere !!!!si tous les gens qui ont eut une enfance difficile devenaient cannibales violeurs assassins et j en passe les prisons seraient des villes il n y a qu a retablir la peine de mort ca en calmerait plus d un

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