Salima Sy a vécu l'enfer pendant près de 5 ans © Les éditions du ToucanPendant neuf ans, ils l'ont soumise à un esclavage domestique. Mardi, en appel, à Paris, ce couple franco-malien a été condamné à deux ans de prison avec sursis. Leur victime, Rose, jeune Malienne, arrivée en France à l'âge de 11 ans, a jugé cette peine insuffisante. "Rose est très déçue, elle avait cru en la justice, pour elle mais aussi pour tous ceux qui ont vécu et qui vivent ça", a réagi son avocate, Me Fougeroux, qui espérait une peine de prison ferme.
Ne l'appelez pas esclave
<b> Témoignage - </b> Salima Sy, jeune Sénégalaise a passé cinq ans enfermée dans un appartement, à s'occuper d'enfant, à tenir une maison, sans contrepartie.
Publié le 11/04/2008
Le procès d'un esclavage des temps modernes
Un couple comparait à Bobigny pour avoir séquestré pendant huit mois dans son appartement de Seine-Saint-Denis une mère et sa fille, traitées comme des esclaves.
Publié le 21/03/2007
Esclavage domestique : du sursis pour un couple
Un couple franco-malien a été condamné vendredi à de la prison avec sursis et une amende pour esclavage domestique pendant 9 ans à l'encontre d'une jeune Malienne, mineure quand les faits ont démarré.
Publié le 06/11/2009
Descendants d'esclaves, ils se souviennent
Alors que la France commémore jeudi l'abolition de l'esclavage il y a 159 ans, un site Internet donne la parole aux descendants d'esclaves en Martinique.
Publié le 10/05/2007
Jugés pour esclavage domestique sur une enfant
Un couple franco-malien est jugé vendredi devant le tribunal de Bobigny. Selon l'accusation, il aurait soumis Rose, mineure au début des faits, à des conditions de travail indignes.
Publié le 16/10/2009
Esclavage moderne : 3 ans ferme requis contre le couple
Zohra Boutebel et Laurent Moreau comparaissaient mercredi pour avoir séquestré pendant huit mois une mère et sa fille, traitées comme des esclaves.
Publié le 21/03/2007
Vendu comme esclave par sa propre fille
Un sexagénaire a été traité trois ans comme un esclave par une famille rom. "S'il n'avait pas assez travaillé, il était battu", explique le maire de la ville où l'homme était exploité.
Publié le 23/09/2009
Aïssata et Mamadou S. ont été reconnus coupables d'avoir amené Rose en France en 1997, avec de faux papiers. Ils l'avaient ensuite contrainte pendant neuf ans à travailler 15 heures par jour dans leur pavillon de Bondy (Seine-Saint-Denis), au nord de Paris. Le 6 novembre 2009, un tribunal avait considéré que le couple avait bien soumis la jeune fille à des conditions de travail indignes et condamné Aïssata à deux ans avec sursis et Mamadou S. à 18 mois avec sursis. Le couple avait également été condamné à verser 93.000 euros de dommages et intérêts à la victime.
"Moi, je peux faire de toi ce que je veux"
Tout comme l'association SOS Esclaves, qui soutient Rose dans son combat judiciaire, le parquet avait jugé ces peines insuffisantes et fait appel. Le 7 juin, à l'audience, il avait requis la confirmation de la peine de Mamadou, mais deux ans de prison, dont six mois ferme à l'encontre de son épouse. Mardi, la cour d'appel n'a pas suivi ces réquisitions. Elle a confirmé le montant des dommages et intérêts, ainsi que la peine d'Aïssata. Elle a juste alourdi la peine du mari, de 18 à 24 mois avec sursis, estimant que par son silence, il s'était rendu tout aussi coupable.
"Mademoiselle n'était pas inscrite à l'école, car elle ne parlait pas français", s'était défendue Aïssata à l'audience. Selon elle, c'est la famille de Rose qui lui aurait demandé d'amener l'enfant en France "afin de lui trouver un mari" et de "lui donner un avenir meilleur" qu'au Mali. "Tout ce qu'elle raconte est faux. Rien n'est vrai", avait réagi Rose, frêle silhouette dressée face à Aïssata bien plus imposante. "Elle m'a montré comment nettoyer la maison, comment aller chercher les enfants, comment on fait la cuisine, comment on met le linge dans la machine... J'ai fait ça pendant des années", avait-elle raconté. "Du matin au soir, je nettoyais tout, le plafond, le carrelage, (...) la voiture. (...) Le week-end, j'avais quatre bassines de repassage à faire. Au début, je mangeais avec eux" et puis un jour, les enfants ont dit que "je sentais l'eau de Javel", alors "je mangeais dans la cuisine". Aujourd'hui âgée de 25 ans, Rose avait aussi raconté la première "gifle". Aïssata lui aurait alors dit : "Moi, je peux faire de toi ce que je veux". Mardi, la cour d'appel a jugé qu'"aucun élément du dossier n'est susceptible de confirmer que (le couple) a agi dans le but d'éduquer Rose comme ses enfants et pour lui permettre de trouver un mari".
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