© AFPRien su, rien vu venir... quatre supérieurs hiérarchiques de Jérôme Kerviel ont déclaré lundi au tribunal qu'ils n'étaient pas au courant des opérations hors-normes de l'ancien trader de la Société Générale, qu'ils ont abondamment traité de menteur. "Je ne voyais pas les ordres qu'il passait, c'était totalement impossible", a assuré le premier témoin, Eric Cordelle, 38 ans, ancien "N+1" de Jérôme Kerviel (juste au-dessus de lui dans la hiérarchie). A sa suite, les "N+2", "N+3" et "N+5" ont tous affirmé la même chose : l'ancien trader a "menti à tout le monde", fournissant au long de 2007 et début 2008 des explications fausses, mais "crédibles", pour dissimuler ses prises de positions astronomiques sur les marchés financiers.
Procès Kerviel : la parole à la défense
"Professionnel de la fraude", "surentraîné", "cynique" : face aux qualificatifs qui pleuvent sur son client, l'avocat de Jérôme Kerviel va tenter aujourd'hui de lui éviter la prison.
Publié le 25/06/2010
Quatre ans de prison ferme requis contre Kerviel
L'accusation a requis ce jeudi, à l'encontre de l'homme par lequel le scandale est arrivé à la Société Générale, cinq ans de prison dont quatre ferme. La veille, la banque a réclamé des dommages et intérêts astronomiques : 4,9 milliards d'euros.
Publié le 24/06/2010
Remboursez !
La banque a demandé mercredi au tribunal correctionnel de Paris de condamner son ancien trader à lui payer 4,9 milliards d'euros en réparation du "préjudice" subi début 2008.
Publié le 23/06/2010
La Société Générale va réclamer à Kerviel ses milliards perdus
4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts : c'est la somme astronomique que la banque compte demander cet après-midi à l'ex-trader. Lequel, évidemment, serait bien en peine de payer.
Publié le 23/06/2010
Bouton au procès Kerviel : "personne ne savait" dans la banque
L'ancien président de la Société Générale a été appelé à témoigner mardi après-midi au procès de Jérôme Kerviel, le trader qu'il avait traité de "terroriste" après l'annonce de la perte historique de 4,9 milliards d'euros début 2008.
Publié le 22/06/2010
Daniel Bouton à la barre au procès Kerviel
Après l'affaire Kerviel, il avait été très critiqué, y compris par Nicolas Sarkozy. L'ex-dirigeant de la Société Générale aura une nouvelle fois l'occasion de s'expliquer cet après-midi au procès de l'ex-trader.
Publié le 22/06/2010
Procès Kerviel : "tous coupables !"
Deux professeurs d'université spécialisés dans la finance ont déposé jeudi pour la défense de l'ex-trader de la Société générale, mettant en cause le fonctionnement du métier de trader et ses contrôles.
Publié le 17/06/2010
Kerviel admet avoir fabriqué des faux
Au 7e jour de son procès, Jérôme Kerviel a raconté mercredi comment il avait contourné les contrôles qui, au long de 2007, s'étonnaient d'anomalies détectées dans ses opérations. Un autre incident, survenu en 2005, a également été évoqué.
Publié le 16/06/2010
Procès Kerviel : la preuve par la trésorerie ?
L'ex-trader a tenté de démontrer mardi que sa situation de trésorerie, forcément connue de sa hiérarchie, et qui a fluctué entre -2,2 milliards d'euros et +1,4 milliard en 2007, prouvait que ses supérieurs connaissaient ses méthodes.
Publié le 15/06/2010
Un ex trader vole au secours de Kerviel
Vendredi, cet ancien trader de la Société Générale s'est dit convaincu devant le tribunal correctionnel de Paris que "la hiérarchie directe de Jérôme Kerviel ne pouvait pas ignorer totalement ses agissements".
Publié le 11/06/2010
Jérôme Kerviel, 33 ans, est jugé depuis le 8 juin par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir causé une perte de 4,9 milliards d'euros début 2008. Il encourt cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende. "Pour vérifier les opérations une à une, il aurait fallu suspecter la fraude", a déclaré M. Cordelle. Or, "nous n'étions pas dans une culture de fraude". En plus de trois heures de témoignage, Eric Cordelle, polytechnicien, grand, mince, costume gris clair, a expliqué qu'il ne connaissait rien au "trading" lorsqu'il avait pris en avril 2007 la direction du service dans lequel travaillait Jérôme Kerviel, le "desk Delta One". Il s'est retrouvé dans "la cage aux lions", selon l'expression de l'avocat de la défense, Me Olivier Metzner.
"Il a menti à tout le monde"
Jérôme Kerviel ? "On me l'a présenté comme quelqu'un de fiable, qui travaillait bien, qui avait de bons résultats", a-t-il déclaré. "C'était quelqu'un de sérieux, sur qui on pouvait s'appuyer", a confirmé le "N+2" de l'ex-trader, Martial Rouyère, 39 ans, plus en rondeur, plus à l'aise, mais pas plus au fait des opérations "frauduleuses" découvertes en janvier 2008. Selon lui, les affirmations de Jérôme Kerviel selon lesquelles ses chefs auraient été "au courant de tout" relèvent de la "mythomanie". Le "N+3", Philippe Baboulin, 49 ans, ne les a pas démentis. "A aucun moment" l'ancien trader ne lui a dit ce qu'il faisait : "il a menti à tout le monde".
Puis, dernier témoin appelé, Luc François, 47 ans, ("N+5") a porté le coup de grâce. Pour lui, "Jérôme Kerviel est un tricheur, un manipulateur et un menteur". Assis à sa place habituelle, costume et cravate sombres, Jérôme Kerviel esquissait ici et là un sourire, seule réaction notable aux déclarations de ses anciens chefs. Interrogé par le président du tribunal, Dominique Pauthe, il a estimé que ses supérieurs auraient eu une toute autre réaction s'il avait continué à gagner de l'argent. "Je suis convaincu que je ne serais pas en face de vous aujourd'hui", a-t-il déclaré.
L'enquête n'a démontré aucune complicité. Mais une demi-douzaine de personnes ont été licenciées ou ont démissionné après l'affaire Kerviel, qui avait mis en évidence de graves lacunes dans les système de contrôle. "De qui se moque-t-on ?", a tonné Me Metzner, en évoquant les multiples services qui disent n'avoir "rien vu". "Il y a eu des licenciements et des démissions (...), et vous dites que rien ne s'est passé d'anormal, que tout est de la faute de Jérôme Kerviel ?", s'est-il emporté. Mardi sera la dernière journée de témoignages, avant les plaidoiries des parties civiles mercredi, les réquisitions jeudi et la plaidoirie de la défense vendredi. L'ancien PDG de la banque, Daniel Bouton, est attendu mardi après-midi.
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