Voiture brûlée à Perpignan lors d'une nuit d'émeute (mai 2005) © TF1/LCIEn quelques heures, le 29 mai 2005, Driss Ghaib était devenu, bien malgré lui, l'emblème de la guerre larvée entre les communautés maghrébine et gitane à Perpignan. Le meurtre de ce Franco-marocain de 43 ans, abattu de cinq balles devant chez lui, avait mis le feu aux poudres car il était survenu au lendemain d'une manifestation tendue durant laquelle la communauté maghrébine avait exprimé sa révolte après un premier meurtre commis une semaine plus tôt, le 22 mai 2005. Ce jour-là, Mohamed Bey Bachir, Franco-algérien de 28 ans, avait été battu à mort dans un petit café d'un quartier populaire du centre de Perpignan. Une semaine de face à face tendu entre les deux communautés n'avait généré aucun incident majeur. Mais le meurtre de Driss Ghaib, dans cette ambiance orageuse, avait déclenché une nuit de violentes émeutes dans le centre de Perpignan, où une cinquantaine de véhicules avaient été incendiés et de nombreuses vitrines saccagées.
Cinq ans après les faits, le meurtrier présumé, Guillaume Naudi, comparaît depuis lundi et jusqu'à vendredi devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales. Et pour le procureur de la République de Perpignan, Jean-Pierre Dréno, le tragique malentendu paraît aujourd'hui établi. Le meurtre de Driss Ghaib, "c'est un règlement de compte au sujet d'une femme, ce procès n'a rien à voir avec les violences qui ont suivi le meurtre", souligne-t-il.
Une situation apaisée ?
Au moment des faits, Guillaume Naudi avait pour compagne l'ex-amie de Driss Ghaib. En détention provisoire depuis 2007, il est jugé pour assassinat. Il ne comparaît pas seul : avec lui, le tribunal juge également Jérôme Goallard, soupçonné de l'avoir conduit sur les lieux du crime, qui doit répondre de complicité d'assassinat. Le procès devait avoir lieu fin 2009, mais il a fallu attendre l'extradition de Jérôme Goallard depuis Madagascar, où il s'était enfui malgré son contrôle judiciaire.
Alors que s'ouvre ce procès, la préfecture des Pyrénées-Orientales affirme que la situation est apaisée dans les vieilles ruelles étroites du quartier Saint-Jacques, dans le centre de Perpignan. D'autres voix soutiennent que les tensions restent vives et qu'une étincelle pourrait provoquer de nouveaux affrontements. Dans l'autre affaire, celle qui avait était à l'origine de la semaine de tension, le meurtre de Mohamed Bey Bachir, la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Orientales a condamné quatre hommes en juin 2007 à des peines allant de sept ans de prison à 18 ans de réclusion criminelle.
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