Arrivée de jérôme Kerviel au tribunal le 9 juin 2010 © DRSans surprise, les avocats de Jérôme Kerviel, Nicolas Huc-Morel et Olivier Metzner, ont demandé la relaxe pour leur client sur la plupart des chefs d'accusation, jeudi, au dernier jour d'audience. "Je défends un homme face à un système, face à des mensonges construits", a déclaré vendredi Olivier Metzner. "Quand tout le monde gagne, personne ne le voit. Quand tout le monde perd, il faut un coupable, un seul", a-t-il renchéri en empruntant une maxime de l'économiste américain John Galbraith. Les avocats de l'ex-trader ont aussi dénoncé un monde financier et des salles de marchés capables d'engager des sommes colossales sur les marchés financiers. "Sur un simple clic de souris, peuvent se déverser sur les places financières plusieurs centaines de millions d'euros", a souligné Me Huc-Morel. Ils ont demandé la relaxe pour leur client pour les infractions « d'abus de confiance, de faux et usage de faux ». En revanche, Me Metzner a admis sa culpabilité sur la troisième infraction "d'introduction frauduleuse de données dans un système informatique", ouvrant la voie à une peine modérée.
Le Société Générale multiplie par six son bénéfice net
La Société Générale a concrétisé son rebond en 2010 avec un bénéfice net quasiment sextuplé, à 3,917 milliards d'euros.
Publié le 16/02/2011
Comme depuis le début du procès, le 8 juin, les avocats de Jérôme Kerviel soutiennent que la banque ne pouvait ignorer les activités et les engagements de l'ancien trader et ont ironisé sur la transparence que revendique la SocGen. "La Société générale est transparente et ouverte à tout, elle camoufle ses actifs pourris", a dit Me Metzner, rappelant que l'établissement avait cantonné dans une société distincte 35 milliards d'actifs toxiques liés aux "subprimes", les crédits à risque américains à l'origine de la crise financière. Me Metzner voit donc la banque comme la vraie responsable des dérives admises par Jérôme Kerviel : "Qui êtes-vous Société générale ? Comment fabriquez-vous des hommes comme cela ? Pour quel intérêt, par quels moyens, sinon purement financiers ?" "Jérôme Kerviel a été formé, formaté, peut-être déformé par la Société générale. Il n'est que la créature de la Société générale", a dit Me Metzner. "La banque lui a donné un accord tacite", a-t-il estimé.
« On a voulu industrialiser la méthode kerviel »
Alors que la Société Générale réclame à son ancien salarié de lui rembourser les 5 milliards perdus, Me Metzner a expliqué que Jérôme Kerviel n'avait pas à rembourser cette somme dans la mesure où l'ancien trader n'a pas participé au débouclage des positions ce mois-là. "Il n'y a pas de mystère Kerviel", a dit Me Huc-Morel. "Le mystère est un mystère Société générale. Comment la banque a-t-elle pu laisser engager les montants dont vous êtes saisis ?". "A quoi sont affairées toutes ces personnes qui sont affectées aux contrôles ?", interroge-t-il. "On a voulu industrialiser la méthode Kerviel. ça n'était pas bien mais on l'aide à industrialiser", s'étonne Me Metzner.
Me Olivier Metzner s'est montré en outre ironique en commençant sa plaidoirie par une comparaison en s'adressant aux trois magistrats du tribunal. "Est-ce que l'un de vous trois ne voit pas lorsque l'autre prend des notes ? C'est aujourd'hui ce qu'on vous soutient à la Société générale",a-t-il estimé. Il s'en est pris au parquet, qui a requis la veille cinq ans de prison dont quatre fermes. "Le procureur a dit qu'il requérait au nom de l'intérêt général, de la société... de la Société générale ?". Poursuivi pour "faux, usage de faux, abus de confiance, introduction frauduleuse de données dans un système informatique", Jérôme Kerviel risque cinq années de prison et 375.000 euros d'amende. Le tribunal correctionnel de Paris a mis son jugement sur cette affaire en délibéré au 5 octobre.
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