Direction la prison. Après une journée d'audience, le tribunal correctionnel de Rodez a condamné vendredi à quatre ans de prison dont trois ferme le père du petit Dylan. Il a été reconnu coupable de violences habituelles, abandon matériel et moral à l'encontre de son fils jusqu'à ses 7 ans. Une peine inférieure à celle de cinq ans de prison dont quatre ferme réclamée un peu plus tôt par la procureure Manuella Garnier.
Maltraitance : l'espoir de la mère, les "progrès" de Dylan
Après la condamnation pour avoir maltraité leur enfant à 3 ans ferme pour le père et à 18 mois ferme pour la mère de Dylan, cette dernière ne perd pas espoir de revoir un jour ses enfants. Les troubles de Dylan, eux, "s'atténuent".
Publié le 12/06/2010
Avant Dylan, ses parents aussi avaient été maltraités
Le procès des parents de Dylan qui s'est ouvert vendredi à Rodez, pour maltraitance, a livré le portrait de deux êtres eux-mêmes battus et maltraités tout au long de leur enfance.
Publié le 11/06/2010
Enfant maltraité : les parents de Dylan au tribunal
Dylan, 7 ans, avait été retrouvé enfermé dans sa chambre avec pour seul meuble un matelas imbibé d'urine. Ses parents sont jugés pour "violences habituelles sur mineur" et pour "abandon matériel et moral".
Publié le 11/06/2010
La grand-mère de Dylan mise en examen
La grand-mère du petit garçon de 7 ans, maltraité par ses parents pendant plusieurs années, a été mise en examen pour non-assistance à personne en danger.
Publié le 09/08/2009
En revanche, conformément au réquisitoire, la mère de l'enfant martyr a écopé de trois ans d'emprisonnement dont 18 mois avec sursis pour abandon matériel et moral et non empêchement des violences. Contrairement au père de Dylan, elle n'a pas été écrouée à l'issue du délibéré. Elle sera reçue prochainement par un juge d'application des peines. Elle a déjà fait 4 mois de détention provisoire en 2009. La grand-mère maternelle de Dylan et le voisin ont respectivement été condamnés à un an avec sursis et six mois avec sursis pour ne pas avoir signalé les violences.
"Mon papa il me tape, à coups de poing, de pied, de fessées"
Lors du procès, les interrogatoires des deux prévenus ont permis de dresser le portrait de deux êtres ayant grandi dans un climat d'alcoolisme et de maltraitance, sort qu'ils ont ensuite fait subir pendant des années à leur fils dans le pavillon familial de Millau (Aveyron). "Mon papa il me tape, à coups de poing, de pied, de fessées" : si Dylan, aujourd'hui âgé de 9 ans, était absent au procès de ses parents, le président du tribunal correctionnel, Jean-Marc Anselmi, a soulevé l'émotion en lisant la déposition de Dylan devant la police. "Il boit, il me traite de bon à rien (...) On m'enferme dans ma chambre avec le verrou (...) Toutes les nuits, je fais pipi au lit car il n'y a pas de toilettes", déclarait l'enfant.
Parce qu'il était un enfant agité, Dylan aurait été battu régulièrement sans que sa mère ne lève le petit doigt, jusqu'à l'intervention de la police en mars 2009 sur signalement des services sociaux. Celui qui a été décrit comme l'enfant martyr de Millau était certes nourri, mais il vivait dans une chambre sordide, verrouillée de l'extérieur la nuit, et n'avait pour tout meuble qu'un matelas imbibé d'urine. Il était privé de soins médicaux et n'était pas scolarisé.
Un préjudice incommensurable
Dylan vit désormais en famille d'accueil. "Ses troubles s'atténuent" et une "normalisation" est envisageable dans les trois ans, selon les experts. Pour l'accusation, qui a également réclamé interdiction d'entrer en contact avec l'enfant et la déchéance de l'autorité parentale, "cet enfant a subi un préjudice incommensurable : des violences physiques, mais aussi morales, des humiliations. A une période de la vie qui privilégie l'insouciance, il en a été privé". Avant le réquisitoire, l'avocate de l'association représentant l'enfant a toutefois souligné combien Dylan était encore traumatisé. "Il est heureux d'aller à l'école, deux jours par semaine, avide d'apprendre mais, quand on évoque le procès, il se recroqueville, disparaît sous la table et, dans sa famille d'accueil, il n'est pas question que l'on ferme la porte de sa chambre", a souligné Me Myriam Plainecassagne.
Les parents, aujourd'hui séparés, ont reconnu leur responsabilité. Elle leur a valu un an de détention préventive pour le père et plus de quatre mois pour la mère. "J'ai fait des bêtises, j'assume", a déclaré Franck X, qualifié de "psychorigide" par les experts. "Avec le recul je comprends qu'on a créé une prison, je le regrette haut et fort", a dit Stéphanie, la mère, dont la passivité a été mise en évidence par l'enquête.
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