Arrivée de jérôme Kerviel au tribunal le 9 juin 2010 © DRDécrit mercredi au deuxième jour de son procès comme "un somnambule dans un champ de tir", Jérôme Kerviel, jugé pour avoir fait perdre à la banque 4,9 milliards d'euros début 2008, a accusé sa hiérarchie de lui avoir demandé de prendre des risques de plus en plus grands, avant d'être violemment traité de menteur par son ancien patron.
Un ex trader vole au secours de Kerviel
Vendredi, cet ancien trader de la Société Générale s'est dit convaincu devant le tribunal correctionnel de Paris que "la hiérarchie directe de Jérôme Kerviel ne pouvait pas ignorer totalement ses agissements".
Publié le 11/06/2010
Kerviel : un "somnambule dans un champ de tir" ?
Les premiers témoins au procès de l'ancien trader de la Société générale ont commencé mercredi à défiler à la barre.
Publié le 09/06/2010
"Tout se voit, tout s'entend dans une salle de marchés"
Le procès très attendu de l'ancien trader de la Société Générale, accusé d'avoir fait perdre près de 5 milliards d'euros à sa banque, s'est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de Paris.
Publié le 08/06/2010
Affaire Kerviel : rappel des faits
De la révélation par la Société Générale d'une perte record de 4,9 milliards d'euros en 2008 à l'ouverture du procès de son ancien trader Jérôme Kerviel : chronologie d'une affaire qui a fait vasciller le monde de la finance.
Publié le 07/06/2010
Le procès Kerviel en direct sur le net
Les caméras étant interdites, certains journalistes ont retranscrit mardi en direct, l'audience du procès de Jérôme Kerviel via leur compte Twitter.
Publié le 09/06/2010
Longuement interrogé, beaucoup plus à l'aise que la veille, toujours dans son costume sombre mais sans cravate, l'ancien trader de la Société Générale a admis dans l'enceinte du tribunal ce qu'il avait déjà reconnu: il a exagéré, pulvérisé les limites, enregistré des opérations fictives pour couvrir ses engagements. Mais il a aussi répété que sa hiérarchie savait tout ce qu'il faisait et encourageait les "stratégies de trading" qui rapportent de l'argent. "La hiérarchie c'est moi, la hiérarchie ne savait pas" qu'il avait engagé des dizaines de milliards sur les marchés financiers, a rétorqué Jean-Pierre Mustier, ancien patron de la banque de financement et d'investissement de la Société Générale (SG CIB), témoin cité par la partie civile. "On encourage les traders à savoir prendre des risques, pas à prendre des risques", a-t-il expliqué. "Vous m'avez toujours menti, Monsieur Kerviel", a-t-il lancé au prévenu.
"Opérations fictives"
A l'audience de mercredi, le tribunal a creusé la question des "limites" supposées mises aux engagements des traders et leurs "dépassements". Selon la banque, le cumul des risques pris par les traders ne devait pas dépasser 125 millions d'euros. Les limites étaient dépassées "quasiment tous les jours", a assuré Jérôme Kerviel. "On recevait un mail (...) mais on n'avait jamais de remontrance". Et pour ajuster artificiellement ses positions, il saisissait "des opérations fictives". "Les techniques, le système, je ne les ai pas inventés", a-t-il dit. La prise de positions spéculatives "n'entrait pas dans mon mandat", mais "mes supérieurs m'ont demandé de le faire, parce que ça faisait gagner de l'argent", a-t-il affirmé. Les échanges se sont tendus lorsqu'un avocat de la Société Générale, Me Jean Veil, a interrogé Jérôme Kerviel sur une présumée tentative de détournement de fonds reprochée à son frère, comparant ses "agissements" à celui du trader. L'avocat de Jérôme Kerviel, Me Olivier Metzner, s'est emporté, évoquant lui des malversations reprochées à la banque.
Au début des débats, Jean-François Lepetit, 68 ans, ancien président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), était venu expliquer le fonctionnement des salles de marchés. Il a comparé Jérôme Kerviel à "un somnambule dans un champ de tir", se disant "pas convaincu qu'il ait bien compris ce qui se passait autour de lui". Le risque "calculé" est "la matière première d'une salle", a-t-il dit, et "il arrive que les limites soient dépassées". Mais dans ce cas, a souligné M. Lepetit, "la transparence est toujours de rigueur" et, "bien sûr, "les opérations fictives, c'est interdit". Certes, a-t-il ajouté, "sur des milliers d'employés des salles de marchés, il y a forcément un trader qui fait des bêtises".
Un dernier témoin, trader à la Société Générale, était encore entendu à 20h45. Les "limites et dépassements" restent au programme de l'audience de jeudi.
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