"Tout se voit, tout s'entend dans une salle de marchés"

Par , le 08 juin 2010 à 17h36 , mis à jour le 09 juin 2010 à 11h09

Dossier : Kerviel, le procès

Le procès très attendu de l'ancien trader de la Société Générale, accusé d'avoir fait perdre près de 5 milliards d'euros à sa banque, s'est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Arrivée kerviel procès 8 juin 2010Arrivée de Jérôme Kerviel au Palais de justice de Paris, le 8 juin 2010. © TF1/LCI

 
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Il est arrivé en début d'après-midi au palais de Justice. Costume sombre, chemise blanche, traits tirés, Jérôme Kerviel n'a pas souhaité faire de déclaration à la presse avant d'entrer dans l'enceinte du tribunal correctionnel de Paris où il est poursuivi pour avoir, en tant que trader, fait perdre près de 5 milliards d'euros à la Société Générale après avoir dissimulé ses opérations en produisant des faux.

"Puisqu'aujourd'hui c'est un homme que nous jugeons, qui êtes-vous M. Kerviel ?", a demandé le président du tribunal, Dominique Pauthe, avant de l'interroger longuement sur sa personnalité, son parcours au sein de la banque à partir de 2000, d'abord au "middle-office" (contrôle), puis comme assistant des traders et enfin comme trader à partir de 2005. "A certains moments, c'était extrême, fatiguant physiquement", a expliqué Jérôme Kerviel. Le président a lu une évaluation de 2005 faite par la banque qui concluait : "Attention à la surchauffe, ménagez des temps de repos". Jérôme Kerviel a expliqué qu'il travaillait de 7 heures du matin à 22 heures, même les jours fériés, avec une pause pour manger un sandwich au bureau. Il ne prenait jamais de vacances. "C'était chronophage, je vivais pour les objectifs", a-t-il dit. "Les encouragements journaliers de mes supérieurs ne m'ont pas freiné, ils m'ont plutôt encouragé".

jérôme Kerviel répète que ses supérieurs étaient au courant de ses prises de positions, voire les encourageaient, dès lors qu'elles rapportaient de l'argent. "Tout se voit, tout s'entend" dans une salle de marchés, a-t-il affirmé. "Sur un desk de trading, on est tous à 50 cm les uns des autres, tout se voit tout s'entend", a affirmé le jeune homme de 33 ans. Il répondait alors à un avocat de petits actionnaires, partie civile au procès. Mais son avocat, Me Olivier Metzner, a ensuite posé quelques questions de fond à son client, qui a répété qu'il était "impossible" que les cinq chefs qui se trouvaient à proximité des traders aient pu ignorer ce qu'il faisait. A l'appui, Me Metzner a fait transmettre sur un grand écran dressé dans le tribunal un plan de la salle dans laquelle travaillait Jérôme Kerviel.

Le procès va durer trois semaines. Poursuivi pour "faux, usage de faux, abus de confiance, introduction frauduleuse de données dans un système informatique", Jérôme Kerviel encourt jusqu'à cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende. Il se voit reprocher des positions à risque vertigineuses de 2005 à 2008 sur des indices boursiers européens, ayant atteint plus de 49 milliards d'euros, dissimulées selon l'accusation à son employeur. Les juges d'instruction fondent essentiellement les charges sur les propres déclarations du trader, qui a reconnu que la limite d'engagement au-delà d'une journée pour les huit traders de l'unité où il travaillait était à 125 millions d'euros. La Société générale, elle, se pose en victime et veut une "sanction exemplaire". L'ex-trader, lui, reconnaît des fautes mais incrimine sa hiérarchie, qui aurait fermé les yeux sur ses agissements. Olivier Metzner entend produire à l'audience des documents montrant selon lui que les agissements de Jérôme Kerviel ne pouvaient être ignorés de la banque.

Par Alexandra Guillet le 08 juin 2010 à 17:36
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19 Commentaires

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  • framboise9250, le 09/06/2010 à 18h04

    Bien raisonné !

  • misterpatrick, le 09/06/2010 à 10h50

    F6262 vrai seulement jk a paniqué il s'est mis a vendre au moment de la séance ou les cours chutaient; car il avait engagé 50 milliard d'euros et étant aller un peu loin( il était plafonné a 50 millions ) d'ou la panique de jk ,demandez a votre ami il l'expliquera beaucoup mieux que moi.

  • sophie70000, le 09/06/2010 à 10h45

    Facile de s'en prendre à celui qui est au pied de l'échelle !!

  • sahara06, le 09/06/2010 à 10h45

    Moi je soutien ce mec il est super, une banque qui se positionne en victime ça me fait marrer,

  • liberpater, le 09/06/2010 à 10h36

    Si vraiment la SG ne savait rien du tout c'est encore plus grâve car c'est de l'incompétance et dans ce cas vite changeons de banque !

  • monacfrance, le 09/06/2010 à 09h35

    Tout à fait. De plus, tous ceux qui travaillent ou ont travaillé dans une banque savent que nous sommes fliqués comme pas permis ..... j'espère qu'il saura le démontrer.

  • fjn64, le 09/06/2010 à 09h12

    Pauvres banquiers, il n'ont pas gagné autant qu'ils l'espéraient, mon Dieu, c'est effroyable...

  • cocoti509, le 09/06/2010 à 07h52

    Et si l'opération avait réussit combien aurait-il quels risques aurait-i lencore pris ensuite? Il fallait que son escalade s'arrête un jour et 5 milliards c'est pas rien quand il s'agit d'argent des épargnants donc de vous messieurs dames. Ne souhaiteriez vous pas qu'il y ait des gens sérieux pour le gérer. Par contre pas d'accord sur des peines exemplaires puisque son exemple a servit de leçon pour intensifier le contrôle dans les salles des marchés, c'est un mal pou un bien.

  • fannye83, le 09/06/2010 à 07h51

    Et dans ce cas , il n'y aurait pas eu de procès , on n'en aurait rien su !!!!!

  • lannaah, le 09/06/2010 à 07h02

    Il a fait son métier, on parle de lui comme si toute la Société Générale lui appartenait, qu'a fait sa hierarchie??

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