Image d'archives © TF1/LCILe Conseil Constitutionnel a jugé vendredi que le régime ordinaire de la garde à vue ne respectait pas les droits et libertés des citoyens, donnant au gouvernement moins d'un an pour faire voter une nouvelle loi plus protectrice. Réactions pour TF1 News d'un magistrat, d'un avocat et d'un policier, trois acteur incontournables de cette procédure de garde à vue.
Garde à vue : le gouvernement renonce à "l'audition libre"
Avant même le début des débats, qui s'annoncent houleux, sur la réforme de la garde à vue, le gouvernement a fait savoir mardi qu'il abandonnait l'idée polémique des auditions sans avocat.
Publié le 18/01/2011
Garde à vue : débat houleux en perspective à l'Assemblée
La réforme de la garde à vue arrive ce mardi devant les députés. Objectifs affichés : réduire leur nombre et renforcer la présence de l'avocat. Mais les débats s'annoncent tendus.
Publié le 18/01/2011
MAM veut réduire de moitié le nombre de garde à vue
Avec son projet de réforme de la garde à vue, présenté le 8 septembre, la garde des Sceaux espère faire diminuer leur nombre de 800 000 à 400 000 dès la première année de sa mise en oeuvre.
Publié le 22/09/2010
Garde à vue : "on nous roule dans la farine"
<b>Interview - </b> Pour maître Fabrice Orlandi, président de l'assocation "Jamais sans mon avocat", le projet de réforme de Michèle Alliot-Marie n'est qu'une demie victoire car il pose encore beaucoup d'incertitudes notamment sur l'accès au dossier et sur les conditions des auditions dites "libres".
Publié le 09/09/2010
Le régime de la garde à vue est contraire à la Constitution
Le Conseil Constitutionnel a décidé vendredi d'abroger à compter du 1er juillet 2011 tout le dispositif régissant les gardes à vue de droit commun en France.
Publié le 30/07/2010
Décision très attendue des Sages sur la garde à vue
Le Conseil Constitutionnel doit se prononcer ce vendredi sur la conformité de la garde à vue aux droits et libertés des citoyens. Une décision très attendue par les avocats qui mènent bataille depuis fin 2009.
Publié le 30/07/2010
Des gardes à vue toujours plus nombreuses, toujours plus contestées
Le nombre des gardes à vue en France a fait un bond de près de 23% entre 2004 et 2009, souligne un rapport de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice. Le même rapport s'interroge sur les raisons d'une telle hausse.
Publié le 24/07/2010
La garde à vue est-elle légale ? Les Sages trancheront le 30 juillet
<b> Interview -</b> Le Conseil Constitutionnel a examiné mardi la conformité de cette mesure décriée. Les avocats la jugent attentatoire aux droits et liberté garantis par la Constitution.
Publié le 20/07/2010
| Une victoire pour la profession d'avocat |
Fabrice Orlandi, avocat au barreau de Paris, président de l'Association "jamais sans mon avocat" : C'est une décision historique. C'est une victoire pour toute la profession d'avocat qui a réussi à mener de façon solidaire ce combat là depuis un an, que ce soit devant les juridictions judiciaires, administratives ou le Conseil constitutionnel. Aujourd'hui la garde à vue à la française doit être revue. Le Conseil dit notamment dans sa décision que l'avocat n'est pas assez présent. Il est évident que l'avocat qui est présent 20 minutes auprès de son client, dans le régime actuel, c'est exactement comme le médecin qui est au chevet de son patient et qui ne peut pas lui donner son médicament. La loi du 15 juin 2000 est du grand n'importe quoi. Il est urgent de la changer. Grâce à cette décision, nous allons enfin pouvoir avancer sur le plan des droits. Et en attendant la réforme, les avocats doivent continuer de contester la légalité de toutes les mesures de garde à vue devant les juridictions.
La voie ouverte à une réforme réelle
Mathieu Bonduel, secrétaire général du Syndicat de la Magistrature : Cette décision est très encourageante parce qu'elle ouvre la voie à une réforme réelle du régime de la garde à vue de droit commun. Réforme que le syndicat de la magistrature souhaite depuis bien longtemps. Le débat est très vif depuis des mois et le Conseil constitutionnel a montré qu'il n'était pas sourd. Il a bien pris acte aussi de la banalisation de la garde à vue, puisque leur nombre a explosé ces dernières années sans commune mesure avec l'évolution de la délinquance. Et le Conseil montre un peu le chemin puisque qu'il dit qu'en l'état actuel du droit, il n'y a pas "l'assistance effective de l'avocat" pendant la garde à vue. Il rappelle par ailleurs que le droit au silence de la personne gardée à vue existe bien, mais encore faudrait-il lui en notifier le droit. Le Conseil a fixé un délai de 11 mois qui est largement suffisant. Si aujourd'hui le gouvernement est un peu dans l'embarras c'est de sa faute. La Cour européenne des droits de l'Homme lui a envoyé des signaux depuis bien longtemps.
Le lobbying des avocats est fait pour les voyous
Patrice Ribeiro, responsable du syndicat de police Synergie Officiers : On prend acte de l'abrogation, mais d'un autre côté rien n'est prescrit de manière détaillée pour savoir ce qu'on doit faire ou ne plus faire. C'est flou. Un délai a été fixé pour se mettre en conformité. Nous le ferons en fonction des choix du gouvernement. Mais il faudra trouver un régime qui soit intrinsèquement équilibré : il y a les nécessités des droits de la personne mise en cause mais elles doivent être compatibles avec les nécessités de l'enquête et avec les droits des victimes. Or, pour l'instant, tout le lobbying des avocats dans cette affaire de garde à vue ne s'est fait que pour le droit des voyous et jamais celui des victimes. Tout ce que les policiers demandent, c'est que la manifestation de la vérité ne soit pas entravée. S'il faut qu'un avocat soit là tout de suite et tout au long de la garde à vue, nous ferons avec, mais il faut que la police ne soit pas défavorisée par rapport aux voyous. On ne doit pas arriver à une espèce d'arbitrage de ring où le voyou avec son avocat est l'égal de la police. Dans l'initiation du procès pénal, c'est l'intérêt de la société qui prime et donc les pouvoirs d'investigation de la police. Il faudra que les policiers aient plus de prérogatives et que les procédures soient simplifiées. Aujourd'hui, une procédure pour un simple vol à l'étalage, c'est plusieurs dizaines de feuillets à remplir.
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