
Six personnes accusées d'avoir participé à la mise à mort en mai 2006 de William Modolo, 21 ans, dans des circonstances particulièrement barbares, comparaissent à partir de lundi et jusqu'au 10 septembre devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône.
Affaire Modolo : de 19 à 30 ans de réclusion pour les 5 accusés
Après 10 jours de procès, les 5 acteurs de la mise à mort barbare de William Modolo, assassiné à 21 ans au terme d'une longue litanie de tortures en 2006, ont été condamnés jeudi par la cour d'assises d'Aix-en-Provence.
Publié le 09/09/2010
Affaire Modolo : "J'ai pété les plombs"
Les cinq personnes accusées d'avoir participé en 2006 à l'assassinat précédé de tortures de William Modolo ont fait mardi leur propre récit des sévices infligés au jeune homme qui était devenu le "petit esclave" du groupe, selon une accusée.
Publié le 31/08/2010
Aux assises pour le meurtre de leur "souffre-douleur", aveux partiels et regrets timides
Les cinq personnes accusées d'avoir torturé à mort William Modolo, 21 ans, en 2006, ont comparu lundi devant les assises des Bouches-de-Rhône. Verdict attendu le 10 septembre.
Publié le 30/08/2010
Le 22 mai 2006, la police municipale de Saint-Cannat, petite commune située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest d'Aix-en-Provence, découvrait le corps dénudé et atrocement mutilé d'un jeune homme, abandonné dans un sous-bois. L'autopsie révélait que William Modolo avait été violé, blessé à plusieurs reprises par un instrument "piquant ou tranchant", tabassé avec différents objets, que sa peau avait été brûlée à plusieurs endroits et que 12 de ses dents avaient été arrachées.
Le jour de la découverte du corps, Barbara Jean-Louis, 28 ans, s'était présentée à la brigade de gendarmerie de Gardanne (Bouches-du-Rhône) pour dire qu'elle avait été témoin du meurtre du jeune homme. Ses déclarations conduisaient à l'arrestation de cinq autres personnes : Arnaud Frapech, 30 ans, Franck Julien, 39 ans, Jean-Pierre Planqueel, 32 ans, Aurélie Piteux, 24 ans, et Lucien Boursier, 57 ans. L'enquête allait montrer que ce petit groupe, vraisemblablement sous l'influence de Planqueel (le seul à être accusé d'assassinat, les autres étant mis en cause pour complicité), avait décidé de s'acharner sur la victime, un jeune homme complexé par sa forte corpulence et à la recherche d'affection et d'amitié.
"Cette affaire n'a pas de nom. Ce qu'ils lui ont fait, c'est abject"
Pour des motifs futiles (le vol d'un saucisson), William Modolo avait commencé à être torturé le 17 mai par une partie du groupe. Son calvaire s'était poursuivi toute la journée du 18, jusqu'à sa mise à mort votée dans la soirée par les membres de la bande et exécutée à coups de pierre. "Cette affaire n'a pas de nom. Ce qu'ils lui ont fait, c'est abject", a déclaré Me Monique Touitou, avocate de la famille Modolo. Les accusés, selon elle, "ont fait assaut d'imagination dans l'horreur" et la victime n'était pour eux "plus un être humain : c'était une chose". Selon les éléments recueillis par les enquêteurs au cours de l'instruction, les différents protagonistes n'ont pas véritablement pris la mesure de ce qu'ils ont fait.
Complètement désocialisés, voire sans domicile fixe ou en rupture complète avec leur milieu familial, les accusés, les deux jeunes femmes mises à part, étaient de très importants consommateurs de drogue (cocaïne et cannabis, notamment) et d'alcool. Planqueel et Julien, les deux hommes qui se sont a priori montrés les plus violents avec William Modolo, mettent d'ailleurs leur comportement sur le compte de leur toxicomanie et de leur alcoolisme. "Le mobile, ils ne l'ont jamais donné", note d'ailleurs Me Touitou, dont les clients, "anéantis", attendent du procès qu'il délivre "évidemment des sanctions" mais aussi qu'il permette de parler de cette affaire et que "leur fils ne soit pas mort dans l'indifférence générale".
Pour Me Dominique Mattei, avocat de Barbara Jean-Louis, il y a eu dans l'enchaînement des faits "une forme de violence ascendante", un acharnement sur "le souffre-douleur, celui par rapport à qui chacun des membres du groupe se valorisait". Sa cliente a aujourd'hui "fait un retour psychologique sur cette affaire" et reconnaît qu'elle aurait dû faire plus que simplement protester face aux violences auxquelles elle assistait, a-t-il expliqué. Le verdict est attendu le 10 septembre.
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Affaire Modolo : de 19 à 30 ans de réclusion pour les 5 accusés
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