Le parquet avait requis trois ans de réclusion avec sursis. Finalement, le père de la petite Noémie, 19 mois, morte de déshydratation dans la voiture où il l'avait oubliée en juin 2007, a été condamné vendredi à deux ans de prison avec sursis pour homicide involontaire par imprudence et inattention par le tribunal correctionnel de Béziers.
Décès de la petite Noémie à Béziers: l'enquête
Le parquet a ordonné une autopsie après la mort de Noémie, 19 mois oubliée dans une voiture.
Publié le 21/06/2007
A l'audience, le père est apparu effondré. "Le condamner à de la prison n'aurait servi à rien. Nous, on est condamnés à perpétuité", a déclaré la mère de la petite Noémie, venue le soutenir. Le couple, qui avait une autre fille, a eu depuis un garçon "qui les a aidés à se reconstruire", a-t-elle précisé. Le père avait été laissé en liberté.
Un terrible oubli
Le jour du drame, le père de la fillette, parti la conduire à la crèche, était allé à son travail et l'avait oubliée sur la banquette arrière de son véhicule, sur le parking d'une zone industrielle, alors que la température extérieure était de 27 degrés.
Vers 16 heures, la mère de l'enfant, ne la trouvant pas à la crèche, avait appelé son compagnon. Cet homme d'une trentaine d'années, prenant conscience de son oubli, s'était alors rendu à sa voiture, mais trop tard: la fillette était morte, sans doute depuis la mi-journée selon le médecin ayant constaté le décès.
Après le verdict rendu ce vendredi, l'avocat du père, Me Josy-Jean Bousquet, a jugé "la décision démesurée". "Au regard des textes, on aurait dû le relaxer", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il envisageait de faire appel. Selon lui, "c'est la première fois qu'on fait une réquisition aussi lourde". Dans les précédents dossiers de ce type en France, les condamnations "étaient de l'ordre de quelques mois avec sursis", a-t-il assuré. "Il fallait marquer la gravité qu'il y avait dans la perte de cette vie humaine, même si j'ai pleinement conscience que le père est le premier à en souffrir", a expliqué pour sa part le vice-procureur Joël Garrigue. "Il a eu un comportement aux yeux de la loi de négligence et d'imprudence manifestes", a-t-il ajouté. "Ce qui nous importe n'est pas de stigmatiser ni d'accabler cet homme, simplement de stigmatiser la faute qui a été commise".
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