© SXC.HULe postérieur d'une patiente grabataire transformé en Post-it : la plaisanterie peut faire sourire, mais à Plonéour-Lanvern, petite commune du Finistère située non loin de la mer, l'affaire fait des vagues. Le procureur de la République de Quimper a requis, lundi, 800 euros d'amende à l'encontre de deux aides soignantes de la maison de retraite Pierre-Goenvic, qui comparaissaient en correctionnelle pour s'être échangées des petits mots via les fesses d'une patiente. Les faits incriminés remontent au 5 septembre 2009.
Ce jour là, l'une des deux aides-soignantes - qui travaille le matin-, nettoie comme chaque jour avec un badigeon d'éosine (un colorant de couleur orange rose aux propriétés asséchante et antiseptique) les fesses d'une pensionnaire septuagénaire atteinte de la maladie d'Alzheimer. En coulant, l'éosine forme un coeur. Trouvant cela amusant, l'aide-soignante ajoute à l'aide du badigeon le mot "Tisa", du nom du chat d'une de ses collègues qui doit prendre la relève dans l'après-midi. Celle-ci découvrant l'inscription lors du change de l'après-midi, prend un stylo bille et répond "coucou". La patiente, elle, ne s'est rendu compte de rien.
"Ce qui a été fait est ignoble"
La blague aurait pu en rester là. Sauf que quelques mois plus tard, à l'occasion d'une réunion sur les conditions de travail au sein de l'établissement, les langues se délient et l'affaire remonte aux oreilles de la directrice. Choquée, celle-ci prévient alors le parquet, qui prévient les gendarmes. Grâce aux emplois du temps, les deux aides soignantes en cause sont rapidement retrouvées. La famille de la patiente porte plainte pour "violences sur personne vulnérable". "Les enfants de cette patiente ne veulent pas faire d'esclandre avec cette histoire, mais en même temps, ils ne peuvent pas laisser passer ce type d'acte sans rien faire", explique à TF1 News leur avocat, maître Franck Buors. "Ce qui a été fait est ignoble. Dire 'notre travail est très difficile, c'était juste pour rigoler' ne suffit pas. La question n'est pas de savoir si la patiente s'en est rendu compte ou pas. Il y a eu violence morale et il y a eu atteinte à l'intégrité physique de cette dame, ce qui est pénalement répréhensible". L'avocat a réclamé 3000 euros de dommages et intérêts pour la patiente et 1000 euros pour chacun de ses trois enfants.
Une "bêtise"
"Lors de l'audience, comme lors de l'instruction, les deux aides soignantes se sont confondues en excuses pour leur bêtise, répond Vincent Omez, l'avocat d'une des deux aides-soignantes. Elles ont plus de 20 ans d'expérience professionnelle sans nuage, c'est pourquoi nous avons contesté tant la matérialité de la violence que l'intention de commettre une violence sur cette patiente". Même s'il veut bien croire qu'il s'agissait d'une plaisanterie de mauvais goût, le procureur a estimé dans son réquisitoire qu'il y avait bien eu "violence envers une personne âgée psychiquement dépendante". Parce que les fesses d'une patiente ne sont "pas un Post-it ou une carte postale", il a requis des amendes de 800 euros. Le délibéré est attendu le 2 septembre prochain. En attendant, les deux femmes ont été suspendues à titre provisoire de leurs fonctions.
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