Les cinq personnes accusées d'avoir participé en mai 2006 à l'assassinat précédé de tortures de William Modolo ont fait mardi, dans une atmosphère lourde, leur propre récit des sévices infligés au jeune homme qui était devenu le "petit esclave" du groupe, selon une accusée. "William, c'était un peu un petit esclave, c'est lui qui devait faire le barbecue, promener les chiens, et puis, il était toujours dans son coin", a raconté Barbara Jean-Louis, accusée de complicité d'assassinat et de non-empêchement de crime. C'est elle qui est allée voir les gendarmes de Gardanne le 22 mai 2006, jour où était également découvert le corps dénudé et atrocement mutilé du jeune William, abandonné dans un sous-bois. L'autopsie a révélé qu'il avait été violé, blessé à plusieurs reprises par un instrument "piquant ou tranchant", tabassé avec différents objets. Sa peau avait été brûlée à plusieurs endroits et 12 de ses dents avaient été arrachées.
Affaire Modolo : de 19 à 30 ans de réclusion pour les 5 accusés
Après 10 jours de procès, les 5 acteurs de la mise à mort barbare de William Modolo, assassiné à 21 ans au terme d'une longue litanie de tortures en 2006, ont été condamnés jeudi par la cour d'assises d'Aix-en-Provence.
Publié le 09/09/2010
Affaire Modolo : de 20 ans à la perpétuité requis
Des peines allant jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité ont été requises mercredi devant les assises des Bouches-du-Rhône à l'encontre des cinq personnes accusées d'avoir torturé à mort William Modolo en 2006.
Publié le 08/09/2010
Aux assises pour le meurtre de leur "souffre-douleur", aveux partiels et regrets timides
Les cinq personnes accusées d'avoir torturé à mort William Modolo, 21 ans, en 2006, ont comparu lundi devant les assises des Bouches-de-Rhône. Verdict attendu le 10 septembre.
Publié le 30/08/2010
Aux assises pour le meurtre de leur "souffre-douleur"
Lundi démarre le procès aux assises des Bouches-du-Rhône de six personnes soupçonnées de s'être acharnées en 2006 sur William Modolo, 21 ans, jusqu'à lui donner la mort.
Publié le 28/08/2010
Le jeune homme, complexé par sa forte corpulence, était en demande d'affection et d'amour, selon les témoignages de ses proches. Il avait rencontré Jean-Pierre Planqueel, un sans domicile fixe que fréquentaient également Barbara Jean-Louis, Arnaud Frapech, Franck Julien et Lucien Boursier, des gens avec qui il croyait s'être lié d'amitié. Il était également tombé amoureux d'Aurélie Piteux, 24 ans, qui à l'époque, était la compagne de Planqueel. Mais au fil du temps, William Modolo était surtout devenu le souffre-douleur d'une partie de la bande.
Ce jour-là, "on avait picolé plus que d'habitude"
"Il y avait déjà eu des coups" avant les faits, a confirmé Jean-Pierre Planqueel. Mais ce jour-là, a-t-il ajouté, "on avait picolé plus que d'habitude et ça s'est enchaîné" jusqu'à, dans la soirée, la mise à mort de la victime à coups de pierre. "Ca a été la montée en puissance de la violence", a-t-il affirmé. Aurélie Piteux qui, selon des témoignages au dossier, aurait lancé à son compagnon "tue-le, tue-le" alors que la victime était en train d'agoniser, a nié devant la cour.
Franck Julien, accusé de viol, de complicité d'assassinat et d'actes de torture et de barbarie n'a reconnu sa participation qu'à l'arrachage des dents de la victime. "J'ai pété les plombs", a-t-il dit, en guise d'explication. Mais pas question de reconnaître le viol avec des bouteilles de bière. "Ca, c'est affreux, j'ai jamais sodomisé personne, je le jure sur la tête de mes trois enfants", s'est-il écrié. Puis, s'impatientant face aux questions du président de la cour, il a lancé : "De toute façon, je prends 30 ou 40 ans, j'en ai rien à foutre". "Ca fait quatre ans et demi que je suis en prison, je vois pas mes enfants, j'en peux plus, moi", a-t-il ajouté. Ce à quoi la mère de William Modolo, de l'autre côté du prétoire, a répondu, la voix tremblante : "Et moi, mon fils, il pourrit en terre !".
Le troisième homme du groupe, Arnaud Frapech, fils d'un avocat de la région, a quant à lui soutenu n'avoir donné que quelques claques à la victime. Selon la version qu'il a donnée à la cour, il était ensuite sous l'effet d'un shoot de cocaïne et n'a pas participé aux actes de torture. "J'ai été con, lâche, de ne pas dénoncer ce qui s'est passé. Tous les matins, je pense au fait que j'aurais peut-être pu le sauver", a déclaré cet accusé. "Oui, vous l'auriez sûrement sauvé", a tranché Jean-Pierre Deschamps, le président des assises.
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