Depuis jeudi, sa décision a provoqué une levée de boucliers à droite, l'intervention de Brice Hortefeux, puis celle de Nicolas Sarkozy, des commentaires outrés de la part des syndicats de police - et elle a ravivé les tensions entre policiers et magistrats. Silencieux jusqu'à présent, le juge qui a ordonné la remise en liberté sous contrôle judiciaire de Monsif Ghabbour, mis en examen pour vol à main armée et tentative d'homicides volontaires contre des policiers dans l'affaire du braquage du casino d'Uriage, a accepté de s'expliquer dans les colonnes du Journal du Dimanche.
Déchéance de nationalité : pleins feux sur le projet Besson
Le projet de loi "immigration, intégration et nationalité" présenté par Eric Besson, durci après les polémiques sécuritaires de l'été et qui prévoit notamment l'extension de la déchéance de nationalité pour certains crimes, arrive en débat à l'Assemblée.
Publié le 28/09/2010
Déchéance de nationalité : l'Elysée a tranché
La ligne Besson a donc été préférée à celle d'Hortefeux : la déchéance de la nationalité sera étendue aux meurtriers des membres des forces de l'ordre et dépositaires de l'autorité publique mais pas aux faits de polygamie, a annoncé lundi l'Elysée.
Publié le 06/09/2010
Loi sur la sécurité: débat houleux en perspective
En pleine controverse sur la libération d'un suspect dans l'affaire du braquage du casino d'Uriage, le projet de loi dit "Loppsi 2" arrive mardi devant les sénateurs. Un projet que le gouvernement, qui a mis sa politique sécuritaire au premier plan, entend significativement durcir.
Publié le 05/09/2010
Déchéance de nationalité : l'heure des choix pour Sarkozy
Depuis le discours de Grenoble, Hortefeux, Alliot-Marie et Besson ont planché sur le thème de la déchéance de nationalité des délinquants fraîchement naturalisés, et condamnés pour des faits graves. Le chef de l'Etat doit arbitrer. La réunion doit se tenir ce lundi à l'Elysée.
Publié le 06/09/2010
Grenoble : arrestation du second braqueur du casino d'Uriage
Dans la nuit du 15 au 16 juillet, deux hommes avaient braqué le casino d'Uriage, entraînant une course-poursuite avec la police, qui s'était terminée par la mort d'un des braqueurs Karim Boudouda. Trois nuits de violence urbaine avaient suivi.
Publié le 31/08/2010
Un braquage tourne au drame à Grenoble
Une tentative de braquage du casino d'Uriage-les-Bains s'est achevée en course-poursuite avec la police, et une fusillade a éclaté à Grenoble. Bilan : un braqueur tué, un policier blessé.
Publié le 16/07/2010
Nuit mouvementée à Grenoble
Malgré l'appel au calme lancé par la mère du braqueur tué vendredi par la police, et malgré la fermeté affichée par Brice Hortefeux, seize voitures ont été incendiées dans la nuit de samedi à dimanche à Grenoble, et la police a essuyé des tirs.
Publié le 18/07/2010
Le JLD, un juge "Jamais Libre pour le Dîner"
Avec la remise en liberté de l'homme suspecté d'avoir participé au braquage du casino d'Uriage aux côtés de Karim Boudouda, le rôle des juges des libertés et de la détention est de nouveau pointé du doigt. Mais qui sont ces magistrats ?
Publié le 04/09/2010
Ce magistrat, juge des libertés et de la détention à Grenoble, a pour nom Yann Cattin ; contacté par le JDD, il assume pleinement cette remise en liberté. "J'ai pris ma décision en toute indépendance, au vu des éléments du dossier, explique-t-il dans le journal. Les articles 143-1 et 144 du code de procédure pénale évoquent 'des éléments précis et circonstanciés résultant de la procédure'. L'examen de ce dossier contradictoire m'a conduit à estimer que les critères n'étaient pas remplis pour procéder à un placement en détention". Le juge des libertés a donc fait relâcher Ghabbour, et a exigé qu'il réside chez son frère, pointe deux fois par semaine au commissariat, ne se rende pas dans le quartier de la Villeneuve et ne rencontre aucune des personnes citées dans la procédure. Le parquet a fait appel, sur instruction du ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie.
Charges accablantes ou dossier vide ?
Vendredi déjà, parmi le flot de réactions politiques qui avaient suivi, à droite comme à gauche, la décision du JLD de Grenoble, Jean-Jacques Urvoas, secrétaire national du PS chargé de la sécurité, avait fait part de ses doutes. "Si la remise en liberté sous contrôle judiciaire" du second suspect dans l'affaire du braquage du casino d'Uriage "suscite des interrogations légitimes, il faut dire toute la vérité", avait-il lancé. "Il semble que le dossier proposé au juge des libertés et de la détention ne contenait pas suffisamment d'éléments conduisant à décider d'un placement en détention. Dans cette mesure, il est difficile d'en faire grief au juge. Au moment des faits, les consignes données aux policiers étaient impératives : il fallait interpeller vite".
L'avocat de Ghabbour, Me Denis Dreyfus, s'est d'ailleurs empressé de saluer une décision "exemplaire" du juge, considérant que "le dossier" visant son client "est vide au niveau des éléments à charge" et n'est que "celui de la rumeur". Ce que réfute pourtant le procureur général de Grenoble, Martine Valdès-Boulouque, qui a jugé la remise en liberté "absolument inacceptable compte tenu des charges très graves qui pèsent" contre le suspect.
La vérité semble plus nuancée, s'il faut en croire une autre source judiciaire contactée par le JDD. Les soupçons à l'encontre de Monsif Ghabbour ne seraient étayés que par des témoignages, le seul élément matériel étant... une expertise en odeurs prélevées sur la scène de crime. D'où ce commentaire d'un magistrat : "La réalité du dossier est bien plus complexe qu'il n'y paraît. Le dossier n'est ni vide, comme le prétend l'avocat de Ghabbour, ni accablant, comme l'assurent l'accusation et les enquêteurs. On nous l'a vendu sur le thème 'C'est lui qui a fait le braquage, ça ne fait aucun doute', mais si, justement, il y a des doutes".
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