Explosion mortelle à l'école de chimie: un professeur jugé

le 15 septembre 2010 à 05h30 , mis à jour le 15 septembre 2010 à 10h55

Le tribunal correctionnel de Mulhouse juge depuis mercredi un enseignant accusé d'être à l'origine d'une explosion qui avait tué un de ses collègues et grièvement blessé une stagiaire en mars 2006.

Mulhouse, le 24 mars 2006, 12h26. Une explosion dévaste le bâtiment 5 de l'Ecole nationale supérieure de chimie. La détonation est ressentie à des kilomètres à la ronde. Un homme est tué sur le coup, -Dominique Burget, un enseignant de 40 ans- ; une jeune femme très grièvement blessée, -une lycéenne alors en stage. Plusieurs autres personnes sont également touchées par l'explosion. Depuis mercredi et pour une durée de trois jours, le tribunal correctionnel de la ville juge un professeur, accusé d'être à l'origine du drame.

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Alain Louati, 62 ans, est renvoyé pour avoir "par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence", "involontairement causé la mort" de son collègue. C'est dans son laboratoire que le drame a lieu alors que l'enseignant est absent : une bouteille d'éthylène explose. Dominique Burget travaille, lui, au-dessus du laboratoire. Il décède lors de l'effondrement du plafond situé entre les deux pièces.

Des négligences ?
 
D'après l'ordonnance de renvoi de la juge d'instruction Sandrine Batalla, Alain Louati, qui avait monté un dispositif expérimental visant à synthétiser du polyéthylène à partir de l'éthylène gazeux, aurait commis ce faisant plusieurs graves entorses à la sécurité. La juge l'accuse de ne pas avoir "respecté les règles de l'art s'agissant du choix des flexibles (utilisés pour le montage) et leur fixation", d'avoir omis de "refermer la bouteille d'éthylène à l'issue de son utilisation", d'avoir conservé celle-ci dans son laboratoire alors que l'expérience était interrompue, et de l'avoir entreposée dans "un local non ventilé et présentant des sources d'ignition" contrairement aux prescriptions du fabricant.
 
Le professeur, qui est toujours en activité à l'université de Mulhouse, se défend de telles négligences, et soutient qu'un tiers s'est introduit dans son laboratoire en son absence, provoquant l'explosion. L'expertise a montré que la porte de son local était ouverte, alors qu'il l'avait, selon ses dires, verrouillée, a affirmé à l'AFP son avocat Me Gérard Alexandre. Alain Louati comparaîtra seul devant le tribunal. La responsabilité pénale de l'Ecole de chimie n'a pu être recherchée, en raison de la disparition de la personnalité morale de l'établissement, intégré à l'Université de Haute Alsace (UHA) par décret en octobre 2009. L'instruction a pourtant soulevé "de nombreuses questions (...) relatives à la politique de sécurité conduite par l'établissement au moment des faits", note la juge Batalla.

le 15 septembre 2010 à 05:30
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