Juges et policiers : l'entente impossible ?

Par , le 22 septembre 2010 à 06h00 , mis à jour le 21 septembre 2010 à 17h39

LCI Radio - Au lendemain de la confirmation par les juges de Grenoble de la libération sous contrôle judiciaire du second braqueur présumé du casino d'Uriage, la colère des policiers ne retombe pas. Alexandra Guillet reçoit dans PJ un juge, un policier et un avocat pour en débattre.

Descente de police à la Villeneuve, quartier de Grenoble (4 août 2010)Descente de police à la Villeneuve, quartier de Grenoble (4 août 2010) © TF1/LCI

En ce mois de septembre, un juge des libertés et de la détention de Grenoble s'est soudainement retrouvé au cœur d'une violente polémique. Son tort supposé ? Avoir décidé de laisser libre, sous contrôle judiciaire, Monsif Gabbhour, 25 ans, alors que les policiers avaient mis des semaines à le retrouver et qu'il venait tout juste d'être mis en examen pour "vol à mains armées" et "tentative d'homicides volontaires" dans l'affaire du braquage du casino d'Uriage.

Pour rappel, suite à cette attaque, une course poursuite avec la police s'était soldée par la mort du complice présumé de Monsif Ghabbour, ce qui avait provoqué trois jours d'émeutes et la venue du chef de l'Etat et de son ministre de l'Intérieur. Le 16 septembre, la cour d'appel de Grenoble a néanmoins confirmé, au vu des éléments présents dans le dossier, la décision du juge des libertés et de la détention de laisser Monsif Gabbour dehors... 

Policier-magistrat : l'entente impossible ?

Pour répondre à cette question, Alexandra Guillet reçoit trois invités dans PJ :
-Christophe Régnard, juge d'instruction, responsable de l'Union syndicale de la magistrature
-Le commandant de police Christophe Gesset, membre du syndicat Synergie Officiers
-Et Yann Lebras, avocat pénaliste au barreau de Paris.

Pour écouter la première partie de PJ, cliquez ci-dessous :



Réforme de la garde à vue, l'autre polémique

Autre sujet sensible en cette rentrée de septembre : la réforme des gardes à vue.
Il y en aurait eu, selon les chiffres officiels, pas moins de 800 000 l'an passé en France. Depuis des mois, des avocats mènent la fronde pour imposer leur présence tout au long de cette procédure privative de liberté. De leur côté, les policiers hurlent tout aussi fort, pour ne surtout pas avoir les robes noires dans leurs pattes au commissariat. Coup de tonnerre en juillet dernier, le Conseil constitutionnel a lui-même décrété le système actuel des gardes à vue illégal. La France a un an pour trouver un système plus respectueux des droits de l'homme.

Le 8 septembre, la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie a présenté son projet de réforme, qu'elle a transmis au Conseil d'Etat et qui présente des modifications profondes puisqu'il prévoit la présence de l'avocat tout au long de la garde à vue, à quelques exceptions près quand même, et instaure le système des auditions libres.
Ce projet constitue-t-il une grande avancée ou plutôt bond en arrière ?  

Pour écouter la réponse de nos invités dans la deuxième partie de PJ, cliquez ci-dessous :



 

Par Alexandra Guillet le 22 septembre 2010 à 06:00
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14 Commentaires

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  • humanoide56, le 23/09/2010 à 14h53

    Euh ! la représentation syndicale vient de changer de camp pour l'escalade de déviances, elle est à gauche maintenant, mais les vers sont toujours dans le fruit !

  • touille06, le 23/09/2010 à 07h21

    Sauf que quand un juge ou magistrat relache un voyou dont on sait de source sure qu il est coupable , c est quand meme un peu limite non ? et ce n est pas un fait isolé.

  • galaktor38, le 23/09/2010 à 03h33

    Je soutiens les juges et magistrats. Ce n'est pas un métier facile, ils sont les garants de l'application des lois. Ils se vident la tête, examinent les dossiers et rendent un jugement conforme à la loi (et à l'esprit des lois.) Aux policiers d'amener des éléments qui peuvent convaincre un juge de placer un suspect sous mandat de dépôt. Et au gouvernement de donner les moyens aux policiers pour enquêter dans de bonnes conditions.

  • touille06, le 22/09/2010 à 14h50

    Eagle 13 Bien vu , ce n est un secret pour personne.

  • arpa463x, le 22/09/2010 à 12h27

    La police prend des risques et peut même être condamnée en cas d'erreur. Par contre je n'ai jamais vu un juge condamné pour son erreur ! Les juges envoient les gens parfois innocents mourir dans le trou et relachent les voyous alors que si un policier blesse un voyou en l'arrêtant, il risque la prison ! Il faut améilorer le fonctionnement de la police mais remanier complètement la justice. Mais c'est l'inverse qui se produit généralement et c'est la justice archaique que nous avons: incapable de s'adapter aux changements de la société, incapable de comprendre ou d'accepter les preuves par les nouvelles technologies et qui croit aveuglement aux papiers qui peuvent être si facilement falsifiés avec les moyens actuels.

  • aciery, le 22/09/2010 à 11h01

    La police est de droite et la justice de gauche! Bien tient voyons tellement facile les caricatures !

  • pascalcaen, le 22/09/2010 à 10h10

    Ah oui, la gauche c'est les méchants et la droite les gentils. Merci pour cette analyse politique fine et passionnante. Next.

  • gerard.dan, le 22/09/2010 à 09h47

    À 100 % pour la police et gendarmerie, la Magistrature est un congloméra d'irresponsables.

  • eagle13, le 22/09/2010 à 09h16

    Ces juges doivent être de gauche, ils préfèrent les voyoux qu'aux gens honnêtes, toute mon admiration à la police qui eux font au moins leur travail, mais les juges les empêchent de les accomplir convenablement.

  • tiktakowsky, le 22/09/2010 à 09h10

    Sauf que dans l'affaire d'Uriage, c'est pas la correctionnelle, mais les assises. Donc mettre des jurés en correctionnelle ne sert a rien !

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