Le "gourou de l'Ariège" jugé pour viols

Par TF1 News (D'après agence), le 10 septembre 2010 à 09h36 , mis à jour le 10 septembre 2010 à 09h38

Robert Le Dinh, dit Tang, est accusé d'avoir imposé des relations sexuelles à plusieurs femmes qui suivaient ses "enseignements", en profitant de son ascendant. Parmi ses accusatrices, des mineures, filles de ses "adeptes", qui le poursuivent pour des attouchements.

Qui est vraiment Robert Le Dinh ? Gourou pervers selon ses victimes présumées, maître inspiré selon ses défenseurs, il est jugé à partir de ce vendredi devant la cour d'assises de l'Ariège à Foix. Il doit répondre notamment de viols et d'agressions sexuelles sur des adeptes, y compris des mineures.

Robert Le Dinh, dit Tang, se défend d'être le gourou d'une secte, évoque des relations sexuelles consenties avec les adultes et dément toute agression sur mineure. Fils d'une mère française catholique et d'un père d'origine vietnamienne bouddhiste, il dispensait des enseignements quotidiens à une vingtaine de personnes, d'abord dans le Lot-et-Garonne, puis à partir de 2005 dans l'Ariège. Il disait avoir reçu en 1982 une révélation du Christ.

"On n'avait plus de libre arbitre"

L'affaire avait éclaté en avril 2007 lorsqu'un couple d'ex-adeptes, Dominique et Isabelle Lorenzato, avaient dénoncé aux gendarmes l'existence de ce qu'ils décrivaient comme une secte et les pratiques de son chef. Six autres parties civiles les ont ensuite rejoints. Selon elles, l'accusé imposait aux femmes des rapports sexuels qu'elles acceptaient par peur de ce qu'il appelait la "loi du retour" : des malheurs pour elles ou leurs proches. Son ascendant était tel qu'il constituait les couples, rapportent des témoins. Parmi les parties civiles figurent deux filles d'adeptes, qui l'accusent d'attouchements alors qu'elles étaient mineures.

Tang, condamné à deux ans et demi de prison en 1984 notamment pour extorsion de fonds, est aussi accusé d'avoir fait financer son train de vie par les membres du groupe. Entre 2005 et 2007, environ 150.000 euros auraient été versés sur ses comptes.

Pour les parties civiles, le caractère sectaire du groupe de Tang ne fait aucun doute. "On ne s'appartenait plus", raconte Isabelle Lorenzato. "On n'avait plus de libre arbitre, plus de pensée individuelle. Il allait jusqu'à choisir les prénoms de nos enfants". La défense, elle, va plaider l'acquittement. "Il ne s'agit absolument pas d'une secte" mais d'un "groupe à caractéristique religieuse, aux pratiques légères et libres", dit Me Pierre Le Bonjour. Le verdict est attendu le 18 septembre.

Par TF1 News (D'après agence) le 10 septembre 2010 à 09:36
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