Magistrat dans le couloir d'un tribunal (archives) © TF1 News (D'après agence)Le rôle est ingrat, éreintant, pour des juges qui croulent sous les dossiers et doivent décider, en un temps record, sans moyen et sous la pression, de relâcher des prévenus ou de les garder en détention. Une fois de plus, après la remise en liberté d'un homme soupçonné d'être le "deuxième braqueur" du casino d'Uriage, le juge des libertés et de la détention (souvent désigné par son acronyme "JLD") se retrouve au coeur de l'actualité, son rôle contesté, ses décisions critiquées, au point que certains demandent sa réforme, voire sa disparition pure et simple.
Sarkozy réfléchit à des jurés populaires au niveau correctionnel
Selon des députés UMP, Nicolas Sarkozy songe à installer des jurés populaires auprès des magistrats afin de "rapprocher le peuple de la justice".
Publié le 10/09/2010
Loi sur la sécurité: débat houleux en perspective
En pleine controverse sur la libération d'un suspect dans l'affaire du braquage du casino d'Uriage, le projet de loi dit "Loppsi 2" arrive mardi devant les sénateurs. Un projet que le gouvernement, qui a mis sa politique sécuritaire au premier plan, entend significativement durcir.
Publié le 05/09/2010
Grenoble : le juge réplique face à la polémique
"J'ai pris ma décision en toute indépendance, au vu des éléments du dossier", se défend dans les colonnes du JDD le magistrat grenoblois qui a ordonné la remise en liberté du suspect arrêté dans l'affaire du braquage d'Uriage.
Publié le 04/09/2010
Grenoble : arrestation du second braqueur du casino d'Uriage
Dans la nuit du 15 au 16 juillet, deux hommes avaient braqué le casino d'Uriage, entraînant une course-poursuite avec la police, qui s'était terminée par la mort d'un des braqueurs Karim Boudouda. Trois nuits de violence urbaine avaient suivi.
Publié le 31/08/2010
Un braquage tourne au drame à Grenoble
Une tentative de braquage du casino d'Uriage-les-Bains s'est achevée en course-poursuite avec la police, et une fusillade a éclaté à Grenoble. Bilan : un braqueur tué, un policier blessé.
Publié le 16/07/2010
Nuit mouvementée à Grenoble
Malgré l'appel au calme lancé par la mère du braqueur tué vendredi par la police, et malgré la fermeté affichée par Brice Hortefeux, seize voitures ont été incendiées dans la nuit de samedi à dimanche à Grenoble, et la police a essuyé des tirs.
Publié le 18/07/2010
Créé par la loi sur la présomption d'innocence de juin 2000, le juge des libertés et de la détention est une fonction souvent mal considérée et très exposée, pour laquelle les syndicats de magistrats demandent un vrai statut. Mis en place en janvier 2001, ce magistrat décide des placements en détention provisoire et de leurs éventuelles prolongations, décisions prises auparavant par le seul juge d'instruction. Concrètement, soit le juge d'instruction décide de mettre le mis en examen sous contrôle judiciaire, soit il saisit le JLD s'il estime nécessaire une mise en détention provisoire, ce "double regard" sur l'incarcération étant l'objectif visé par la loi de 2000.
Toujours accusés de libérer trop, ou trop peu
Mais dix ans après leur création, les JLD n'ont toujours pas de statut, à la différence par exemple des juges d'instruction. N'importe quel magistrat expérimenté, ayant rang de vice-président, peut être désigné JLD par le président de la juridiction, qui peut le démettre de la même manière.
"On peut lui reprocher le matin de trop placer en détention provisoire, l'après-midi c'est le contraire et on lui tombe sans arrêt dessus, il est dans une boîte à claques", résume Laurent Bedouet, secrétaire général de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire). Un autre représentant syndical évoque le cas d'un JLD que des policiers avaient surnommé "Libérator" avant d'obtenir, selon lui, son remplacement.
Mais les JLD sont généralement surnommés "jamais libre pour le dîner", du fait de leur charge de travail qui les contraint à rester souvent tard le soir à leur bureau, les suspects étant présentés au juge d'instruction avant d'arriver chez eux le cas échéant. De leur côté, les avocats reprochent parfois aux JLD de ne pas oser aller à l'encontre de la demande de détention du juge d'instruction. A Grenoble, le JLD l'a fait, provoquant la "consternation" du ministre de l'Intérieur et l'incompréhension du président de la République.
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