Le JLD, un juge "Jamais Libre pour le Dîner"

Par TF News (D'après agence), le 04 septembre 2010 à 10h46 , mis à jour le 04 septembre 2010 à 10h52

Avec la remise en liberté de l'homme suspecté d'avoir participé au braquage du casino d'Uriage aux côtés de Karim Boudouda, le rôle des juges des libertés et de la détention est de nouveau pointé du doigt. Mais qui sont ces magistrats ?

Magistrat dans le couloir d'un tribunal (archives)Magistrat dans le couloir d'un tribunal (archives) © TF1 News (D'après agence)

Le rôle est ingrat, éreintant, pour des juges qui croulent sous les dossiers et doivent décider, en un temps record, sans moyen et sous la pression, de relâcher des prévenus ou de les garder en détention. Une fois de plus, après la remise en liberté d'un homme soupçonné d'être le "deuxième braqueur" du casino d'Uriage, le juge des libertés et de la détention (souvent désigné par son acronyme "JLD") se retrouve au coeur de l'actualité, son rôle contesté, ses décisions critiquées, au point que certains demandent sa réforme, voire sa disparition pure et simple.

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Plus d'infos

Créé par la loi sur la présomption d'innocence de juin 2000, le juge des libertés et de la détention est une fonction souvent mal considérée et très exposée, pour laquelle les syndicats de magistrats demandent un vrai statut. Mis en place en janvier 2001, ce magistrat décide des placements en détention provisoire et de leurs éventuelles prolongations, décisions prises auparavant par le seul juge d'instruction. Concrètement, soit le juge d'instruction décide de mettre le mis en examen sous contrôle judiciaire, soit il saisit le JLD s'il estime nécessaire une mise en détention provisoire, ce "double regard" sur l'incarcération étant l'objectif visé par la loi de 2000.

Toujours accusés de libérer trop, ou trop peu

Mais dix ans après leur création, les JLD n'ont toujours pas de statut, à la différence par exemple des juges d'instruction. N'importe quel magistrat expérimenté, ayant rang de vice-président, peut être désigné JLD par le président de la juridiction, qui peut le démettre de la même manière.

"On peut lui reprocher le matin de trop placer en détention provisoire, l'après-midi c'est le contraire et on lui tombe sans arrêt dessus, il est dans une boîte à claques", résume Laurent Bedouet, secrétaire général de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire). Un autre représentant syndical évoque le cas d'un JLD que des policiers avaient surnommé "Libérator" avant d'obtenir, selon lui, son remplacement.

Mais les JLD sont généralement surnommés "jamais libre pour le dîner", du fait de leur charge de travail qui les contraint à rester souvent tard le soir à leur bureau, les suspects étant présentés au juge d'instruction avant d'arriver chez eux le cas échéant. De leur côté, les avocats reprochent parfois aux JLD de ne pas oser aller à l'encontre de la demande de détention du juge d'instruction. A Grenoble, le JLD l'a fait, provoquant la "consternation" du ministre de l'Intérieur et l'incompréhension du président de la République.

Par TF News (D'après agence) le 04 septembre 2010 à 10:46
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