© Archives"Conservatisme organisé", "gouvernance minimaliste", "dispositif statutaire fermé", "méthodes de travail dépassées", "baisse de la qualité des marchandises" : le constat est cruel pour l'hôtel Drouot. Le rapport rédigé sur le fonctionnement du célèbre hôtel des ventes parisien est révélé ce vendredi par le quotidien Les Echos. Réclamé par le ministre de la Justice après la découverte de détournements d'oeuvres d'art, il met en évidence le manque de transparence global de l'hôtel qui réunit 70 commissaires-priseurs. Les rapporteurs, qui préconisent de restaurer la confiance, dénoncent ainsi "une opacité des structures et des circuits", "un déficit d'encadrement juridique", "une faiblesse du règlement intérieur", "une irresponsabilité des manutentionnaires", là où "l'usage prime sur le contrat formalisé", note le quotidien.
Coup de marteau sur les manutentionnaires de Drouot
La confrérie chargée du transport et de la manutention des oeuvres d'art de Drouot est soupçonnée d'avoir détourné des oeuvres d'art au cours des ventes aux enchères, selon Le Parisien.
Publié le 06/08/2010
A l'origine de ce rapport, un scandale, qui avait éclaté fin 2009 : des vols avaient été révélés au sein même de la vénérable institution, et les voleurs n'étaient autres que des manutentionnaires du célèbre hôtel des ventes.
Un marché de l'art français privé de "locomotive"
Première conséquence de cette petite bombe : en juillet, la justice a mis en examen l'Union des commissionnaires de l'hôtel des ventes dans l'enquête sur ces détournements, mettant ainsi un terme à 150 ans de liens entre la prestigieuse maison d'enchères et ses "cols rouges" ou "Savoyards". Mais la ministre de la Justice, qui a autorité sur les commissaires-priseurs judiciaires, a aussi confié depuis lors à trois hauts fonctionnaires le soin d'auditer Drouot. Remis fin avril au garde des Sceaux, le rapport n'a toujours pas été rendu public, précise le quotidien économique. Interrogé à ce sujet à l'occasion de la publication des Echos, le ministère de la Justice a indiqué que Michèle Alliot-Marie s'exprimera sur ce sujet dans les semaines à venir.
En rendant ce rapport public, le quotidien Les Echos veut croire à un "choc salutaire". Car le célèbre hôtel Drouot pâtit depuis longtemps de la concurrence des grandes maisons internationales. Même si "le site reste l'un des premiers lieux de vente au monde" et qu'il accueille encore "5000 visiteurs (...) chaque jour", note le quotidien, "sauf rare exception, ce n'est plus là que les grandes oeuvres se vendent, un certain nombre d'enchères portant sur des marchandises de faible valeur, la drouille dans le jargon maison". Et cette parte de compétitivité nuit à tout le marché français, puisque, "faute d'une locomotive digne de ce nom, la France ne cesse de rétrograder sur un marché de l'art qui n'a pourtant jamais été aussi dynamique".
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