Neuf trafiquants de drogue présumés, en détention provisoire, ont dû être libérés mercredi, faute de pouvoir être jugés par le tribunal correctionnel de Nanterre dans le délai imparti par la loi. Ils comparaissaient mercredi aux côtés de quatre autres trafiquants présumés pour un trafic de drogue, notamment en Seine-Saint-Denis et dans les Hauts-de-Seine, dans lequel est impliqué un indicateur d'un chef renommé de la brigade des stupéfiants de Paris, les "stups".
Dans ce procès, ce commandant de police de 46 ans est lui aussi poursuivi, soupçonné d'avoir tenu son indic au courant des développements de l'enquête en cours sur ce trafic. L'avocate du policier ayant essuyé un refus du tribunal de disjoindre l'affaire principale de drogue de celle de son client, a fait appel de cette décision et déposé une requête en examen immédiat, obligeant le tribunal à renvoyer l'affaire à une date ultérieure. La 12e chambre, en charge des affaires de drogue, étant surchargée, le procès a été renvoyé à juin 2011.
Guerre des services
Or 9 des 14 prévenus étaient en prison depuis la fin de l'instruction en avril. Comme ils ne pourront être jugés avant le 11 octobre - date d'expiration légale de leur détention provisoire -, le tribunal n'a eu d'autre choix que de procéder à leur remise en liberté.
Cette affaire, très complexe, avait semé le trouble à l'automne 2009 dans les rangs de la police, posant le problème de la gestion des informateurs sur fond de guerre des services. Le policier avait été mis en examen en marge d'une affaire de drogue où plusieurs trafiquants avaient été écroués. L'enquête avait été traitée par un service concurrent des "stups", la Sûreté départementale des Hauts-de-Seine, qui surveillait un vaste réseau de drogue en proche banlieue de Paris.
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