Bébés congelés en Savoie: une accusée "hantée" par ses actes

le 19 octobre 2010 à 23h03 , mis à jour le 19 octobre 2010 à 23h06

Virginie Labrosse, 39 ans, est accusée d'avoir tué puis congelé trois nouveaux-nés. Le verdict est attendu vendredi.

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Virginie Labrosse, accusée d'avoir tué puis congelé ses trois nouveaux-nés, découverts chez elle en 2007, s'est dit hantée par ses actes "inexplicables" et "impardonnables", assurant avoir été incapable "de se séparer" des cadavres, mardi devant la cour d'assises de la Savoie. "Ca me hante, je veux comprendre. Mon psychiatre me dit 'si ça se trouve vous ne comprendrez jamais'. Ca me fait mal. Je suis maman, ça me fait encore plus mal", a assuré à la barre, Mme Labrosse, 39 ans, aujourd'hui mère d'un garçon de deux ans et demi, lors d'un interrogatoire sur les faits. "Je sens une culpabilité, une souffrance. Il y a quand même trois enfants morts", a-t-elle poursuivi la voix souvent entrecoupée de sanglots. "Je n'y suis pas pour rien parce que les faits sont là, mais j'ai l'impression d'y être pour rien parce que je n'ai pas compris ce qui m'arrivait. Je me sens monstrueuse", a ajouté l'accusée, atteinte de la pathologie du déni de grossesse, selon certains experts.

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Sur le déroulement des crimes, cette ex-employée municipale a assuré à plusieurs reprises ne "pas avoir de souvenirs distincts parce c'est tellement horrible" et ce, malgré l'évocation par le ministère public et les avocats des parties civiles de ses aveux circonstanciés en garde à vue en août 2007. Elle avait alors avoué aux enquêteurs avoir tué ses trois bébés en 2001, 2003 et 2006 et donné des détails confirmés par des autopsies. Elle les avait ensuite congelés avant de les entreposer dans une malle à la suite d'un déménagement dans un pavillon à Albertville (Savoie), où son ex-compagnon avait fait la macabre découverte.

"Je me déteste"

A propos de son premier accouchement seule à son domicile, à l'instar des deux autres, Mme Labrosse a simplement déclaré: "j'ai eu envie d'aller aux toilettes", où elle a accouché du nourrisson. "Après c'est le grand vide". "Ce qui s'est passé, je suis incapable de vous le dire. Si je pouvais, je vous le dirais. Ca serait déculpabilisant, libérateur", a souligné l'accusée que les experts ont décrite comme "authentique" et dotée d'une intelligence au dessus de la moyenne.

Au sujet du deuxième enfant, enfermé dans un sac après l'accouchement en 2003, "c'est exactement la même chose sauf que ça vous enfonce encore plus. Je me déteste", a-t-elle dit ajoutant ressentir "un black-out" concernant le troisième bébé étranglé en 2006.

"Je ne veux pas qu'on m'enlève mon fils"

Cette incapacité à se rappeler des faits a incité les parties civiles à s'interroger sur une éventuelle stratégie de défense consistant à se retrancher derrière le déni de grossesse. "Ne croyez pas que je vous cache mes souvenirs. Je l'assume mais je n'ai pas les mots pour l'expliquer", a répondu Mme Labrosse s'exclamant: "je m'en fous d'être condamnée mais je ne veux pas qu'on m'enlève mon fils".

Sur la congélation des cadavres, pendant plus de six ans pour le premier, Virginie Labrosse a en revanche livré quelques clés. "Dans l'état psychiatrique où je me trouve, ça fait partie des choses inexplicables. J'aurais pu faire un trou dans le jardin, m'en débarrasser, mais non ça n'est pas possible", a-t-elle dit. "J'étais dans l'impossibilité physique de m'en séparer. Peut être que ma conscience ne voulait pas se séparer de ça", a-t-elle avancé, ajoutant "c'était peut être un rappel de ma culpabilité dont je ne voulais pas me libérer. Avec le recul, c'est affreux". Le verdict est attendu vendredi.

le 19 octobre 2010 à 23:03
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