"Je ne sais même pas si c'était des êtres humains"

le 18 octobre 2010 à 18h17 , mis à jour le 18 octobre 2010 à 18h29

Virginie Labrosse, 39 ans, accusée d'avoir tué puis congelé trois nouveaux-nés, a eu le plus grand mal à s'expliquer lundi devant les assises de Savoie, au premier jour de son procès.

Virginie Labrosse, poursuivie pour un triple infanticideVirginie Labrosse, poursuivie pour un triple infanticide

"Je ne sais même pas si c'était des êtres humains. Je ne savais pas quoi faire. On panique", a déclaré d'une voix entrecoupée de sanglots Virigine Labrosse au premier jour de son procès où elle comparaît libre. Cette employée municipale de 39 ans est accusée d'avoir tué puis congelé ses trois nouveaux-nés, découverts en 2007. Révélée moins d'un an après l'affaire des "bébés congelés" dans laquelle  Véronique Courjault a été condamnée à huit ans de prison en 2009, cette nouvelle  affaire avait provoqué un engouement médiatique.

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Le 22 août 2007, l'ancien compagnon de l'accusée, Philippe Viguet Poupelloz, avait découvert les corps décomposés de deux des nourrissons, emballés dans des sacs plastique et enfermés dans une malle de leur pavillon à Albertville (Savoie), où le couple avait emménagé un an plus tôt. Virginie Labrosse avait rapidement avoué avoir accouché seule, puis avoir tué les nouveaux-nés en 2001 et 2003. Elle avait également indiqué être responsable de la mort d'un troisième bébé en 2006, dont elle conservait le corps dans un carton. Elle avait auparavant entreposé leurs corps dans un congélateur mais avait dû les en sortir lors du déménagement.

Déni de grossesse "partiel" ou "cas d'école" ?

"Ce n'était pas un acte logique. Il n'était pas question de m'en débarrasser, de les brûler, quelque part c'était à moi", a expliqué cette petite femme replète. Pour un expert-gynécologue, l'accusée est atteinte de déni de grossesse dans "sa forme clinique extrême" car "sans conscience d'une vie qui s'exprime" au moment de l'accouchement, une pathologie encore peu étudiée en France, selon lui. "Il s'agit d'un cas d'école de déni de grossesse où personne n'a pu intervenir, ni aider une femme en souffrance", a soutenu l'expert estimant que les infanticides auraient pu continuer "si on ne l'avait pas arrêtée".

Cette position n'est en revanche pas partagée par l'expert-psychiatre qui a assuré à la cour qu'il s'agissait seulement d'un déni de grossesse "partiel". "Elle avait conscience de ses grossesses tardivement, les refusait, plus prisonnière des secrets que de dénis de grossesses", a-t-il dit, estimant l'accusée atteinte d'"un syndrome dépressif majeur" ayant "altéré son discernement". Les experts ont souligné l'enfance difficile de l'accusée, surnommée "retour de couches" par sa mère alcoolique et marquée par "les cris, les pleurs, les coups". Cela avait abouti à une relation intime difficile avec M. Viguet Poupelloz.

Ce dernier, père des deux premiers bébés, n'avait d'ailleurs décelé aucune  grossesse. Pas plus que Laurent Blanc-Gonnet, père du troisième enfant décédé et  actuel compagnon de l'accusée qui lui a donné un autre fils, aujourd'hui âgé de 2 ans et demi. Aucun des deux, parties civiles, n'a été inquiété par la justice. Les experts ont également souligné la nécessité d'un "verdict clément" pour permettre à l'accusée, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, de poursuivre sa nouvelle vie de mère. Evoquant son dernier fils, Mme Labrosse a déclaré : "Avec sa naissance, moi aussi je suis née. Je lui ai donné la vie mais lui aussi m'a donné la vie. Il m'a donné le goût de vivre". Le verdict est attendu vendredi.

le 18 octobre 2010 à 18:17
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6 Commentaires

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  • garpi, le 19/10/2010 à 09h00

    Je vous shouaite vivement de ne jamais être victime de déni de grossesse. Car OUI les femmes sont VICTIMES et ont besoin d'aide. Imaginez un peu la détresse de ces femmes ! Souvenez vous de la maladie mentale appellé dépression. A l'époque peu de personne prennaient cette maladie au sérieux, on parlait de folie. Aujourd'hui il ne fait plus de doute qu'il s'agit bien d'une MALADIE et pas de folie. Alors faites attention quand vous parlez de déni de grossesse car il se pourrait que ce soit effectivement une MALADIE.

  • calidasco, le 18/10/2010 à 23h01

    En effet c'est si facile de porter un jugement ... ne jugeons pas !

  • iben770, le 18/10/2010 à 21h10

    Ne jugeons pas sans savoir.

  • margaux1942, le 18/10/2010 à 20h11

    D'accord avec vous !!! le déni de grossesse devient une excuse un peu trop facile !!!!

  • rasda74, le 18/10/2010 à 20h01

    Tout-à-fait d'accord!

  • esparta, le 18/10/2010 à 19h30

    C!est trop facile ces excuses permanentes. Elle merite la prison a vie. Comment peut elle dire que elle ne savait pas que c!etait des etres humains. Pardon ,mais il faut l!interner dans un asile plutot. C!est incroyable cette clemence vis a vis de ces femmes qui elles ne sont pas des etres humains, ni des animaux, car eux ils ne tuent pas leur nouveau nes.priere de me publier. Merci!!

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