Virginie Labrosse, poursuivie pour un triple infanticide"Je ne sais même pas si c'était des êtres humains. Je ne savais pas quoi faire. On panique", a déclaré d'une voix entrecoupée de sanglots Virigine Labrosse au premier jour de son procès où elle comparaît libre. Cette employée municipale de 39 ans est accusée d'avoir tué puis congelé ses trois nouveaux-nés, découverts en 2007. Révélée moins d'un an après l'affaire des "bébés congelés" dans laquelle Véronique Courjault a été condamnée à huit ans de prison en 2009, cette nouvelle affaire avait provoqué un engouement médiatique.
Bébés congelés en Savoie: une accusée "hantée" par ses actes
Virginie Labrosse, 39 ans, est accusée d'avoir tué puis congelé trois nouveaux-nés. Le verdict est attendu vendredi.
Publié le 19/10/2010
Savoie : une mère infanticide aux assises
Virginie Labrosse, accusée d'avoir tué ou laissé mourir ses trois nouveaux-nés puis d'avoir congelé leur corps, comparaît devant les assises de Savoie à partir de lundi.
Publié le 17/10/2010
Albertville : deux des nouveau-nés sont morts asphyxiés
Selon les experts, "il n'existe aucune certitude sur un geste criminel volontaire". La mère a été mise en examen pour infanticide vendredi.
Publié le 27/08/2007
L'amant était le père d'un des bébés
Les expertises ADN effectuées sur les trois nouveau-nés retrouvés fin août à Albertville ont permis d'établir les circonstances de la mort des bébés.
Publié le 21/09/2007
Albertville : le compagnon en prison au moment du drame
Le père présumé des 3 nouveau-nés, dont les corps ont été découverts jeudi dans des malles, purgeait une peine lors du premier infancticide en 2001.
Publié le 24/08/2007
La mère des trois bébés mise en examen
La femme a été écrouée vendredi après-midi pour "homicide". Selon son avocat, elle était à la fois "soulagée et abattue".
Publié le 24/08/2007
Le 22 août 2007, l'ancien compagnon de l'accusée, Philippe Viguet Poupelloz, avait découvert les corps décomposés de deux des nourrissons, emballés dans des sacs plastique et enfermés dans une malle de leur pavillon à Albertville (Savoie), où le couple avait emménagé un an plus tôt. Virginie Labrosse avait rapidement avoué avoir accouché seule, puis avoir tué les nouveaux-nés en 2001 et 2003. Elle avait également indiqué être responsable de la mort d'un troisième bébé en 2006, dont elle conservait le corps dans un carton. Elle avait auparavant entreposé leurs corps dans un congélateur mais avait dû les en sortir lors du déménagement.
Déni de grossesse "partiel" ou "cas d'école" ?
"Ce n'était pas un acte logique. Il n'était pas question de m'en débarrasser, de les brûler, quelque part c'était à moi", a expliqué cette petite femme replète. Pour un expert-gynécologue, l'accusée est atteinte de déni de grossesse dans "sa forme clinique extrême" car "sans conscience d'une vie qui s'exprime" au moment de l'accouchement, une pathologie encore peu étudiée en France, selon lui. "Il s'agit d'un cas d'école de déni de grossesse où personne n'a pu intervenir, ni aider une femme en souffrance", a soutenu l'expert estimant que les infanticides auraient pu continuer "si on ne l'avait pas arrêtée".
Cette position n'est en revanche pas partagée par l'expert-psychiatre qui a assuré à la cour qu'il s'agissait seulement d'un déni de grossesse "partiel". "Elle avait conscience de ses grossesses tardivement, les refusait, plus prisonnière des secrets que de dénis de grossesses", a-t-il dit, estimant l'accusée atteinte d'"un syndrome dépressif majeur" ayant "altéré son discernement". Les experts ont souligné l'enfance difficile de l'accusée, surnommée "retour de couches" par sa mère alcoolique et marquée par "les cris, les pleurs, les coups". Cela avait abouti à une relation intime difficile avec M. Viguet Poupelloz.
Ce dernier, père des deux premiers bébés, n'avait d'ailleurs décelé aucune grossesse. Pas plus que Laurent Blanc-Gonnet, père du troisième enfant décédé et actuel compagnon de l'accusée qui lui a donné un autre fils, aujourd'hui âgé de 2 ans et demi. Aucun des deux, parties civiles, n'a été inquiété par la justice. Les experts ont également souligné la nécessité d'un "verdict clément" pour permettre à l'accusée, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, de poursuivre sa nouvelle vie de mère. Evoquant son dernier fils, Mme Labrosse a déclaré : "Avec sa naissance, moi aussi je suis née. Je lui ai donné la vie mais lui aussi m'a donné la vie. Il m'a donné le goût de vivre". Le verdict est attendu vendredi.
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