Karachi : le juge d'instruction va bien enquêter pour des faits de "corruption"

Par , le 07 octobre 2010 à 12h02 , mis à jour le 19 novembre 2010 à 16h10

Dossier : Affaire Karachi : scandale d'Etat ?

Le juge Van Ruymbeke a décidé de passer outre l'avis du parquet et d'ouvrir une enquête financière sur d'éventuelles rétro-commissions en marge de la vente de sous-marins au Pakistan.

L'attentat anti-français de Karachi en 2002L'attentat anti-français de Karachi en 2002 © TF1/LCI

Contre l'avis du procureur, qui jugeait les faits prescrits, le juge Renaud Van Ruymbeke a décidé mener une enquête sur des soupçons de corruption dans le dossier visant le paiement de commissions occultes en marge d'une vente de sous-marins français au Pakistan en 1994, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. Le juge s'est notamment saisi des investigations sur le versement de quelque 84 millions d'euros de commissions destinées à des officiels pakistanais. Cet argent pourrait être revenu pour partie en France et avoir servi à financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, selon les éléments recueillis lors d'une enquête préliminaire de police.

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Plus d'infos

 
Le nom du trésorier de cette campagne, Nicolas Sarkozy, ministre du Budget du gouvernement Edouard Balladur en 1993-1995, figure dans des documents saisis par des policiers luxembourgeois lors de leur enquête au Grand-Duché avant l'été. "Pour nous, c'est une victoire considérable. C'est la preuve que notre plainte est tout à fait fondée", s'est réjoui Olivier Morice, l'avocat des familles de victimes de l'attentat de Karachi en 2002, qui fit 15  morts, dont 11 salariés de la Direction des constructions navales (DCN). L'arrêt du versement des commissions, décidé par Jacques Chirac lors de son arrivée au pouvoir en 1995, pourrait être à l'origine de l'attentat contre les salariés de la DCN, selon l'hypothèse des enquêteurs.
  
Les parties civiles avaient déposé une plainte le 15 juin notamment pour corruption à l'encontre du club politique d'Edouard Balladur. Le parquet, placé sous l'autorité de la Chancellerie, a requis l'ouverture d'une information  judiciaire mais exclu que le magistrat enquête sur d'éventuelles rétro-commissions, qualifiées juridiquement d'abus de biens sociaux. Jugeant les parties civiles irrecevables sur ce point, il a décidé de garder la main de l'enquête sur ces soupçons d'abus de biens sociaux. Le juge d'instruction Renaud van Ruymbeke a eu une autre analyse et décidé d'enquêter sur ces soupçons de rétro-commissions. Pour Me Morice, la décision du magistrat est "la preuve que nous sommes en présence d'une affaire d'Etats mettant en cause Zardari (le président pakistanais, ndlr), l'actuel président de la République et tout le financement de la campagne d'Edouard Balladur".

Par Alexandra Guillet le 07 octobre 2010 à 12:02
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1 Commentaires

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  • resyl77, le 07/10/2010 à 12h45

    Il ne devrait y avoir aucune prescription possible pour ce genre d'escroquerie, ni de passe droit pour nos politiciens, mais on peut rever......

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