L'attentat anti-français de Karachi en 2002 © TF1/LCI
Karachi : Villepin entendu cette semaine
Dans le dossier Karachi, l'ancien Premier ministre a affirmé dimanche soir qu'il n'y avait "pas de preuve formelle de rétrocommissions".
Publié le 21/11/2010
L'affaire Karachi s'emballe
Après le dossier Clearstream, l'affaire Karachi a relancé l'affrontement entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, dans le prolongement de celui qui opposa leurs mentors Edouard Balladur et Jacques Chirac.
Publié le 21/11/2010
Karachi : les familles laissent un sursis à Villepin
Les familles des victimes de l'attentat de Karachi "ont décidé de surseoir" à la plainte pour "mise en danger d'autrui" annoncée vendredi contre Dominique de Villepin, après avoir "très favorablement accueilli" ses déclarations de vendredi sur TF1.
Publié le 20/11/2010
Karachi : Villepin donne sa version, l'Elysée réplique
Dominique de Villepin, menacé avec Jacques Chirac d'une plainte des victimes de l'attentat de Karachi de 2002, a fait état vendredi sur TF1 de soupçons de corruption en marge d'un contrat d'armement avec le Pakistan en 1994. L'Elysée a rapidement nié l'implication de Nicolas Sarkozy.
Publié le 19/11/2010
Karachi : Chirac et Villepin visés par une plainte
Des familles de victimes entendent porter plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "homicide involontaire", au lendemain de nouvelles révélations accréditant l'existence d'un lien entre l'arrêt du versement de rétrocommissions et l'attentat de Karachi en 2002.
Publié le 19/11/2010
Karachi : il y a bien eu des rétrocommissions
Devant un juge, l'ex ministre de la Défense Charles Millon a confirmé l'existence de rétrocommissions versées jusqu'en 1995 en marge d'un contrat de vente au Pakistan de sous-marins français. Le PS somme Nicolas Sarkozy de s'expliquer.
Publié le 17/11/2010
Karachi : l'Elysée dans le collimateur de familles de victimes
L'ex ministre de la Défense Charles Millon a confirmé l'existence de rétrocommissions versées jusqu'en 1995 en marge d'un contrat de vente au Pakistan de sous-marins français. Le PS somme Nicolas Sarkozy de s'expliquer, les parties civiles demandent l'audition du président.
Publié le 18/11/2010
Peu après la signature par le juge d'instruction indépendant Renaud Van Ruymbeke d'une ordonnance lançant des investigations pour "corruption et abus de biens sociaux" lors d'une vente de sous-marins au Pakistan en 1994, le procureur Jean-Claude Marin, lié hiérarchiquement au pouvoir, a annoncé qu'il faisait appel en invoquant des problèmes de "procédure". Résultat : l'enquête est suspendue au moins six mois, le temps que la cour d'appel tranche.
L'affaire est liée à un attentat-suicide à Karachi le 8 mai 2002 dans lequel furent tuées 15 personnes, dont 11 ingénieurs et techniciens français de la Direction des constructions navales (DCN), travaillant à la construction des sous-marins. La piste islamiste évoquée initialement a été abandonnée, les suspects ayant été blanchis au Pakistan. Divers renseignements, mais aucune preuve, laissent penser que l'armée pakistanaise aurait commandité l'attentat en représailles du non-versement d'un reliquat des "commissions" dues par la France. L'enquête a montré que le versement de 84 millions d'euros, soit 10,25% du contrat, destinés à des officiels pakistanais, avait été convenu lors de la signature du contrat signé par le gouvernement Balladur en 1994. Les paiements ont été stoppés après l'élection de Jacques Chirac à l'Elysée en 1995. Les policiers français, qui ont enquêté dans un cadre préliminaire, pensent qu'une partie de cet argent pourrait être revenue en France en 1994-1995 afin de financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur.
Documents compromettant trouvés au Conseil constitutionnel
Ce litige intervient alors qu'apparaissent de nouveaux éléments sur l'apport de deux millions d'euros en espèces d'origine suspecte à la campagne présidentielle en 1995 d'Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy, secrétaire d'Etat au Budget (1993-1995), fut le porte-parole. Des pièces saisies par la police au Conseil constitutionnel montrent que ses rapporteurs ont demandé en vain en 1995 le rejet des comptes de campagne d'Edouard Balladur, en raison de versements en espèces non justifiés de plus de 13 millions de francs (deux millions d'euros) dans sa caisse, lit-on dans l'ordonnance du juge Van Ruymbeke, que Reuters a consultée.
Edouard Balladur a expliqué au Conseil constitutionnel que cet argent provenait de la "vente de gadgets et de T-shirts", peut-on lire. Cette explication a été jugée peu crédible par les rapporteurs, qui relevaient l'absence de justificatifs et les 22 dépôts en espèces en mars et avril 1995, dont un de plus de 10 millions de francs le 26 avril 1995. Ces éléments n'ont jamais figuré dans la validation des comptes Balladur, finalement publiée au Journal officiel.
"Nous accusons Sarkozy et Balladur d'être au coeur d'un système de corruption"
Il s'agit d'un "scandale et d'un mensonge d'Etat", a dit lors d'une conférence de presse Me Olivier Morice, avocat des familles de victimes de Karachi. "Nous accusons le président Sarkozy et Edouard Balladur d'être au coeur d'un système de corruption. Nous souhaitons que le juge Van Ruymbeke puisse enquêter, la justice doit être la même pour les pauvres et ceux qui sont au pouvoir", a-t-il dit.
Une mission d'information parlementaire a confirmé en mai que sur les 84 millions d'euros de commissions, 33 ont été demandés au dernier moment par un intermédiaire libanais, Ziad Takieddine, envoyé par le ministre de la Défense de l'époque, François Léotard. La trace de l'argent se perd dans les circuits off-shore à l'Ile de Man, au Liechtenstein, en Suisse et dans les Caraïbes, écrit le juge Van Ruymbeke dans son ordonnance. Le magistrat conclut que l'enquête préliminaire "tend à confirmer l'existence d'une corruption au Pakistan", avec comme possible bénéficiaire, selon lui, Ali Zardari, actuel président du Pakistan.
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