Les squatteurs de la place des Vosges ont été expulsés

Par TF1 News, le 23 octobre 2010 à 09h02 , mis à jour le 23 octobre 2010 à 12h34

Quelques heures après la décision de la cour d'appel de Paris ordonnant une expulsion immédiate des membres de Jeudi Noir occupant depuis un an un immeuble de la place des Vosges, les forces de l'ordre sont intervenues samedi matin.

Les squatteurs de la place des Vosges expulsés (23/10/2010)Les squatteurs de la place des Vosges expulsés (23/10/2010) © TF1/LCI

 
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Tôt samedi matin, la police a lancé l'expulsion des squatteurs de la place des Vosges, à Paris, dont la cour d'appel avait ordonné la veille l'expulsion sans délai. L'arrivée des policiers a été annoncée aux médias par une porte-parole du collectif Jeudi Noir. La police est arrivée vers 7 heures et a "défoncé la porte d'entrée", a assuré Margaux Leduc. Un représentant de la préfecture de police de Paris a toutefois démenti cette entrée en force, assurant qu'il "n'y a pas eu besoin de défoncer la porte, quelqu'un venait de sortir". Un peu plus d'une heure plus tard, tout était pratiquement terminé : les policiers "ne se sont pas mal tenus", a ironisé Margaux Leduc, déplorant néanmoins que l'accès du bâtiment ait été interdit à l'avocat du collectif, Me Pascal Winter.

Que va-t-il advenir désormais des squatteurs ? Une fois l'expulsion terminée, "il n'y pas de recours efficace" d'un point de vue judiciaire, a reconnu Me Winter. "On expulse et on n'a évidemment rien proposé en terme de relogement", a-t-il déploré, faisant "le pari que dans six mois l'immeuble sera toujours vide". Le représentant de la préfecture de police a toutefois affirmé que "ce bien ne restera plus vide comme par le passé", car "les propriétaires ont désormais un projet immobilier". Les ex-squatteurs ne comptent toutefois pas se laisser faire et des incidents ont éclaté dans la matinée : après avoir dû sortir de l'immeuble qu'ils occupaient, une cinquantaine de personnes, ex-squatteurs, syndicalistes et militants associatifs, ont manifesté à travers le quartier. Ils ont notamment coupé la circulation dans la rue Saint-Antoine (voisine, avant de revenir devant une entrée du bâtiment, rue de Birague. Là, ils ont tenté de forcer l'entrée de l'hôtel particulier, gardé par la police, en repoussant les agents. Bousculés, ces derniers ont fait usage de grenades lacrymogènes pour se dégager. Cinq fourgons de CRS en tenue d'intervention sont ensuite arrivés en renfort.

"Un vrai scandale"

En janvier déjà, les squatteurs avaient perdu une bataille judiciaire devant le tribunal d'instance du Ve arrondissement, qui avait ordonné leur expulsion et le paiement à la propriétaire d'environ 10.000 euros, pour l'occupation des mois de novembre 2009 à janvier 2010, plus 25.000 euros mensuels à partir du 25 janvier 2010. Mais une douzaine de ces occupants avaient alors fait appel de cette décision. Vendredi, la cour d'appel est allée dans le même sens, confirmant leur expulsion, ainsi que l'indemnité de 10.000 euros pour la fin 2009. En revanche, pour la période postérieure au 25 janvier 2010, la cour d'appel a divisé par trois le montant des indemnités mensuelles qu'ils doivent verser à la propriétaire. Du fait de la durée du squat, le montant de ces "indemnités d'occupation" devrait toutefois rester élevé : à ce jour, il atteint ainsi 72.000 euros. 

Béatrice Cottin, 88 ans, la propriétaire de ce magnifique hôtel particulier construit à la demande d'Henri IV, avait refusé en septembre une médiation suggérée par la cour d'appel de Paris. Cet hôtel particulier de 1500 mètres carrés, doté de plafonds à la française avec poutres peintes, aux gigantesques cheminées en pierre, acheté par Béatrice Cottin en 1963, était inoccupé depuis 1966. Mais Béatrice Cottin, 87 ans, qui vit aujourd'hui en maison de retraite, affirmait qu'elle considérait l'immeuble, où naquit la marquise de Sévigné, comme sa "résidence principale", même si elle n'y avait presque jamais habité en raison de travaux, selon ses avocats.

Un vrai "scandale alors que la capitale manque cruellement de logements", selon le collectif Jeudi Noir. La Fondation Abbé Pierre recense ainsi en France 100.000 personnes vivant dans la rue, 493.000 "privées de domicile personnel" et vivant en foyers, habitats de fortunes, chez des tiers ou à l'hôtel, ainsi que plus de deux millions de personnes habitant dans des logements précaires, insalubres ou surpeuplés. A Paris, selon le recensement de 1999, il y avait 136.000 logements vides, un chiffre qui aurait peu évolué. En 2006, les statistiques fiscales montrent que 18.600 étaient vides depuis plus de deux ans. 

Par TF1 News le 23 octobre 2010 à 09:02
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7 Commentaires

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  • mcg35, le 24/10/2010 à 16h08

    @yaka79 - Ah bon ... La "PROPRIETE PRIVEE", çà vous dit quelque chose?

  • jeffrueil, le 24/10/2010 à 08h24

    Et plusieurs miliers de logements HLM vides dans Paris !

  • millord4, le 23/10/2010 à 20h20

    Ce n'est pas parce que l'on ouvre jamais son coffre fort qu'il appartient à tout le monde !

  • yaka79, le 23/10/2010 à 17h52

    J'aime bien le commentaire de maan591, qu'est ce que ça peut vous faire ? la propriété était laissée à l'abandon, alors autant en profiter mais c'est pas grave il vaut mieux un bâtiment vide et des jeunes à la rue n'est ce pas ?, merci de me publier car on va croire que vous prenez partie pour une certaine catégorie de personnes

  • a.1.2.c.4, le 23/10/2010 à 17h35

    Rien à dire ... si ce n'est ... qu'une expulsion évidente ...! :o)))

  • 421123, le 23/10/2010 à 13h53

    La propriété privée doit être respectée.

  • maan591, le 23/10/2010 à 12h16

    Il est temps ! et qui va payer pour la remise en etat du batiment ?

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