La garde à vue est "non conforme" pour la cour de cassation

Par , le 19 octobre 2010 à 16h06 , mis à jour le 19 octobre 2010 à 18h38

La cour de cassation a estimé mardi que le régime de garde à vue français était contraire au droit européen, y compris les régimes dérogatoires appliqués en matière de terrorisme ou trafic de stupéfiants. Elle donne jusqu'au 1er juillet au gouvernement pour adapter sa réforme.

L'avocat présent durant la garde à vue : une réforme déjà contestée © TF1/LCI

Comme le Conseil constitutionnel le 30 juillet dernier, et comme la Cour européenne des droits de l'homme dans plusieurs arrêts récents, la Cour de cassation a estimé, dans un arrêt rendu mardi, que le régime de droit commun de la garde à vue était non conforme au droit européen. Les magistrats de la plus haute cour de justice sont même allés plus loin en estimant que les régimes dérogatoires avec accès limité à un avocat pour les affaires de terrorisme, de trafic de drogue et de crime organisé étaient eux aussi non conformes. "La restriction du droit pour une personne gardée à vue d'être assistée dès le début de la mesure par un avocat (...) doit répondre à l'exigence d'une raison impérieuse, laquelle ne peut découler de la seule nature de l'infraction", explique la Cour dans un communiqué.

Plus d'infos

Cet arrêt devrait donc contraindre le gouvernement à revoir le projet de réforme présenté la semaine dernière, qui prévoit le maintien de ces régimes dérogatoires. La Cour de cassation a par ailleurs confirmé que la France devait permettre l'accès des avocats à leurs clients pendant la garde à vue et obliger les policiers à notifier aux suspects leur droit au silence. Fait rarissime, les hauts magistrats ont fixé un délai pour l'entrée en vigueur de ces nouvelles stipulations. La date fixée est la même que celle imposée par les Sages de la rue Montpensier, à savoir le 1er juillet 2011. L'objectif est d'éviter de mettre en péril d'ici là la régularité des procédures et de donner le temps au gouvernement de mettre son projet à jour.

Un projet déjà critiqué sur d'autres points. Ainsi, le régime d'audition dite "libre", sans avocat, qu'il créé pour remplacer les interrogatoires coercitifs est vu par les avocats comme une possibilité de garder les règles anciennes de manière hypocrite. Synergie (second syndicat d'officiers de police) s'est déclaré mardi "stupéfait" de la décision de la Cour de cassation qui signe, selon lui, "la mort de l'investigation", appelant les officiers à un mouvement de réaction. Autant dire que le débat sur les gardes à vue est loin d'être clos.

Par Alexandra Guillet le 19 octobre 2010 à 16:06
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1 Commentaires

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  • isabelle89101, le 19/10/2010 à 21h14

    Et une reforme de plus!!!

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