© AFPLampiste et bouc émissaire sont les deux termes utilisés par la presse française mercredi au lendemain de la condamnation de l'ancien trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel, à cinq ans de prison dont trois ferme et à des dommages-intérêts colossaux de 4,9 milliards d'euros.
Kerviel lâché par son avocat à 2 mois de son procès en appel
L'avocat Olivier Metzner a renoncé à représenter l'ancien trader de la Société Générale, lourdement condamné en première instance, pour cause de désaccord sur la "stratégie" à adopter.
Publié le 15/03/2012
Affaire Kerviel: la SoGé déjà (en partie) remboursée
La banque a déjà récupéré 1,7 milliard d'euros grâce à un dispositif fiscal lui permettant de déduire de ses impôts 33% d'une perte exceptionnelle dont elle n'est pas responsable.
Publié le 09/10/2010
L'avocat de Kerviel exclut de négocier avec la SocGen
Alors que la banque a laissé entendre qu'elle tiendrait compte de la situation de l'ex-trader, condamné à rembourser 4,9 milliards d'euros, son défenseur oppose une fin de non-recevoir.
Publié le 07/10/2010
Kerviel n'aura pas à payer 4,9 milliards à la Société générale
La Société Générale exclut de réclamer l'intégralité des 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts infligés par la justice à son ancien trader Jérôme Kerviel. De son côté, l'avocat de Kerviel refuse toute négociation avec la banque.
Publié le 06/10/2010
Chatel : la Société générale pourrait "peut-être" faire un geste
Alors qu'on lui demandait si la Société générale devrait "faire un geste et ne pas exiger les 4,9 mds d'euros", Luc Chatel a répondu : "C'est une décision qui appartient à la Société générale". "Il faut que le nouveau directeur de la communication, peut-être, le suggère à son président", a-t-il ajouté
Publié le 06/10/2010
Pour rembourser, Kerviel devra travailler 170.000 ans...
Les dommages et intérêts auxquels Jérôme Kerviel a été condamné mardi correspondent aussi à 390.000 années de Smic, à 40 fois le record de l'Euro Million ou encore à moins d'un tiers de la fortune de Liliane Bettencourt.
Publié le 05/10/2010
Kerviel condamné à 3 ans ferme et à rembourser 4,9 milliards
Dans son jugement, rendu mardi matin, le tribunal correctionnel de Paris a estimé que l'ex-trader de la Société Générale s'était notamment rendu coupable d'"abus de confiance", de "faux" et d'usage de faux" à l'encontre de son employeur.
Publié le 05/10/2010
Jérôme Kerviel : la chute d'un trader
Jérôme Kerviel a-t-il payé seul pour tout un système comme l'affirme son avocat ? Retour sur la chute de ce trader devenu le symbole des dérives de la finance.
Publié le 05/10/2010
Osant une comparaison avec la Bible, Laurent Joffrin dans Libération écrit que "dans son acception biblique, le bouc émissaire est innocent. Il porte sur lui tous les péchés d'Israël mais il ne les commet pas". Quant à Kerviel, "il porte sur lui tous les péchés de la banque; mais il est coupable". Ainsi pour l'éditorialiste, "le lampiste de la crise financière supporte seul ou presque l'opprobre encouru par les démiurges de l'économie-casino".
"A prononcer une condamnation fantaisiste, les juges prennent le risque de décrédibiliser leur institution qui n'en à guère besoin", affirme François Lenglet dans La Tribune. "A cogner comme des sourds sur un lampiste, fût-il coupable, ils s'exposent au reproche de rendre une justice biaisée, protégeant les puissants et s'acharnant sur les faibles", ajoute-t-il.
Une Société générale qui s'en sort bien
Selon Nicolas Barré des Echos, "en condamnant Kerviel (...) les juges l'intronisent spectaculairement dans son rôle préféré, celui de victime". Pour Jacques Camus de La République du Centre, "si Jérôme Kerviel n'est pas l'innocente victime qu'il prétend être, il n'est pas non plus le coupable trop parfait à qui le tribunal a infligé le 'malus du siècle'".
Pour beaucoup de commentateurs, la Société général s'en sort "à très bon compte", comme le souligne Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne, "car elle a su convaincre les juges qu'un seul petit trader pouvait court-circuiter des centaines de spécialistes internes et sa direction". Dans L'Alsace, Patrick Fluckiger, aurait "aimé que les magistrats mettent leur nez dans les coulisses de la spéculation". "Il était visiblement plus important pour eux de faire un exemple que de prévenir de nouvelles dérives", commente-t-il.
"Voir, aujourd'hui, la Société Générale revêtir le costume de victime est pour le moins consternant. Révoltant", reconnaît François Martin du Midi Libre. Selon lui, "c'est bien elle et tout le système bancaire qui ont plongé notre monde dans une crise majeure". Bernard Le Solleu, de Ouest-France, préfère placer l'affaire Kerviel sur le plan politique puisque d'après lui, celle-ci "a mis en émoi l'Élysée. Elle n'était pas seulement financière". "Elle était politique", conclut-il.
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