Savoie : une mère infanticide aux assises

Par TF1 News (d'après agence), le 17 octobre 2010 à 15h30 , mis à jour le 17 octobre 2010 à 15h36

Virginie Labrosse, accusée d'avoir tué ou laissé mourir ses trois nouveaux-nés puis d'avoir congelé leur corps, comparaît devant les assises de Savoie à partir de lundi.

TF1/LCI - La maison à Albertville où ont été retrouvés les corps de trois bébés le 22 août 2007La maison à Albertville où ont été retrouvés les corps de trois bébés le 22 août 2007 © TF1/LCI

L'affaire avait fait grand bruit, moins d'un an après l'affaire Courjault, dite des bébés congelés. Le 22 août 2007, l'ancien compagnon de Virginie Labrosse, Philippe Viguet-Poupelloz, avait découvert les corps de deux nourrissons emballés dans des sacs en plastique et enfermés dans une malle de leur pavillon à Albertville (Savoie), où le couple avait emménagé un an plus tôt. Virgine Labrosse avait rapidement avoué aux enquêteurs être à l'origine de la mort des nourrissons et avait également indiqué être responsable du décès d'un troisième nouveau-né dont elle conservait le corps dans un carton.

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La mort des enfants était intervenue en 2001, 2003 et 2006 et leur mère avait dans un premier temps entreposé les corps dans un congélateur dont elle avait dû ensuite les sortir pour les transporter dans leur nouveau logement.   Placé en garde à vue, son ancien compagnon, père des deux premiers enfants, a été mis hors de cause. Le père du troisième, un amant, n'a pas été inquiété. Devant les enquêteurs, Virginie Labrosse avait expliqué qu'elle "ne voulait pas abandonner ses enfants qu'elle considérait comme une partie d'elle" et s'était dit "soulagée" de livrer "un secret qu'elle ne pouvait plus porter".
  
Enfance difficile
 
Mise en examen pour triple homicide, elle sera finalement jugée pour "privation de soins suivi de mort" sur son premier enfant, "tentative de meurtre" sur le second et "meurtre" pour le troisième. Ces qualifications juridiques sont l'aboutissement d'un débat fondé sur des expertises destinées notamment à déterminer si les enfants étaient mort-nés. Plus étonnant, la justice a cependant retenu la qualification de "tentative de meurtre" sur le second enfant alors qu'il était mort-né en estimant que "le commencement d'exécution" était "punissable".
  
Le procès, qui durera jusqu'au 22 octobre devant la cour d'assises de Savoie, devrait également être l'occasion de revenir sur le problème du déni de grossesse décelé par un psychiatre chez l'accusée. "Véronique Courjault et Virginie Labrosse n'ont rien à voir mais elles ont subi la même souffrance liée au déni de grossesse", a estimé l'avocat de Virginie Labrosse, Me Michel Jugnet. A l'époque des faits, sa cliente, marquée par une enfance difficile, des abus sexuels et des parents alcooliques, traversait en outre une profonde dépression.
  
Depuis, Virgine Labrosse, qui comparaîtra libre après quelques mois de détention provisoire, a donné naissance le 24 avril 2008 à un petit garçon et aspire à une "vie banale". Outre son ancien compagnon, l'association "Enfance et partage" ainsi que l'association "L'enfant bleu - enfance maltraitée" sont parties civiles au procès.

Par TF1 News (d'après agence) le 17 octobre 2010 à 15:30
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