Passation de pouvoir entre MAM et Mercier © DRDes prisons en colère. Des syndicats de magistrats qui dénoncent la "pauvreté" de la justice dans un livre blanc. Une réforme de la garde à vue à boucler avant l'été. En se faisant remettre mardi midi les clés de la Chancellerie, place Vendôme, Michel Mercier sait que les chantiers qui l'attendent à ce poste sont aussi nombreux que compliqués.
Les magistrats veulent "un bon gestionnaire" place Vendôme
<b>Interview -</b> Lors de leur congrès annuel à Rennes, ce vendredi, les magistrats de l'USM entendent bien interpeller le nouveau garde des Sceaux, Michel Mercier sur leurs conditions indignes de travail et les réformes en cours ou à venir.
Publié le 19/11/2010
Lors de la passation, il a promis d'être à l'écoute des magistrats et des autres acteurs de la profession. "J'attends des magistrats une aide forte" dans le travail de "modernisation" de la justice, a déclaré Michel Mercier. "Je veux être celui qui, comme je crois l'a fait Michèle Alliot-Marie, accueille tout le monde, écoute tout le monde", a-t-il ajouté, promettant que "(sa) porte sera toujours ouverte" pour "écouter toutes les sensibilités". "Les réformes suscitent des interrogations, c'est tout à fait normal", a-t-il dit. La modernisation est "un chantier qui sera sûrement long, forcément difficile, mais qui est tout à fait nécessaire". "C'est vrai que les magistrats ont besoin de considération et j'entends les considérer", a-t-il insisté.
Accueilli sur le perron de la Chancellerie par Mme Alliot-Marie, qui par au quai d'Orsay, et l'ex-secrétaire d'Etat à la Justice Jean-Marie Bockel, qui quitte le gouvernement, Michel Mercier s'est entretenu durant environ une demi-heure avec ses prédécesseurs avant de prendre la parole. Avant lui, dans un discours d'une quinzaine de minutes, Mme Alliot-Marie a notamment vanté l'"amélioration des moyens" alloués à la Justice dans le budget 2011, après "plus d'un siècle où on n'a pas apporté à ce ministère des moyens qui soient en phase avec les missions qu'on lui confie". Elle a quitté la Chancellerie sous les applaudissements du personnel réuni dans la cour.
| L'USM publie un livre blanc |
Locaux dégradés, personnel débordé, économies de bouts de chandelles et budgets épuisés dès juillet : la "pauvreté" de la justice "n'est pas un leurre", constate l'Union syndicale des magistrats (USM) dans son "livre blanc 2010" sur l'état de la justice en France, paru mardi. Neuf mois de visites dans plus de 165 juridictions "nous ont permis de confirmer l'existence dans la magistrature d'une profonde crise" juridique, morale et financière, écrit en introduction le président du premier syndicat de magistrats, Christophe Régnard. Crise juridique, avec l'avalanche ces dernières années de réformes (carte judiciaire, tutelles, pôles d'instruction...) "souvent sans cohérence les unes avec les autres"; crise morale, "liée à l'absence de reconnaissance de notre travail"; crise financière, "conséquence d'un budget notoirement insuffisant", dit-il. Depuis des années, "les budgets sont annoncés en hausse (...) et pourtant, jamais les juridictions n'ont été à ce point en état de quasi-faillite", constate encore le "livre blanc" de l'USM, dont les précédentes éditions remontent à 1989, 1998, 2002 et 2003. |
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