Image d'archives © TF1-LCILe tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi à une peine d'un mois de prison avec sursis une enseignante à la retraite jugée pour avoir agressé dans une boutique une jeune femme, originaire des Emirats arabes unis et voilée d'un niqab. La prévenue, absente lors du prononcé du jugement comme elle l'avait été à l'audience du 14 octobre, écope aussi de 200 euros d'amende avec sursis pour s'en être prise, plus légèrement, à une amie de la victime qui se trouvait avec elle au moment des faits.
Port du niqab au volant: une femme verbalisée à Saint-Brieuc
Une femme portant le niqab au volant a été verbalisée mardi dans un quartier de Saint-Brieuc et condamnée à une amende de 35 euros, a-t-on appris mercredi de source policière.
Publié le 28/12/2011
Les faits s'étaient déroulés en février : l'ex-enseignante, qui a longtemps travaillé dans des pays arabes, notamment au Maroc et en Arabie saoudite, avait tenté de retirer son voile à une jeune femme de 26 ans, originaire des Emirats arabes unis, qui faisait des courses dans un magasin du XVe arrondissement de Paris, le visage dissimulé par un niqab ne laissant apparaître que ses yeux. Après l'avoir interpellée en anglais et tiré sur son voile une première fois, la prévenue avait perdu toute maîtrise vis-à-vis de la jeune femme qu'elle avait, selon l'accusation, giflée, griffée et mordue à la main. Deux jours d'incapacité totale de travail (ITT) avaient été prononcés.
"Je savais que j'allais craquer un jour"
Elle avait expliqué son geste aux policiers par ces mots : "Je savais que j'allais craquer un jour. Cette histoire de burqa commençait à m'agacer". Tout en regrettant son geste, elle avait également déclaré qu'elle se "battait pour le droit des femmes".
Le tribunal considère dans son jugement que "le comportement violent" de la prévenue "révèle une intolérance à autrui contraire à toute possibilité d'explication, de cohabitation ou de dialogue entre des personnes aux modes de vie différents ou aux convictions opposées". "Il n'appartient pas aux juridictions de la République de dire ou décider si le port de vêtements qui masquent complètement ou quasi-intégralement le visage de la femme est ou non dicté par telle ou telle religion, prise dans son ensemble. Il suffit de constater que le port du voile intégral est revendiqué par ceux qui s'y plient ou qui l'imposent comme une pratique de nature religieuse", écrivent encore les juges pour expliquer que la circonstance aggravante liant l'agression à l'appartenance religieuse doit être retenue.
Cette affaire avait été jugée une semaine après la validation par le Conseil Constitutionnel de la loi interdisant le port du voile intégral (burqa, niqab) dans l'espace public en France.
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