Concorde : Continental Airlines pénalement responsable du crash

Par A.GUILLET, le 06 décembre 2010 à 11h20 , mis à jour le 06 décembre 2010 à 17h44

Dossier : Concorde : du crash au procès

La justice a reconnu lundi la compagnie américaine pénalement responsable dans le crash du supersonique d'Air France, qui a fait 113 morts en 2000. EADS, reconnue civilement responsable, devra s'acquitter de 30% des dommages dus aux victimes.

Six mois après la fin du procès du crash du Concorde d'Air France, le tribunal correctionnel de Pontoise a rendu, lundi matin, son  jugement concernant cette catastrophe qui avait fait 113 morts, le 25 juillet  2000 à Gonesse (Val d'Oise), et mis fin à l'aventure du supersonique. 
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Continental Airlines responsable au pénal. Le tribunal a déclaré la compagnie américaine "coupable d'homicides et de blessures involontaires". Il retient des problèmes de maintenance des appareils de Continental et d'organisation qui ont entraîné des erreurs techniques de son mécanicien John Taylor. Il s'agit du mécanicien qui a monté sur un avion de sa compagnie une lamelle qui, tombée de cet avion, a ensuite provoqué selon le tribunal l'éclatement d'un pneu et la chute du Concorde qui a décollé juste après lui sur la piste. En conséquence, le tribunal condamne Continental à 200 000 euros d'amende et son mécanicien à 15 mois de prison avec sursis. Son chef d'équipe, Stanley Ford, 71 ans, a en revanche été relaxé.

L'argumentaire de l'avocat de Continental, maître Olivier Metzner, n'a donc convaincu ni les parties civiles, ni les magistrats. Il n'avait cessé d'affirmer, sur la base de témoignages écartés durant l'enquête, que le Concorde avait pris feu 700 mètres avant d'avoir roulé sur la lamelle incriminée. Me Metzner s'en était également vivement pris à Air France, partie civile au  procès, mais coupable selon lui de négligences de maintenance et qui n'aurait  jamais dû "laisser l'avion décoller". 

Un million d'euros de dommages et intérêts. Air France avait demandé 15 millions d'euros de dommages-intérêts. Le tribunal a décidé de condamner la compagnie américaine à lui verser 1 million d'euros, soit 500.000 euros pour "préjudice moral" et 500.000 pour "atteinte à l'image". A cette somme s'ajoute 600.000 euros à verser aux caisses primaires d'assurance maladie des Alpes-Maritimes, de Seine-et-Marne, du Val d'Oise, de Charente Maritime, des Hauts-de-Seine et à la société des Etudiants de la Région Parisienne (S.M.E.R.E.P). Continental devra également payer 195.152 euros à 12 parties civiles, dont la fédération nationale des victimes d'accidents collectifs (FENVAC).


Relaxe au pénal pour les cadres de l'aéronautique française. Le tribunal de Pontoise a conclu qu'aucune faute pénale ne pouvait être retenue contre les trois responsables de l'aéronautique française poursuivis. "Aucune faute caractérisée ne peut être reprochée à Henri Perrier, Jacques Herubel, Claude Frantzen", a dit le tribunal. Henri Perrier, 81 ans, était l'ex-directeur du programme Concorde chez Aérospatiale. Le parquet avait requis deux ans avec sursis à son encontre. Jacques Hérubel, 75 ans, était son collaborateur et Claude Frantzen, 73 ans, est un ancien cadre de la direction générale de l'aviation civile (DGAC). 

EADS responsable au civil. Seules des "négligences" ont été retenues, au civil, par le tribunal contre MM. Perrier et Herubel. Des négligences suffisantes pour justifier des dommages et interêts. La société EADS-France, qui a succédé à celle qui construisait le Concorde, devra dès lors participer à hauteur de 30% aux dommages et intérêts dus aux victimes. "N'ayant pas, à compter des incidents de 1993, approfondi les conséquences que pouvait avoir une fuite de carburant résultant d'une perforation (...) d'un réservoir consécutive à l'éclatement de pneu, Henri Perrier et Jacques Hérubel ont fait perdre aux parties civiles une chance d'éviter les préjudices qu'elles ont subis. La responsabilité civile de la société EADS-France (...) est donc engagée", précise le jugement.

Appel. A peine l'énoncé du jugement terminé, la compagnie Continental Airlines a annoncé qu'elle allait faire appel de ce jugement, dénonçant une décision "absurde"(...) "qui protège uniquement les intérêts français". Il y aura donc, d'ici quelques mois, un second procès Concorde.

Par A.GUILLET le 06 décembre 2010 à 11:20
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8 Commentaires

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  • gerardl78, le 06/12/2010 à 23h14

    Le jugement est prononcé par un tribunal français (normal sur un crash survenu en France) avec un avion français appartenant à une compagnie française, quoi de plus normal que d'accuser son voisin.C'est notre état d'esprit , la faute c'est toujours l'autre !

  • j.bon, le 06/12/2010 à 22h24

    Si l'avion n'y est pour rien on se demande pourquoi on l'a arrêté ?

  • guppy62, le 06/12/2010 à 20h38

    Ce n'est pas cher payé !!! , tant pour les uns que pour les autres !

  • vladkr, le 06/12/2010 à 18h22

    Ben voyons. Un pauvre technicien serait le seul responsable de la catastrophe ? Même s'il avait mal monté une pièce, un aéroport sérieux devrait avoir un système de contrôle des pistes à la hauteur.

  • ten75, le 06/12/2010 à 18h02

    Un tas de témoignages n'ont servit à rien , les employés de piste , les pompiers , qu'elle mesure à été prise apres les incidents précédents , ou l'on ne pouvait accuser CONTINENTAL ( washington ) , pourquoi les Anglais avaient ils renforcé la protection des réservoirs par du KEVLAR , est ce que les déflecteurs devant les pneus étaient ils tous place , pourquoi une défaillance chronique des pneus

  • nissaforever, le 06/12/2010 à 13h31

    Ca va grincer des dents du coté américain.

  • dom145, le 06/12/2010 à 13h29

    Je suis étonné du jugement parce qu'avoir vu ce sujet traité dans l'émission "spéciale investigation" plusieurs témoins affirment que le concorde était en feu, à plusieurs centaines de mètres du point où se trouvait "la lamelle" ! Etonnante, la recherche de la "vraie vérité" !!!

  • xolytem, le 06/12/2010 à 13h22

    Ce procès est une mascarade et le jugement prévisible! Quid de la fameuse "marche" sur la piste rebouchée à la va vite et qui coïncide étrangement avec l'apparition des premières flammes constatées par plusieurs témoins (les fameux 700m avant la lamelle). Tous ces témoignages de personnes et de point de vues totalement différents auraient dû être retenus, et ADP aurait dû s'expliquer sur la fameuse "marche" connue de nombreux pilotes, et des travaux qui ont été réalisés en urgence après l'accident....

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