Prison ferme pour sept policiers, leurs collègues en colère

Par TF1 News, le 10 décembre 2010 à 14h37 , mis à jour le 11 décembre 2010 à 12h22

Jugés pour avoir porté de fausses accusations contre un automobiliste, et rédigé un PV mensonger, les policiers ont écopés de peines allant de six mois à un an ferme. En colère, des collègues ont manifesté devant le tribunal.

Manifestation de policiers à BobignyManifestation de policiers à Bobigny © TF1/LCI

  • Condamnés pour avoir menti, des policiers rejugés

    Sept policiers qui avaient été condamnés à des peines de six mois à un an de prison ferme fin 2010 à Bobigny pour avoir menti et accusé à tort un homme seront rejugés mercredi et jeudi par la cour d'appel de Paris.

    Publié le 02/11/2011 Condamnés pour avoir menti, des policiers rejugés
  • Interpellation violente: 4 mois avec sursis pour deux policiers

    Deux policiers de Seine-Saint-Denis ont été condamnés jeudi à quatre mois de prison avec sursis, reconnus coupables par le tribunal correctionnel de Bobigny de violences lors d'une interpellation qui avait été filmée à Montfermeil en 2008.

    Publié le 27/01/2011 Interpellation violente: 4 mois avec sursis pour deux policiers
  • Policiers condamnés : Fillon ne trouve aucune circonstance atténuante

    Après le tollé autour des propos de Brice Hortefeux jugeant "disproportionnée" la condamnation à Bobigny de 7 policiers à de la prison ferme, le Premier ministre l'a recadré lundi, jugeant les faits pour lesquels ils ont été condamnés "injustifiables".

    Publié le 13/12/2010 Policiers condamnés : Fillon ne trouve aucune circonstance atténuante
  • Policiers condamnés : Hortefeux persiste et signe

    Malgré le tollé à gauche comme à droite et le rappel à l'ordre du ministre de la Justice, le ministre de l'Intérieur "confirme, revendique et assume" ses propos de vendredi quand il a qualifié de "disproportionnée" la condamnation à Bobigny de 7 policiers à de la prison ferme.

    Publié le 12/12/2010 Policiers condamnés : Hortefeux persiste et signe
  • Policiers condamnés: Mercier renvoie Hortefeux à ses fonctions

    Le ministre de la Justice soutient les magistrats de Bobigny accusés de faire preuve de laxisme vis-à-vis des délinquants par des syndicats de policiers. Et rappelle que Brice Hortefeux "n'est pas ministre de la Justice mais qu'il est chargé des policiers".

    Publié le 12/12/2010 Policiers condamnés: Mercier renvoie Hortefeux à ses fonctions
  • Policiers condamnés : le soutien d'Hortefeux déclenche la polémique

    Le soutien apporté vendredi par le ministre de l'Intérieur, et réitéré samedi, à 7 policiers condamnés à de la prison ferme à Bobigny a déclenché une polémique politique, sur fond de nouvelles tensions entre policiers et magistrats.

    Publié le 11/12/2010 Policiers condamnés : le soutien d'Hortefeux déclenche la polémique
Plus d'infos

 

Sept policiers jugés à Bobigny pour de faux témoignages et de fausses accusations portées contre un automobiliste ont été condamnés vendredi à des peines de prison ferme allant de six mois à un an. Une peine inscrite au casier judiciaire pour cinq d'entre eux, ce qui entraîne automatiquement une radiation de la police.

Les faits remontaient au 9 septembre. Ce jour-là, à Aulnay-sous-Bois, un policier était blessé à la jambe, percuté par une voiture après une course-poursuite. Lui et ses collègues avaient alors menti et accusé dans leur procès-verbal le conducteur de la voiture qu'ils poursuivaient. Mais ce dernier, placé en garde à vue pour tentative d'homicide sur fonctionnaire de police, avait nié. Et, au fil des heures, les témoignages des policiers s'étaient effondrés : c'était en fait des collègues d'une deuxième voiture qui étaient à l'origine de l'accident.

Des policiers comparés à la Gestapo

Les peines prononcées ce vendredi à Bobigny vont bien au-delà des réquisitions du substitut du procureur, qui avait réclamé, le 4 novembre dernier, des peines assorties de sursis, trois mois contre trois policiers et six mois contre les quatre autres. Il avait demandé que cinq d'entre eux quittent la police. Le représentant du parquet était allé jusqu'à comparer les policiers dans cette affaire à la Gestapo, provoquant des huées au tribunal et un tollé dès le lendemain, notamment chez les syndicats de police.

A la barre, trois policiers ont reconnu avoir menti et affirmé qu'ils s'étaient concertés pour établir un faux procès-verbal. Un policier a accusé un collègue à la barre de lui avoir demandé de rédiger un faux. Mais les autres, eux, n'ont rien reconnu.

Les syndicats "écoeurés"

Fait rarissime, comme vous l'annonçait TF1 News, plusieurs dizaines de policiers se sont spontanément rassemblés devant le palais de justice de Bobigny pour manifester leur incompréhension face à la sévérité du jugement. Une vingtaine de véhicule ont fait retentir leurs gyrophares tout autour de l'enceinte du tribunal. Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance, s'est déclaré "en colère, atterré et écoeuré" par ce jugement, affirmant relayer la "colère de la base". "Les policiers ont reconnu la faute commise et nous ne comprenons pas" cette décision, assure-t-il, alors que "des multirécidivistes, dans ce tribunal et ailleurs, ne sont pas, eux, condamnés comme il se doit ou remis en liberté".

Nicolas Comte, secrétaire général d'Unité-police SGP-FO (premier syndicat), s'est déclaré "stupéfait", le "tribunal étant allé au delà des réquisitions du procureur de la République". "Ces condamnations sont totalement disproportionnées" a-t-il ajouté. Pour Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie officiers, "c'est scandaleux", surtout "venant d'une juridiction exonérant souvent de toutes peines de prison des trafiquants de drogue, braqueurs ou des multirécidivistes". "C'est un acte politique", a-t-il assuré.

"Le métier de la police n'est pas de faire des faux"

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux a également réagi : "Sans naturellement méconnaître la nature des faits qui ont été reprochés aux policiers, ce jugement, dans la mesure où il condamne chacun des sept fonctionnaires à une peine de prison ferme, peut légitimement apparaître, aux yeux des forces de sécurité, comme disproportionné", a jugé le ministre.  "Notre société ne doit pas se tromper de cible : ce sont les délinquants et les criminels qu'il faut mettre hors d'état de nuire", ajoute Brice Hortefeux qui prend "acte de la décision du Parquet de faire appel de ce jugement". "Je me suis, par ailleurs, entretenu, cet après-midi, avec mon collègue, Michel Mercier ministre de la Justice, des réactions que suscite cette affaire", a encore indiqué le ministre.

Du côté de la magistrature, on défend le jugement rendu. L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a ainsi réagi en qualifiant "d'ahurissantes" les réactions du ministre, du préfet et des syndicats de policiers. "Le métier de la police n'est pas de faire des faux et de frapper des suspects. Ces faux auraient pu conduire une personne en cour d'assises où il encourait la réclusion à perpétuité", a dit son président Chtistophe Régnard. "Une fois de plus, on n'a pas entendu le ministre de la Justice", déplore également Clarisse Taron, présidente du Syndicat de la magistrature (SM, gauche). "Ce qui me désole, c'est qu'on renforce une guerre police-justice qui n'a pas lieu d'être", a-t-elle déclaré. "Je travaille tous les jours avec des policiers, qui, je pense, ne cautionneraient pas le comportement de leurs collègues" condamnés, a-t-elle assuré. "C'est sûr qu'un policier qui faute est condamné plus lourdement. Mais comme les magistrats, ils doivent être irréprochables", a estimé Mme Taron.

Enfin, par la voix de l'ex-garde des Sceaux Marylise Lebranchu, le PS a condamné "avec fermeté" cette manifestation qui appelle "des sanctions immédiates contre ceux qui viennent de mettre en cause publiquement la justice alors qu'ils sont dépositaires de l'autorité publique". Benoît Hamon, porte-parole du PS, a considéré samedi que le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux était "dans un registre de premier syndicaliste de la police". "Les déclarations du ministre de l'Intérieur sont scandaleuses. Voilà un  ministre de l'intérieur qui critique une décision de justice", a lancé Benoît Hamon, en marge de la convention Egalité réelle, réunie à Paris. "Le ministère de l'intérieur, on lui demande aujourd'hui d'arrêter la politique du chiffre, d'arrêter une politique de réduction des effectifs de police et dans ce domaine-là, on ne l'entend pas!", a-t-il ajouté.

Par TF1 News le 10 décembre 2010 à 14:37
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

170 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • prchar, le 12/12/2010 à 12h43

    Même en prison, si cela était confirmé, ces (ex-)policiers devraient de toute façon être séparés du reste de la population carcérale, pour leur propre sécurité...Mais ce débat et toutes les réactions qui y sont associées sont vraiment symptomatiques de la société française actuelle: une véritable foire d'empoigne et une immense usine à gaz! Et pendant ce temps, le reste du monde avance...Continuons, continuons comme cela...il ne nous restera bientôt plus que nos larmes...

  • aaurus, le 12/12/2010 à 12h35

    Tellement d'accord avec vous k.blixen oui ils ont fait une lourde erreur, ils l'ont reconnu, ils sont puni mais si les juges faisaient preuve d'un quart de cette sévérité avec les vrais délinquants peut être que ça irait mieux ..Combien de multirécidivistes sont relâchés car ils ne faut pas les couper de la société qu'il puissent se réinsérer? Combien prennent des peines ridicules pour des agressions et encore quand ils sont condamnés, je n'aurai jamais cru vois une justice a deux vitesse mais qui favorise les criminels ...Pauvre justice française....

  • louischom, le 12/12/2010 à 10h00

    Autant le réquisitoire semblait juste car les policiers étaient rappelés à l'ordre, autant les peines prononcées sont "lourdes". Lorsque la justice faut un "rappel à la loi" pour un fumeur de haschich, ou un agresseur de secouriste ou tant de délits dits mineurs, elle devrait se rappeler que faire son travail de justice c'est vérifier la véracité des témoignages fournis et "corriger" les erreurs sans pour cela assassiner des gens qui font un travail difficile dans des conditions rendues encore plus difficiles par des jugements assez souvent très cléments!

  • liiaa, le 11/12/2010 à 19h42

    C'est une honte.......

  • mam01, le 11/12/2010 à 19h02

    Partout il y a des Hommes pas Normaux......

  • k.blixen, le 11/12/2010 à 15h42

    Est la justice est elle exemplaire a vos yeux oui pour moi non est vous étes vous exemplaire oui bientot il ny aura plus de policier il y aura les reglement de compte entre francais des milices ces sa que vous voulez moi non

  • k.blixen, le 11/12/2010 à 15h23

    Monsieur je suis d'accord avec vous ces si facile d'étre délétaire de baver sur la police ce nes pas aussi blanc est aussi noir que nos juges veulent faire croire a la télé est vous qui jugé aussi mauvais que nos juges avez vous tous les aboutissent de cette affaire OUI moi non alors je me méffie de nos juges qu"ils ne sont pas hélas aussi honnette que sa est qui fréquente trop a mon gout le politique est sur tout de gauche qui est la femme politique qui represente un parti de gauche? une ancinne juge

  • k.blixen, le 11/12/2010 à 15h13

    Et oui nos chers juges qui ne font pas de bavure non des erreures nos juges risque leur peau assis derriere un bureau avec un salaire mensuel de 17000 euro par moi un logement de fonction a nos haut fonctionnaire si priviligié qui ne risque rien

  • k.blixen, le 11/12/2010 à 14h41

    A oui tes au chaud bien planqué derriere un ordi mes tu serai le premier a tourner la tête si une personne été agresser a coté de toi oui ta raison la justice ne fait pas de bavure elles fait des erreures nos juges indemnise pas ces l'état en ne licencie pas ni mis en prison non en les mute avec un salaire de 17000 euro par mois ces vrais que nos juges est politiques de gauches prenne des risque assis derriere un bureau

  • k.blixen, le 11/12/2010 à 14h24

    Oui ces choquant devoirs nos politiques de gauches est nos juges bouffé du flic qui sont condanné nos politiques non nos juges non car ils ny a pas de bavure en justice ces des erreures ils sont licencié non muté qui la femmes politiques de gauches qui été juge?qui indemniste les victime de justice nos juges non l'etat ces vrais que assis derriere un bureau avec 17000 euros de salaire en va les pleindre ils risque leurs vies est nos politique a ton il jugé du sang contaminé non est d'autre affaires nos politiques de gauches je ne les voterais pas car ils sont pour les braqueurs les violeurs les dealeurs non lpoliciers de FRANCE gendarmes de FRANCE rester dans vos casernes est vos commissariat Ils n'y aura plus de bavure car de toutes façon nos juges est nos politiques de gauches soutiennes NOS TUEURS VIVE LA FRANCE ELLE EST BELLE MISE AUX MAINS D'INCOMPETANT

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience