Un homme de 37 ans, accusé d'avoir violé entre 2006 et 2009 dans la région de Strasbourg cinq femmes, dont trois de sa famille, après les avoir droguées avec du GHB, devrait être jugé à huis-clos de lundi à mercredi par la cour d'assises du Bas-Rhin. Sébastien Heckmann, ouvrier-zingueur au chômage, est renvoyé devant les assises pour "viols sur personnes particulièrement vulnérables en raison de leur état physique ou psychique", crimes pour lesquels il encourt vingt ans de réclusion criminelle. Après avoir fait absorber à ses victimes une boisson contenant du GHB ou "drogue du violeur", il abusait d'elles, tout en filmant ses ébats, a affirmé l'avocate des parties civiles Me Fabienne Hagemann-Schreckenberg.
Parmi les victimes se trouvent l'épouse, la belle-mère et une belle-soeur de l'accusé, ainsi que deux amies de la famille. Elles devraient demander que les audiences se déroulent à huis-clos. Le violeur présumé a été démasqué en 2009. Après qu'il eut avoué à sa femme avoir eu des relations sexuelles avec sa belle-soeur, les femmes de la famille s'étaient réunies et avaient réalisé qu'elles avaient toutes été victimes de malaises violents et de pertes de mémoire sur des périodes de deux à trois jours, ne conservant que des "flashes" des événements, a expliqué Me Hagemann.
Il avoue puis se rétracte
Sébastien Heckmann ayant été hospitalisé après une tentative de suicide, elles avaient apporté à la gendarmerie son disque dur, sur lequel les enquêteurs ont découvert les vidéos accusatoires. Face aux malaises, nausées et trous de mémoire de ses victimes, l'accusé leur disait qu'elles avaient été victimes de crises de tachycardie. L'une d'elles a été brièvement hospitalisée mais il n'avait été procédé à aucune analyse toxicologique.
Détenu à la maison d'arrêt de Strasbourg, Sébastien Heckmann a reconnu les faits dans une lettre en juin, selon l'avocate des parties civiles. Deux mois plus tard il s'est rétracté et a menacé de mort les victimes et le représentant du parquet. Dans une troisième missive, il affirme souffrir d'un dédoublement de la personnalité et rejette la faute sur son double. Drogue incolore et inodore, le GHB ingéré à petite dose entraîne désinhibition et stimulation du désir sexuel, accompagnées d'une amnésie partielle. En plus grande quantité ou mélangé à de l'alcool, il peut provoquer des troubles respiratoires et le coma.
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