Le procès de la junte chilienne s'achève devant un box vide

Par TF1 News, le 17 décembre 2010 à 07h14 , mis à jour le 17 décembre 2010 à 07h15

Hautement symbolique et longtemps attendu par les familles des victimes, le procès de 14 anciens membres de la dictature chilienne, jugés pour les disparitions de quatre Français durant la dictature de Pinochet, prend fin ce vendredi.

TF1-LCI : Augusto PinochetAugusto Pinochet © TF1-LCI

Le procès avait tout à la fois valeur de symbole et de leçon d'histoire ; il s'achève ce vendredi, avec les réquisitions, puis le verdict. Mais il n'y aura aucun accusé pour l'entendre. Les 14 anciens membres de la dictature chilienne, jugés devant la cour d'assises de Paris pour les disparitions de quatre Français ou Franco-Chiliens sous la dictature d'Augusto Pinochet, sont toujours au Chili. Les seuls à s'exprimer devant la cour au fil des audiences auront donc été les témoins - une trentaine, souvent venus de l'étranger pour livrer leurs souvenirs, souvent leurs blessures, des années vécues au Chili sous la chape de plomb du régime de Pinochet.

Plus d'infos

Les familles des quatre disparus après le coup d'Etat du 11 septembre 1973 attendaient cette audience depuis plus de 35 ans. Leurs fils, filles, épouses, frères, soeurs, amis, ont livré à la barre des témoignages souvent bouleversants de leur vie amputée par ce drame. Georges Klein, médecin et conseiller de Salvador Allende, a été arrêté à Santiago en septembre 1973, tout comme l'ancien prêtre Etienne Pesle, enlevé dans le sud du pays. Alphonse Chanfreau et Jean-Yves Claudet-Fernandez, deux membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), ont disparu l'un en 1974, l'autre en 1975.

Pinochet n'aura jamais à répondre de la dictature

Face à elles, un box d'accusés vide. Les treize anciens membres chiliens du régime Pinochet et un Argentin, essentiellement d'anciens militaires, âgés 61 à 89 ans, sont jugés en leur absence pour les faits "d'arrestations, enlèvements, séquestrations arbitraires avec torture ou actes de barbarie". La procédure dite de "défaut criminel" qui permet de les juger en leur absence, autorise qu'ils soient représentés par un avocat mais aucun ne l'a souhaité. De ce fait, la cour d'assises ne comprend pas, comme à l'habitude, de jurés. Elle est composée de trois magistrats professionnels dont le verdict est attendu dans la journée.

Certains accusés, comme le général Manuel Contreras, fondateur de la Direction du renseignement national (Dina, police secrète), ont déjà été condamnés au Chili pour des crimes commis durant la dictature et sont actuellement détenus. Augusto Pinochet, au pouvoir de 1973 à 1990, avait été mis en examen dans cette procédure française mais sa mort, en décembre 2006, a éteint l'action judiciaire à son encontre. Il n'a jamais eu à répondre en justice des crimes commis sous sa dictature.

Par TF1 News le 17 décembre 2010 à 07:14
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