Meurtre d'Anne-Lorraine Schmitt : quel risque de récidive ?

Par TF1 News, le 15 décembre 2010 à 14h40 , mis à jour le 15 décembre 2010 à 14h42

L'homme accusé d'avoir massacré la jeune femme de 34 coups de couteau après une tentative de viol, et déjà condamné pour une agression sexuelle, pourrait-il s'avérer dangereux de nouveau ? Les psychiatres appelés à la barre ont évoqué un homme qui "fait illusion". Verdict dans quelques heures.

Anne-Lorraine Schmitt RERAnne-Lorraine Schmitt/Image d'archives © LCI

A quelques heures du verdict de la cour d'assises de Pontoise pour le meurtre d'Anne-Lorraine Schmitt, massacrée de 34 coups de couteau dans le RER D en 2007, les experts psychiatres n'ont pas exclu, ce mercredi, une récidive de l'accusé. "Je crains que l'efficacité d'un traitement neuroleptique soit modeste même s'il doit être mis en place", a expliqué à la barre un expert psychiatre. "Nous n'avons pas de garantie quant à l'efficacité de ce traitement à l'extérieur", a-t-il ajouté. Pour les experts psychiatres, l'accusé, Thierry Devé-Oglou, a une "affectivité froide", "il fait illusion" dans ses sentiments "évitant les chamboulements dans sa vie". L'un d'eux a évoqué à la barre la "dangerosité du patient".

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La récidive était précisément au coeur du procès qui a débuté lundi, l'accusé ayant déjà été condamné en 1996 pour un viol commis sur une jeune femme menacée d'un couteau dans le même RER D, au même endroit. Concernant le meurtre d'Anne-Lorraine Schmitt, tuée après une tentative de viol, les experts ont estimé "qu'il sait que c'est interdit et que c'est mal". Pourtant, "il n'a aucun ressenti émotionnel vis-à-vis de la victime ou de sa famille". Thierry Devé-Oglou, accusé d'avoir tué Anne-Lorraine Schmitt dans des circonstances décrites par les pompiers et les policiers comme "horribles" et "inimaginables", est "incapable d'empathie, de sympathie, il réduit l'autre à rien".

"Ce qui m'inquiète, c'est dans dix ans"

Depuis le début du procès, l'accusé n'a eu un mot ni pour la victime, ni pour sa famille. Il n'a toujours pas raconté ce qui s'est réellement passé dans cette rame le dimanche 25 novembre 2007. Pourtant les psychiatres affirment qu'il "a gardé une trace mnésique de son passage à l'acte. Il a conscience de ce qu'il a fait. Il était présent, acteur de son acte". Les psychiatres ont évoqué "une vie à l'économie", centrée sur la famille avec peu d'amis, avec une "carence par rapport à la dimension affective". "Il imite l'affectivité des autres", a dit l'un d'eux.

L'accusé écoute attentivement assis dans le box, manifestant une certaine nervosité. Lors de sa condamnation pour viol en 1996, une psychiatre avait estimé une récidive "peu probable" étant donné "les remords" du patient. Sa victime, Valérie, qui est venue témoigner mardi, a pour sa part "toujours eu l'intime conviction que le jour où il recommencerait, quoi que la victime fasse, elle n'aurait aucune chance".

A sa sortie de prison, Thierry-Devé Oglou n'avait pas respecté l'injonction de soins à laquelle il était soumis. "Vous pouvez sauver des vies, cet homme est très dangereux", avait imploré à la barre, mardi, Elisabeth Schmitt, la mère d'Anne-Lorraine qualifiant l'accusé de "barbare". Son époux, le général Philippe Schmitt, déclarait lui à la presse : "ce n'est pas le verdict qui me fait peur, c'est l'après-verdict. Ce qui m'inquiète, c'est dans dix ans, c'est dans quinze ans quand un juge des libertés décidera sur l'avis d'experts de le relâcher".

Par TF1 News le 15 décembre 2010 à 14:40
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