Meurtre d'une étudiante dans un RER : "une scène de pugilat"

Par TF1 News (D'après agence), le 13 décembre 2010 à 15h52 , mis à jour le 13 décembre 2010 à 18h45

"Je décide de rester, ne serait-ce que pour mettre mal à l'aise la défense": le père d'Anne-Lorraine Schmitt et sa famille ont assisté lundi à la diffusion de photos de la scène de crime de leur fille, tuée fin 2007.

Anne-Lorraine Schmitt RERAnne-Lorraine Schmitt/Image d'archives © LCI

Ce dimanche matin, prévenu par un usager qu'une passagère était blessée, l'employé de la SNCF s'attendait à "trouver une dame légèrement blessée". Trois ans après, en se rappelant une scène "horrible", il sanglote à la barre. Le procès de Thierry Devé-Oglou, accusé du meurtre de l'étudiante Anne-Lorraine Schmitt tuée de 34 coups de couteau fin 2007 dans le RER lors d'une tentative de viol, s'est ouvert lundi aux assises de Pontoise dans une ambiance pesante.

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Plus d'infos

 
Des photos de la scène de crime ont été diffusées. L'employé de la SNCF se rappelle la scène. "J'ai vu une grande tache par terre et je me suis dis que quelqu'un avait fait tomber de la peinture", explique à la barre Stéphane Nowak. "J'ai vu des traces de doigts sur les carreaux et puis vers le bout cette jeune fille par terre...". Aujourd'hui la scène continue de "hanter" ce père de famille.
 
Devant une salle comble pour cette première journée d'audience, la cour d'assises de Pontoise a écouté des témoins décrire la scène avant d'en diffuser quelques clichés sur des écrans. Caroline Rohart, sapeur-pompier arrivée sur les lieux se souvient que "c'était assez choquant". "Il y a avait des traces de sang dans tout le wagon, du début à la fin", raconte la jeune femme de 25 ans, "c'était inimaginable". "On voyait qu'elle a lutté, elle a chuté, elle s'est relevée, s'est appuyée sur une vitre, est repartie... C'était une scène remplie de violence", explique-t-elle.
 
Un "flash"
 
"Elle s'est échappée une première fois, je l'ai rattrapée", se contente de raconter l'accusé, d'une voix presque inaudible. Thierry Devè-Oglou, 46 ans explique avoir donné les coups de couteau "parce qu'elle criait". "J'avais mal à la tête". Quelques minutes plus tôt, il avait abordé Anne-Lorraine Schmitt, étudiante de 23 ans, dans la rame du RER D. Il avait repéré la jeune femme seule qui rentrait chez elle et l'avait menacée d'un couteau pour qu'elle lui "fasse l'amour".
 
L'accusé avait déjà été condamné pour un viol commis en 1995 sous la menace d'un couteau dans le RER D. Seulement Anne-Lorraine, fille de militaire, se défend, elle crie. "Elle donnait des coups avec les bras et les mains", souligne l'accusé. Thierry Devè-Oglou frappera 34 fois, y compris à la gorge. "Une scène de pugilat", décrit Agnès Gorenflot, un officier de police judiciaire qui fera les premières constatations. Les photos diffusées au tribunal témoignent de la violence des faits. La rame est constellée de traces de sang. La famille Schmitt assiste dignement à la diffusion des photos, écoutant les commentaires de l'officier de police.
 
Lorsque la présidente, Danièle Dionisi, annonce qu'elle va diffuser une photo des mains de la victime, le colonel Philippe Schmitt se lève et lance : "Je décide de rester, ne serait-ce pour mettre mal à l'aise la défense" Anne-Lorraine a eu les mains fortement entaillées. "Une scène de crime, je n'en ai jamais vu de pareille", insiste Agnès Gorenflot, "elle a saisi le couteau à pleine main, avec force (...) le nombre de coups de couteau est impressionnant". Thierry Devè-Oglou regarde les clichés sans ciller, sans se dévoiler, sans expliquer son geste. Pull et pantalon beige, bouc et moustache poivre et sel, il s'adresse à la cour en regardant par terre. Il raconte lentement ce dimanche matin, entrecoupant ses phrases de silences. Il dit avoir eu "un flash" et avoir agressé Anne-Lorraine, "sans intention de la tuer". Le procès doit durer jusque mercredi.

Par TF1 News (D'après agence) le 13 décembre 2010 à 15:52
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14 Commentaires

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  • mcg35, le 13/12/2010 à 22h52

    On ne peut que rendre hommage au courage et à la dignité de la famille Schmitt. Les mots manquent pour qualifier l'accusé et l'horreur de ce qui s'est produit.

  • unavenir, le 13/12/2010 à 19h54

    «Pour ce viol, observe aujourd'hui Philippe Schmitt, le meurtrier présumé de notre fille encourait dix ans de prison. La cour d'assises de l'Oise l'a condamné à cinq ans, dont deux avec sursis parce qu'il geignait et pleurait à l'audience. La cour a eu pitié de lui et a cru un expert, réputé, qui parlait d'un simple "écart de conduite" et qui concluait par cette phrase: "Le renouvellement de l'acte paraît peu probable."» Agression le 25 janvier 1995, condamnation le 14 février 1996 à trois ans ferme et remise en liberté le 13 février 1997... Les dates parlent d'elles-mêmes. «Je me suis largement interrogé, poursuit Philippe Schmitt, sur la clémence de la cour d'assises et je me suis dit que c'était sans doute parce qu'elle avait assorti sa condamnation de mesures de traitement et de soins imposées à Deve-Oglou. Là où je m'étonne, c'est que sa liberté conditionnelle n'ait pas été révoquée dès lors qu'il ne suivait pas ces soins et ne se présentait jamais à son contrôle judiciaire... Voilà "l'environnement" dont j'ai pris conscience dans les semaines qui ont suivi le meurtre de notre fille.» Tout est dit ne pensez vous pas ?

  • saintmalo123, le 13/12/2010 à 19h54

    Bien dit ! scandaleux !

  • deadpool59, le 13/12/2010 à 19h29

    La justice aussi devrait être dans le box des accusés, pour avoir relâché un assassin!

  • cerrane84, le 13/12/2010 à 19h17

    Cerrane84, Un crime horrible,cette homme mèrite la prison jusqu'à la fin de sa misèrable vie,je souhaite beaucoups de courage à la famille Schmitt.

  • justice122, le 13/12/2010 à 19h11

    Il dit avoir agresser sans intention d etuer mais il a quand même frappé 34 fois. S"il avait voulu tuer, je ne vous dit pas...

  • denism147, le 13/12/2010 à 19h08

    Quel rapport ?

  • fair75, le 13/12/2010 à 19h01

    Qu'on lui donne la perpetuité!

  • fair75, le 13/12/2010 à 18h56

    Mais où va le monde? Une grande pensée à la famille.

  • jca31, le 13/12/2010 à 17h38

    Voilà où nous en sommes avec la magistrature.

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