Au lendemain de la condamnation de sept policiers à de la prison ferme pour mensonge, les propos du ministre de l'intérieur Brice Hortefeux, qui a qualifié la décision de "disproportionnée", n'ont pas manqué de provoquer la colère des magistrats et de l'opposition. Vendredi soir, près de 200 policiers ont manifesté en uniforme devant le tribunal de Bobigny avec des voitures toutes sirènes hurlantes. © TF1/LCI
Condamnés pour avoir menti, des policiers rejugés
Sept policiers qui avaient été condamnés à des peines de six mois à un an de prison ferme fin 2010 à Bobigny pour avoir menti et accusé à tort un homme seront rejugés mercredi et jeudi par la cour d'appel de Paris.
Publié le 02/11/2011
Nouveau procès pour le ministre Brice Hortefeux
Le ministre de l'Intérieur était jugé lundi devant le tribunal de grande instance de Paris. Il est accusé d'avoir porté atteinte à la présomption d'innocence d'un homme interpellé à Naples et extradé vers la France fin novembre. La décision a été mise en délibéré au 7 février prochain.
Publié le 24/01/2011
Hortefeux de retour au tribunal
Le ministre de l'Intérieur comparaît à 14 heures devant le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris. Il est accusé d'avoir porté atteinte à la présomption d'innocence de Ryad Hannouni, interpellé début septembre à Naples, et extradé vers la France fin novembre.
Publié le 24/01/2011
Brice Hortefeux visé par une nouvelle plainte
Un élu d'Europe Ecologie a annoncé mercredi avoir porté plainte contre le ministre de l'Intérieur pour ses commentaires sur le jugement du tribunal de Bobigny condamnant des policiers.
Publié le 22/12/2010
Hortefeux "soutient" les policiers "qui font leur devoir"
Sur la polémique créée après les peines de prison à l'encontre de policiers accusés d'avoir menti, le ministre indique dans Le Parisien avoir "engagé une procédure disciplinaire dès lors que les faits avaient été avérés, bien avant leur condamnation en première instance".
Publié le 19/12/2010
Deux syndicats veulent la fin de la guerre police-justice
Deux syndicats, l'un d'officiers de police et l'autre de magistrats, veulent enterrer la hache de guerre entre les deux institutions après une nouvelle polémique qui a opposé leurs ministres respectifs.
Publié le 17/12/2010
Policiers condamnés : colère ou solidaire, des réactions en série
Jugés pour avoir porté de fausses accusations contre un automobiliste, et rédigé un PV mensonger, des policiers ont écopés de peines allant de six mois à un an ferme. Politiques ou magistrats, les réactions affluent samedi.
Publié le 11/12/2010
Prison ferme pour sept policiers, leurs collègues en colère
Jugés pour avoir porté de fausses accusations contre un automobiliste, et rédigé un PV mensonger, les policiers ont écopés de peines allant de six mois à un an ferme. En colère, des collègues ont manifesté devant le tribunal.
Publié le 10/12/2010
La condamnation des sept policiers à des peines allant de six mois à un an de prison pour avoir menti en accusant un automobiliste d'avoir renversé l'un d'eux a relancé le feuilleton de la guerre police-justice. Les syndicats policiers ont violemment mis en cause les magistrats de Bobigny, qu'ils accusent régulièrement de laxisme. "Ce tribunal est connu pour receler les pires idéologues de la culture de l'excuse quand il s'agit de remettre dehors à tour de bras les trafiquants de stupéfiants, braqueurs, auteurs de tentatives d'homicide, etc.", a fustigé Synergie-Officiers. Mi-novembre, la libération d'un trafiquant de drogue présumé, chez qui avaient été découverts des stupéfiants et une Kalachnikov, avait également provoqué leur colère.
Un soutien "ahurissant"
Les policiers, qui avaient manifesté à plus de 200 vendredi devant le tribunal, avaient reçu le soutien du préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, qui s'était dit "très étonné". "Ce jugement (...) peut légitimement apparaître, aux yeux des forces de sécurité, comme disproportionné", avait renchéri Brice Hortefeux. Samedi devant le conseil national de l'UMP, le ministre a réitéré sa position. "Le métier de policier, de gendarme, de sapeur pompiers, ce n'est pas un métier comme les autres. C'est un métier où il arrive quotidiennement de risquer sa vie, et je me réjouis de la décision du parquet de faire appel de ce jugement", a-t-il déclaré.
En face, des magistrats se sont dits "consternés". "Que le ministre de l'Intérieur soutienne des policiers condamnés pour des faits particulièrement graves, c'est ahurissant", a déclaré à l'AFP Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (majoritaire). Il a rappelé que l'homme dénoncé à tort par les policiers encourait la perpétuité si le mensonge n'avait pas été dévoilé. "Ce qui me désole, c'est qu'on renforce une guerre police-justice qui n'a pas lieu d'être", a abondé Clarisse Taron, présidente du Syndicat de la magistrature (SM, gauche). Tous deux se sont étonnés de l'absence de réaction du ministre de la Justice, Michel Mercier. "On demande juste qu'il intervienne pour appeler à respecter les magistrats et leurs décisions", a souligné M. Régnard. "Je ne veux développer aucune polémique, bien au contraire", a répondu le garde des Sceaux sur RTL. Ménageant à la fois magistrats et policiers, il a souligné que "si on tape sur un maillon de la chaîne pénale, c'est toute la chaîne qu'on affaiblit".
A gauche, les réactions n'ont pas tardé. Benoît Hamon, porte-parole du PS, a accusé Brice Hortefeux d'être "dans un registre de premier syndicaliste de la police". L'ancienne garde des Sceaux, Elisabeth Guigou, a jugé que ses déclarations "sont irresponsables". "Critiquer publiquement le jugement (...) enfreint le principe (...) de la séparation des pouvoirs", a relevé le président d'honneur du PRG, Roger-Gérard Schwartzenberg. Pour le PCF, M. Hortefeux "a gravement discrédité sa fonction de ministre de l'intérieur". Cinq parlementaires UMP de Seine-Saint-Denis, dont le député Éric Raoult, ont en revanche apporté leur "soutien" aux policiers et au ministre.
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