72 heures de violences... et quatre ans de calvaire judiciaire

Par TF1 News, le 10 janvier 2011 à 05h30 , mis à jour le 08 janvier 2011 à 15h57

Les ravisseurs présumés d'un ex-dirigeant de Veolia et de son épouse comparaissent ce lundi devant les Assises des Alpes-Maritimes. Un procès auquel les victimes avaient menacé de ne pas assister : devant la longueur de la procédure, quatre accusés avaient été remis en liberté le 16 décembre.

Ce lundi comparaissent devant la Cour d'assises des Alpes-Maritimes huit individus accusés d'avoir participé à l'enlèvement et à la séquestration d'un ancien dirigeant d'une filiale de Veolia et de son épouse. Une affaire à rebondissement qui a vu le couple d'ex-otages bouder la justice après un cafouillage qui s'était soldé par la libération de plusieurs de leurs ravisseurs...

Tout avait commencé en 2006. Le 12 septembre, au matin, quatre hommes cagoulés et armés avaient fait irruption dans la villa du couple, neutralisant le chien avec une giclée de gaz, et frappant Bernard Guiglion au front avec la crosse d'une arme pour qu'il arrête de crier. Les deux époux étaient ensuite emmenés, bâillonnés, ligotés et les yeux bandés, dans une fourgonnette, qui les déposait dans une maison isolée.

"Dysfonctionnement judiciaire"

Selon le récit des deux otages, la détention de 72 heures qui a suivi a été ponctuée de menaces, de coups, de sévices et d'une tentative de viol de Catherine Guiglion. Les ravisseurs avaient contraint Bernard Guiglion à envoyer un ordre de liquidation de tous ses avoirs, environ quatre millions d'euros, à sa gestionnaire de la BNP et à faire virer cet argent sur un compte en Suisse. Mais c'est précisément en tentant de récupérer ces fonds, au Crédit suisse à Genève, que le "cerveau" présumé du rapt, Camel Ben Taïeb, devait être interpellé par la police suisse, agissant sur information de la police française, elle-même alertée de la disparition du couple par un voisin.

Une arrestation dont devaient découler celles des autres ravisseurs présumés... Pourtant, l'affaire ne s'arrêtait pas avec ces interpellations. Car la procédure judiciaire s'est depuis lors éternisée. A tel point, qu'au terme de plusieurs années de vicissitudes procédurales, quatre des accusés, dont le "cerveau" présumé du rapt, ont été remis en liberté le 16 décembre dernier, sur décision de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence qui avait constaté que le délai légal entre la fin de l'instruction et le début du procès n'avait pas été respecté.

Pour dénoncer ce "dysfonctionnement judiciaire", les époux Guiglion et leurs avocats avaient d'abord annoncé qu'ils ne participeraient pas au procès, avant de finalement se raviser. "Leur émoi au moment de la libération de ces quatre individus était légitime. Ils veulent à présent participer à ce procès qu'ils attendent depuis plusieurs années", a déclaré Me Valérie Rossi, l'une des avocates des victimes.

Par TF1 News le 10 janvier 2011 à 05:30
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3 Commentaires

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  • mig881, le 10/01/2011 à 17h53

    Encore une fois, honte à notre "justice" !

  • auroreaix, le 10/01/2011 à 12h30

    Clap clap clap, la Justice une fois de plus. Et là, M. Nadal, il dit quoi ?

  • lamamouche54, le 10/01/2011 à 08h02

    Que dire!!!!!!!!!!!!!! le monde est fou, ya plus rien à dire....

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