Affaire Bruno Wiel : "On a feint l'homosexualité"

le 24 janvier 2011 à 22h14 , mis à jour le 02 février 2011 à 11h38

Un des tortionnaires présumés de Bruno Wiel a expliqué lundi à la Cour d'assises du Val-de-Marne comment ce jeune homme gay avait été amadoué un soir de 2006 avant d'être agressé et torturé à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Bruno Wiel, agressé en juillet 2006 et laissé pour mort dans le Val-de-MarneBruno Wiel, agressé en juillet 2006 et laissé pour mort dans le Val-de-Marne © TF1/LCI

"On a feint l'homosexualité" : un des tortionnaires présumés de Bruno Wiel a expliqué lundi à la Cour d'assises du Val-de-Marne comment ce jeune homme gay avait été amadoué un soir de 2006 avant d'être agressé et torturé à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

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Plus d'infos

 
Les faits sont édifiants. Croisé à Paris dans la nuit du 19 au 20 juillet 2006, Bruno Wiel "nous a proposé des relations charnelles. Vu que mes co-accusés voulaient le dépouiller de sa carte bancaire (...), on a feint l'homosexualité", a affirmé David D., carrure imposante et verbe hésitant. Selon son récit, la victime rencontrée près du quartier gay du Marais était "un peu réticente" à l'idée de monter dans la voiture où se trouvaient les quatre accusés, pour la plupart originaires de Thiais, dans le Val-de-Marne. "On lui a dit : Viens avec nous, on va à l'hôtel (...) Il a fini par céder", a poursuivi l'accusé, assurant que la victime était "consentante" et en niant avoir joué le rôle d'appât. A ses côtés dans le box, Julien S. a, lui, récusé avoir simulé l'homosexualité, reconnaissant tout juste avoir "palpé" la victime pour savoir si elle possédait une carte bancaire. "M. Wiel a dû penser que je répondais à ses avances", a-t-il expliqué.

Clichés pris après l'agression
 
Mais, pour son premier témoignage devant la Cour, Bruno Wiel est catégorique et martèle sa conviction : il est "impossible" qu'il soit monté volontairement dans la voiture. "Je sais qui je suis et qui j'étais", a déclaré ce jeune homme âgé de 33 ans, qui n'avait jusque-là jamais quitté Paris "intra muros". Hélas, il ne peut en dire guère plus, lui qui a tout oublié des faits en raison de la violence de son agression.
 
Jusque-là réduit à de simples mots, son calvaire a pris un tour concret lundi. Les clichés pris après son agression et projetés devant la Cour ont montré son corps martyrisé et couvert d'hématomes. Frappé, brûlé, et sodomisé à l'aide d'un bâton, Bruno Wiel est resté 15 jours dans le coma avant d'être hospitalisé pendant près de sept mois. "C'est moi qu'on a appelé pour le reconnaître à l'hôpital et même pour moi ça a été dur de le reconnaître vu son état, a dit sa tante, Christiane Bème, entre deux sanglots. C'est quelque chose de voir quelqu'un qui ne sait plus bouger sa bouche et ses bras".

"On n'est pas des pédés"
 
Vendredi, les accusés avaient eux-même indiqué avoir fait subir à Bruno Wiel "un déchaînement de violences", sans toutefois pouvoir l'expliquer. Au terme d'échanges acrimonieux entre les accusés, l'audience de lundi a levé un coin de voile sur leurs motivations.  Après avoir asséné à Bruno Wiel une première gifle, un des accusés, Yohan W., a reconnu lui avoir lancé : "Je lui ai dit qu'on n'est pas des pédés."  "Il était trop tactile. Il arrivait sur moi en baissant sa braguette et c'est à ce moment-là que je l'ai frappé", a-t-il ajouté. Selon un de ses co-accusés, Yohan W. aurait également dit : "Tu voulais nous baiser, c'est nous qui allons te baiser". L'interessé a démenti.
 
En pleurs, Julien S. a une nouvelle fois reconnu avoir sodomisé la victime a l'aide d'un bâton, mais ne se l'explique "toujours pas". Les quatre accusés sont poursuivis depuis le 18 janvier pour avoir infligé à la victime des actes de tortures et de barbarie parce qu'elle était homosexuelle. Le verdict est attendu le 28 janvier.

le 24 janvier 2011 à 22:14
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8 Commentaires

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  • g_tjrs_raison, le 25/01/2011 à 20h40

    30 ans ca serait quand même beaucoup trop. Il faut une peine plus adaptée comme le sursis.

  • elliot39, le 25/01/2011 à 15h10

    Peine maximale.... rendez vous compte de la barbarie de cet acte.....

  • sebo92, le 25/01/2011 à 12h55

    Pas qu'en Amérique.

  • g_tjrs_raison, le 25/01/2011 à 12h33

    150 ans ca serait quand même beaucoup.

  • flo54321, le 25/01/2011 à 10h24

    On attend quoi pour faire des peines de 150 ans comme en amerique ? (avec 70 ans de sureté, comme ça on est tranquille...)

  • seiyar70, le 25/01/2011 à 08h43

    Non sun2010 , les 30 ans de sureté ont déjà été prononcés dans d'autres affaires en France , peine rare mais existante

  • sun2010, le 25/01/2011 à 07h29

    Vous vous croyez ou ? On est en France, la perpétuité c'est 22 ans de sureté (Guy Georges peut sortir dans 11 ans)

  • ernestlea, le 25/01/2011 à 06h49

    Peine maximum 30 ans de sureté sans état d'ame.

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