Garde à vue : la présence de l'avocat au coeur des débats ce jeudi

Par , le 20 janvier 2011 à 11h25 , mis à jour le 20 janvier 2011 à 11h37

L'Assemblée examine jeudi la principale innovation du projet de loi sur la garde à vue qui permet une présence accrue de l'avocat alors que celui-ci n'intervenait jusqu'à présent que 30 minutes au début de cet acte d'enquête.

garde à vue © TF1/LCI

C'est la mesure phare du projet de loi sur la garde à vue. Une des plus sensibles aussi. La question de la présence de l'avocat tout au long de cet acte d'enquête va être débattue ce jeudi à l'Assemblée. En l'état actuel, le texte prévoit que l'avocat dispose désormais de deux heures pour se rendre sur les lieux où son client est retenu, qu'il peut rester tout au long de la procédure (contre 1/2 heure jusqu'à présent) et qu'il peut présenter des observations écrites et poser des questions à la fin de chaque audition ou de chaque confrontation.

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  • Pour le parquet général, la garde à vue est non conforme au droit européen

    Le parquet général recommande à la cour de cassation de déclarer les dispositions régissant la présence de l'avocat en garde à vue non conformes aux règles européennes, y compris pour les régimes dérogatoires.

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  • Des gardes à vue toujours plus nombreuses, toujours plus contestées

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  • Quand deux députés UMP s'écharpent en pleine Assemblée !

    <b>Vidéo - </b>L'examen à l'Assemblée, jeudi après-midi, du projet de loi sur la garde à vue qui doit notamment permettre une présence accrue de l'avocat, a donné lieu à de très vifs échanges entre deux députés UMP, Claude Goasguen, avocat de profession, et Jean-Paul Garraud, ex-magistrat.

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Le projet de loi prévoit toutefois que le procureur peut reporter l'arrivée de l'avocat et faire débuter l'audition avant le délai de deux heures, ou reporter l'arrivée de douze heures "lorsque qu'il y a des raisons impérieuses tenant aux circonstances  particulières de l'enquête" ou "pour permettre le bon déroulement  d'investigations urgentes" ou pour "prévenir une atteinte imminente aux  personnes". Dans le cas d'un crime ou délit puni d'une peine égale ou supérieure à cinq  ans, la présence de l'avocat peut être différée jusqu'à la 24e heure par décision du juge des libertés et de la détention (JLD). Ces reports sont aussi possibles pour les régimes dérogatoires (terrorisme, crime organisé, stupéfiants).
 
Le parquet garde le contrôle

Plusieurs autres articles du projet ont déjà été votés depuis mardi soir. Comme le souhaitait le gouvernement, l'Assemblée a notamment décidé de laisser le contrôle de la garde à vue entre les mains du procureur et de ne pas le confier au JLD. A la surprise générale, les députés avaient en effet décidé mi-décembre, mais dans un vote serré, à une voix près, de transférer ce contrôle du parquet au siège. "Ce qui s'est passé à la commission des Lois a eu pour mérite de poser la  question du statut du parquet", a expliqué Michel Hunault (NC). "C'est une réforme à l'envers, si vous aviez commencé par la réforme du  statut du parquet, la réforme aurait été bien plus cohérente", a critiqué la députée socialiste Delphine Batho. Le statut du parquet a été attaqué de toutes parts ces derniers mois avec notamment deux condamnations de la France en 2010 par la Cour européenne des droits de l'Homme, pour qui le parquet français n'est pas une autorité judiciaire indépendante. La Cour de cassation a également estimé qu'un procureur n'était pas un juge indépendant même si elle ne lui a pas dénié le droit de contrôler la garde à vue.

Pas de condamnation si pas d'avocat

Autre mesure votée par les députés pour se mettre en conformité avec le droit européen : "aucune condamnation, en matière criminelle et correctionnelle, ne pourra être prononcée sur la base de déclarations faites sans avoir pu s'entretenir avec un avocat ou être assistée par lui". Mardi soir au cours du débat, le député PS André Vallini avait évoqué les aveux de Patrick Dils, passés "tout seul, sans personne pour le conseiller", une affaire symbole, avec celle d'Outreau, de l'erreur judicaire. Cependant, précise le texte, une condamnation "peut bien évidemment être prononcée dès lors qu'il existe d'autres éléments de preuve ou lorsque la personne, alors qu'elle en avait la possibilité, n'a pas souhaité être assistée par un avocat".
 
Enfin, les députés ont entériné une série de mesures visant à renforcer les droits des gardés à vue. Désormais, l'examen médical devra être réalisé "à l'abri du regard et de toute écoute extérieurs" afin de respecter "la dignité de la personne humaine" et "le secret professionnel". Jean-Paul Garraud (UMP), magistrat de formation, a mis en garde contre "les risques de cet amendement" notamment pour "un médecin qui va se retrouver seul  à seul sans aucune protection face à un individu qui est dangereux". Pour prendre en compte cet objection, les députés ont prévu que cette obligation serait effective "sauf décision contraire du médecin".

Droit au silence

 L'Assemblée a également voté l'obligation de notifier le droit au silence que chaque personne gardée à vue peut observer en face d'un policier ou d'un gendarme, en vertu d'exigences constitutionnelles et européennes. Ce droit de se taire ne s'applique qu'après avoir décliné son identité, c'est à dire son nom, son prénom, sa date et son lieu de naissance, domicile ou résidence. Un amendement des députés Verts permettant de faire notifier par un  interprète lorsque la personne placé en garde à vue ne comprend pas le français a également été adopté. Il devra également être notifié à la personne gardée à vue qu'elle peut prévenir "un proche" et "son employeur".

Enfin la question très polémique de "l'audition simple", système qui aurait permis de contourner les lourdeurs de la garde à vue en permettant d'entendre sans avocat et sans réelle limitation de durée un individu, a été réglée avant même l'ouverture des débats au sein du Palais Bourbon, le gouvernement ayant renoncé à faire cette proposition juste avant.

Par Alexandra Guillet le 20 janvier 2011 à 11:25
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2 Commentaires

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  • alain-paris, le 20/01/2011 à 16h32

    Attendez que ça vous arrive, et jusque là, c'était vite fait (une erreur sur la plaque d'immatricualtion, un véhicule enregistré à tort comme volé, une homonymie....)

  • henri_bambelle, le 20/01/2011 à 15h53

    Le meilleur moyen de n'avoir pas besoin d'un avocat est de ne jamais être en garde à vue : à l'âge de 65 ans, je peux vous dire que ce n'est pas compliqué. Il suffit de bien se comporter.

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