L'idée a été lancée à l'automne par Nicolas Sarkozy : introduire des jurés populaires en correctionnelle pour "les délits les plus graves", afin de "rapprocher le peuple des magistrats". Lors de ses voeux télévisés de la Saint-Sylvestre, il a cité cette réforme au titre des priorités du gouvernement en 2011. En annonçant alors que le gouvernement espérait faire voter "vers la fin de l'année" cette mesure qualifiée "d'acte d'intégration", "d'acte de citoyenneté", "d'acte de prise de participation aux décisions les plus difficiles de la République". Le ministre de la Justice, Michel Mercier, a fait savoir qu'il avait lancé la concertation sur ce sujet dans les premiers jours de janvier.
Les jurés populaires arrivent en correctionnelle
Déjà appelé pour juger les crimes, le citoyen peut désormais être sollicité pour juger les délits les plus graves. Le "citoyen assesseur" siègera aux côtés des magistrats. Voulue par Nicolas Sarkozy et vivement critiquée, cette réforme va d'abord être testée dans les cours d'appels de Toulouse et Dijon.
Publié le 02/01/2012
Jurés populaires : ce que prévoit la réforme
Michel Mercier a présenté mercredi en conseil des ministres son projet de loi sur l'introduction de jurés en correctionnelle. Le texte, qui suscite des crispations du côté des magistrats, prévoit également une réforme des cours d'assises et de la justice des mineurs.
Publié le 13/04/2011
La réforme des jurés populaires lancée "début 2011"
Le garde des Sceaux Michel Mercier annonce que la concertation pour l'instauration des "jurés populaire pour les délits les plus graves" devrait commencer "dès le début 2011", dans une interview au Progrès.
Publié le 19/11/2010
Sarkozy réfléchit à des jurés populaires au niveau correctionnel
Selon des députés UMP, Nicolas Sarkozy songe à installer des jurés populaires auprès des magistrats afin de "rapprocher le peuple de la justice".
Publié le 10/09/2010
Mais la réforme pourrait aller en fait beaucoup plus vite qu'annoncé. Europe 1 évoque ainsi, sans citer de source, un projet de loi qui "devrait être finalisé d'ici trois semaines". Il serait donc présenté fin janvier en conseil des ministres. Et le paquet législatif serait "bouclé avant l'été". Objectif : un vote avant la fin de la session parlementaire, en juillet prochain.
Cinq jours au tribunal
La radio dresse déjà les contours de la réforme, notamment de ce qui attendrait les citoyens amenés à siéger en correctionnelle : "tirés au sort sur les listes électorales, comme cela se passe pour les procès devant les cours d'assises", ils devraient ensuite "passer cinq jours complets au tribunal". Au menu : une première journée de formation, suivie de quatre jours durant lesquels ils rendraient la justice aux côtés des magistrats professionnels. Mais ce n'est pas tout : "ces nouveaux jurés, précise Europe 1, pourront aussi travailler aux côtés des juges d'application des peines, pour décider avec eux, si l'on relâche ou non tel ou tel détenu".
L'annonce de cette réforme à marche forcée n'est pour l'heure pas confirmée du côté du gouvernement. Elle risque en tout cas de faire grincer des dents dans le monde de la magistrature, où le délai était déjà jugé serré pour boucler un tel chantier judiciaire. "Faire une petite loi d'ici la fin de l'année, c'est toujours possible, mais l'appliquer l'année prochaine, ça va être autre chose", commentait ainsi, dubitative, Virginie Duval, secrétaire national de l'Union Syndicale des Magistrats. Membre du conseil syndical du Syndicat de la magistrature, Odile Barral avait déjà pointé pour sa part "une réforme coûteuse au moment même où la justice manque de moyens pour fonctionner au quotidien et où il va falloir déjà financer la réforme de la garde à vue", qui doit être adoptée... avant l'été. Michel Mercier, chargé de la concertation, a lui-même reconnu que les réformes dans le monde judiciaire pouvaient donner le sentiment de "faire beaucoup à la fois", alors même que s'achève la restructuration de la carte judiciaire.
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