Les aveux de l'un des tortionnaires présumés de Bruno Wiel

le 24 janvier 2011 à 22h07 , mis à jour le 02 février 2011 à 11h38

Témoignage - En juillet 2006, ce jeune gay parisien est torturé et laissé pour mort par quatre jeunes de banlieues. Ils sont jugés depuis mardi devant les assises du Val-de-Marne. Bruno Wiel confie à TF1 News ce qu'il attend de ce procès.

Bruno Wiel, agressé en juillet 2006 et laissé pour mort dans le Val-de-MarneBruno Wiel, agressé en juillet 2006 et laissé pour mort dans le Val-de-Marne © TF1/LCI

  

  • "Mes agresseurs ne savent pas où sont le bien et le mal"

    Après 4 jours d'audience, il se dit persuadé de l'homophobie de ceux qui lui font face dans le box des assises du Val-de-Marne. "Je ne vois pas de regrets dans leur regards. Ils sont simplement emmerdés d'être là", a-t-il dit.

    Publié le 21/01/2011 "Mes agresseurs ne savent pas où sont le bien et le mal"
  • Les Sages saisis de la question du mariage homosexuel

    La Cour de cassation a saisi mardi le Conseil constitutionnel de la question du mariage homosexuel, estimant que cette question fait l'objet d'un vaste débat dans la société française.

    Publié le 16/11/2010 Les Sages saisis de la question du mariage homosexuel
  • Espionné par une webcam, un étudiant homosexuel se suicide

    Deux étudiants ont été récemment inculpés de "violation de la vie privée" alors qu'un camarade s'est suicidé trois jours après la mise en ligne, à son insu, d'une vidéo filmée dans sa chambre avec une webcam. L'affaire a entraîné des dizaines de réactions.

    Publié le 30/09/2010 Espionné par une webcam, un étudiant homosexuel se suicide
  • La cyber-rencontre tourne mal pour deux homosexuels

    En juin et décembre 2009, ces deux hommes sont tombés dans un guet-apens tendu par trois jeunes. Ces derniers les ont agressés et volés. Il pourrait y avoir d'autres victimes.

    Publié le 30/04/2010 La cyber-rencontre tourne mal pour deux homosexuels
  • "On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être"

    L'homosexualité est génétique et n'est pas une déviance, comme le soutient le Vatican, a affirmé jeudi un chercheur belge.

    Publié le 04/02/2010 "On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être"
  • Bruno Wiel regarde ses bourreaux présumés en face

    Le procès des 4 hommes accusés d'avoir passé à tabac et torturé Bruno Wiel un soir de 2006 parce qu'il était homosexuel, s'est ouvert mardi. Voici le compte-rendu de la matinée.

    Publié le 18/01/2011 Bruno Wiel regarde ses bourreaux présumés en face
  • Bruno Wiel : "C'était tout bonnement horrible"

    Au sortir du 1er jour du procès de ses 4 agresseurs présumés, Bruno Wiel a raconté avoir découvert que l'un d'eux était devenu bibliothécaire en prison. Lui, rappelle qu'avant sa grande passion était la lecture avant de ne plus pouvoir à cause des séquelles.

    Publié le 18/01/2011 Bruno Wiel : "C'était tout bonnement horrible"
Plus d'infos

"On a feint l'homosexualité" : un des tortionnaires présumés de Bruno Wiel a expliqué lundi à la Cour d'assises du Val-de-Marne comment ce jeune homme gay avait été amadoué un soir de 2006 avant
d'être agressé et torturé à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).
 
Croisé à Paris dans la nuit du 19 au 20 juillet 2006, Bruno Wiel "nous a proposé des relations charnelles. Vu que mes co-accusés voulaient le dépouiller de sa carte bancaire (...), on a feint l'homosexualité", a affirmé David D., carrure imposante et verbe hésitant. Selon son récit, la victime rencontrée près du quartier gay du Marais était "un peu réticente" à l'idée de monter dans la voiture où se trouvaient les
quatre accusés, pour la plupart originaires de Thiais, dans le Val-de-Marne. "On lui a dit : Viens avec nous, on va à l'hôtel (...) Il a fini par céder", a poursuivi l'accusé, assurant que la victime était
"consentante" et en niant avoir joué le rôle d'appât. A ses côtés dans le box, Julien S. a, lui, récusé avoir simulé l'homosexualité, reconnaissant tout juste avoir "palpé" la victime pour savoir si elle possédait une carte bancaire. "M. Wiel a dû penser que je répondais à ses avances", a-t-il expliqué.
 
Mais, pour son premier témoignage devant la Cour, Bruno Wiel est catégorique et martèle sa conviction : il est "impossible" qu'il soit monté volontairement dans la voiture. "Je sais qui je suis et qui j'étais", a déclaré ce jeune homme âgé de 33 ans, qui n'avait jusque-là jamais quitté Paris "intra muros". Hélas, il ne peut en dire guère plus, lui qui a tout oublié des faits en raison de la violence de son agression.
 
Jusque-là réduit à de simples mots, son calvaire a pris un tour concret lundi. Les clichés pris après son agression et projetés devant la Cour ont montré son corps martyrisé et couvert d'hématomes. Frappé, brûlé, et sodomisé à l'aide d'un bâton, Bruno Wiel est resté 15 jours dans le coma avant d'être
hospitalisé pendant près de sept mois. "C'est moi qu'on a appelé pour le reconnaître à l'hôpital et même pour moi ça a été dur de le reconnaître vu son état, a dit sa tante, Christiane Bème, entre deux sanglots. C'est quelque chose de voir quelqu'un qui ne sait plus bouger sa bouche et ses bras".
 
Vendredi, les accusés avaient eux-même indiqué avoir fait subir à Bruno Wiel "un déchaînement de
violences", sans toutefois pouvoir l'expliquer. Au terme d'échanges acrimonieux entre les accusés, l'audience de lundi a levé un coin de voile sur leurs motivations.  Après avoir asséné à Bruno Wiel une première gifle, un des accusés, Yohan W., a reconnu lui avoir lancé : "Je lui ai dit qu'on n'est pas des
pédés."  "Il était trop tactile. Il arrivait sur moi en baissant sa braguette et c'est à ce moment-là que je l'ai frappé", a-t-il ajouté. Selon un de ses co-accusés, Yohan W. aurait également dit : "Tu voulais nous baiser, c'est nous qui allons te baiser". L'interessé a démenti.
 
En pleurs, Julien S. a une nouvelle fois reconnu avoir sodomisé la victime a l'aide d'un bâton, mais ne se l'explique "toujours pas". Les quatre accusés sont poursuivis depuis le 18 janvier pour avoir infligé
à la victime des actes de tortures et de barbarie parce qu'elle était homosexuelle. Le verdict est attendu le 28 janvier.

le 24 janvier 2011 à 22:07
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • croix70, le 25/01/2011 à 16h00

    Comme vous avez raison Mr Wiel. Vous êtes VOUS, un être humain à part entière. La façon dont vous vivez votre sexualité ou/et votre religion ne regarde que Vous. Vous respectez les autres, alors que les autres en fasse de même. Et que les punitions pour vos tortionnaires soient exemplaires, il n'y a aucune pitié pour ce genre d'individu.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience