Jean-Marie Messier le 25 janvier 2007 © TF1-LCILa 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris n'a donc pas suivi les réquisitions de relaxe complète prises par le ministère public à l'encontre de Jean-Marie Messier, faites en juin dernier. L'ancien PDG de Vivendi Universal, Jean-Marie Messier, 54 ans, a été condamné vendredi à une peine de trois ans de prison avec sursis et 150.000 euros d'amende lors de sa gestion du groupe de médias et communications en 2002. "J2M" est condamné pour "abus de bien social" en lien avec le parachute doré de 20,5 millions d'euros qu'il s'était fait octroyer sans accord du conseil d'administration, mais auquel il a fini par renoncer. Les juges ont également retenu l'infraction de "diffusion d'informations fausses ou trompeuses" sur la santé financière de VU pour deux communiqués litigieux. Il est relaxé du 3e chef de prévention, la "manipulation de cours" de l'action de VU.
Relaxe requise pour Messier
Le parquet de Paris a requis mercredi la relaxe de Jean-Marie Messier, poursuivi pour "diffusion d'informations fausses ou trompeuses, manipulation de cours et abus de biens sociaux".
Publié le 23/06/2010
Procès Jean-Marie Messier : l'heure des réquisitions
L'ex-patron de Vivendi Universal, qui comparaît depuis le 2 juin pour diffusion de fausses informations sur la santé financière du groupe et pour abus de bien social, va être fixé dans la journée sur les réquisitions du parquet.
Publié le 23/06/2010
Messier reconnaît des "erreurs stratégiques"
Au premier jour de son procès devant le tribunal correctionnel de Paris, Jean-Marie Messier a reconnu des " erreurs stratégiques " à l'époque où il dirigeait Vivendi Universal.
Publié le 02/06/2010
Vivendi reconnu coupable, Messier relaxé
J2M a été dédouané vendredi par un jury new-yorkais d'accusations de tromperie sur la santé financière de Vivendi, laissant le groupe qu'il avait conduit au bord du gouffre en 2002 assumer seul.
Publié le 30/01/2010
"Messier a surtout agi dans son intérêt !"
Maître Frederik-Karel Canoy est l'avocat de l'Appac (Association des petits porteurs actifs), à l'origine de l'enquête sur les dirigeants de Vivendi Universal (VU). Il revient sur la mise en examen de Jean-Marie Messier et pointe d'autres responsabilités dans cette affaire tentaculaire. Interview.
Publié le 23/06/2004
Sonné, sans réaction apparente, Jean-Marie Messier s'est éclipsé en toute discrétion. Et a réagi plus tard, par communiqué, en début de soirée, jugeant sa condamnation "profondément injuste". Ses avocats, qualifiant cette lourde condamnation "d'incompréhensible", ont, eux, annoncé qu'il ferait appel. En revanche, pour les petits actionnaires de Vivendie, à l'origine des premières plaintes contre l'équipe dirigeante du groupe, le jugement sonne comme "une victoire".
Communication euphorique
Parmi les six autres prévenus, Edgar Bronfman Jr, directeur général de Warner Music, est par ailleurs condamné à 15 mois de prison avec sursis et 5 millions d'euros d'amende pour délit d'initié. Guillaume Hannezo, ancien bras droit de Jean-Marie Messier, écope de 15 mois de prison avec sursis. Un autre ancien dirigeant de Vivendi, Eric Licoys, est condamné à six mois de prison avec sursis. Partie civile, la société Vivendi ne demandait pas de réparation à ses ex-dirigeants.
Jean-Marie Messier encourait jusqu'à cinq années de prison et de fortes amendes. Mais, aux yeux du parquet, aucun élément du dossier ne permettait d'établir sa culpabilité. Au début des années 2000, Jean-Marie Messier avait entrepris de transformer la vénérable Générale des Eaux en géant du secteur des médias rebaptisé Vivendi Universal (VU). Il avait développé une communication euphorique sur la situation du groupe avant que les marchés ne découvrent que VU était assommé par une dette de 35 milliards d'euros, entraînant sa démission forcée en juillet 2002. Mais ce départ n'a pas suffi aux petits actionnaires de Vivendi floués par l'effondrement du titre. Ils ont multiplié les plaintes à l'encontre de l'ancienne équipe dirigeante du groupe et obtenu son renvoi devant la justice.
Autres poursuites
Durant les quatre semaines d'audience, Jean-Marie Messier, notes et graphiques en main, a démenti toutes les accusations, en protestant systématiquement de sa "bonne foi" dans la conduite du groupe. Il a reconnu des erreurs de gestion mais plaidé un contexte difficile (éclatement de la bulle internet, attentats du 11 septembre, rivalités internes entre administrateurs) et nié formellement la moindre volonté de tromper les marchés et les actionnaires en leur dissimulant le niveau réel d'endettement.
Après son départ de Vivendi, l'ancien champion du capitalisme français, devenu banquier d'affaires très discret, a dû répondre à plusieurs reprises de la débâcle financière du groupe. En janvier 2010, dans le volet américain de la procédure, des jurés new yorkais ont condamné le groupe Vivendi pour communication trompeuse mais exonéré Jean-Marie Messier de toute responsabilité. En décembre 2004, "J2M" et VU ont été condamnés par l'autorité des marchés financiers (AMF) à 1 million d'euros chacun pour avoir mal informé les marchés et les actionnaires. En juin 2005, la Cour d'appel de Paris a réduit ces amendes à 500.000 euros pour "J2M", 300.000 pour VU.
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