Radovan Karadzic comparaît à son procès, le 3 novembre 2009 © ReutersC'est une décision inédite. Le tribunal de grande instance de Paris a jugé, lundi, que Biljana Plavsic et Radovan Karadzic étaient "responsables des préjudices subis" par la famille Kovac "du fait des crimes contre l'humanité commis par (eux) à compter d'avril 1992 en Bosnie-Herzégovine". Adil et Zuhra Kovac, ainsi que leurs enfants, luttaient depuis six ans pour obtenir la condamnation des anciens dirigeants serbes. Ils leur réclamaient un million d'euros. Le tribunal leur a accordé quelque 200.000 euros de dommages et intérêts, plus une somme encore à déterminer pour indemniser "l'atteinte à l'intégrité physique" du chef de famille, du fait de ses blessures. Une expertise a été diligentée. En revanche, le tribunal ne s'est pas prononcé sur le sort de Ratko Mladic, également assigné, faute d'éléments suffisants contre lui.
En avril 1992, en pleine guerre de Bosnie, dans une maison isolée de Tjentiste, près de Foca, aujourd'hui à la frontière de la Bosnie et du Monténégro, des assaillants avaient roué de coups le père Kovac, jusqu'à le laisser pour mort. Puis ils avaient menacé la famille et l'avaient enfermé à clé avant d'arroser la maison d'essence. Mais, oubli ou miracle, ils étaient partis avant d'y mettre le feu. La famille s'était alors enfuie dans les bois, mais des hommes l'avaient prise en chasse, blessé le fils de deux balles dans la cuisse et égorgé la grand-mère. Recueillie par une association française, Zuhra, la mère, et ses enfants avaient finalement été exfiltrés vers Lyon, avant de s'installer à Angers.
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