Emplois fictifs à la mairie de Paris : ils ne les ont pas vus
Jean-François Probst et Jean Tiberi, tous deux anciens proches du président, affirment ne jamais avoir croisé d'emplois fictifs dans l'entourage de Jacques Chirac ni constaté ce système.
Publié le 07/03/2011
Procès Chirac : 15 ans de procédure
En quittant l'Elysée en 2007, Jacques Chirac a perdu l'immunité qui le protégeait. Retour sur 15 ans de procédures qui ont abouti au procès des emplois fictifs de la ville de Paris qui s'ouvre ce lundi.
Publié le 07/03/2011
Procès des emplois fictifs : il n'y aura pas d'image
Soucieux de préserver l'image de l'ancien président de la République, l'entourage de Jacques Chirac a obtenu qu'aucune caméra ne filme à l'intérieur du palais de justice où se tient le procès des emplois fictifs de la mairie de Paris.
Publié le 07/03/2011
Des salariés du RPR payés par la mairie de Paris
Le chef de l'Etat doit répondre de faits qui se sont déroulés dans les années 90 lorsqu'il était maire de Paris. Un système pour lequel Alain Juppé a déjà été condamné en 2004.
Publié le 07/03/2011
Que devient Jacques Chirac à la veille de son procès ?
Jacques Chirac a déclaré dimanche à Europe 1 qu'il allait "aussi bien que possible". Lui et ses proches avaient déjà écarté au cours des dernières semaines les rumeurs sur son état de santé. Et l'ancien président est actif...
Publié le 06/03/2011
Que reproche-t-on à Jacques Chirac ?
Après 12 ans d'immunité pénale due à sa fonction de chef de l'Etat, Jacques Chirac, maire de Paris de 1977 à 1995, a été renvoyé en correctionnelle en octobre 2009 pour "détournement de fonds publics" pour 21 emplois présumés fictifs de "chargés de mission" au cabinet du maire de Paris de 1992 à 1995. Une autre affaire visant sept autres emplois présumés fictifs, instruite à Nanterre, a été jointe à ce premier dossier. Jacques Chirac y est poursuivi pour "prise illégale d'intérêt". Il encourt en théorie jusqu'à dix ans de prison, 150.000 euros d'amende et une inéligibilité éventuelle. Mais quelques mois avant le procès, un accord financier est intervenu entre l'UMP et la Ville de Paris, prévoyant que le parti rembourse les trois quarts du préjudice financier, soit 1,7 million d'euros, les 500.000 euros restant étant payés par Jacques Chirac en personne (pour un rappel des faits en images, cliquez ici).
Chirac sera-t-il présent ?
Le doute subsiste sur la participation effective de l'ancien chef de l'Etat aux audiences, en raison d'une santé fragile révélée récemment au grand public par la presse. Son épouse Bernadette a toutefois affirmé que "ce guerrier" serait présent. Et Jacques Chirac a toujours dit qu'il viendrait à son procès. Sa défense a tenté en vain fin janvier d'obtenir le renvoi du procès, pour un motif de procédure. Jean Veil et Georges Kiejman, avocats de l'ancien chef de l'Etat, plaideront sans doute encore ce lundi diverses demandes d'annulation de procédure ou de renvoi. Ils ont décidé de ne faire aucune déclaration avant le procès.
Ce qui est sûr, pour l'instant, c'est que Jacques Chirac, 78 ans, a été dispensé par le tribunal de se présenter au premier jour du procès où le fond ne sera pas abordé. Il ne devrait donc faire son entrée dans le prétoire que mardi. Une entrée qui restera discrète puisqu'il est prévu qu'il entre dans la salle par un passage dérobé, évitant ainsi la nuée de caméras et d'appareils photos. Autre petite faveur, alors que les 9 autres prévenus auront de simples chaises, Jacques Chirac, aura un fauteuil et il lui sera offert la possibilité de se délasser dans une salle de repos non médicalisée.
Qui sont les 9 autres prévenus ?
A ses côtés comparaîtront donc neuf autres prévenus, parmi lesquels ses deux ex-directeurs de cabinet Michel Roussin et Rémy Chardon, le petit-fils du fondateur de la Ve République Jean de Gaulle, l'ancien secrétaire général du syndicat FO Marc Blondel et François Debré, frère de l'actuel président du Conseil constitutionnel (cliquez ici pour retrouver la liste complète des prévenus et par là pour entendre Me Lienard, l'avocat de l'un d'entre eux).
Signe particulier : un procès sans accusation....
Des prévenus, mais pas d'accusation. C'est une situation aussi étrange que rarissime à laquelle va devoir faire face le président du tribunal correctionnel de Paris Dominique Pauthe (à ce sujet écoutez l'analyse du journaliste Thierry Lévêque, auteur de "L'intouchable ? Chirac face à ses juges"). Jacques Chirac n'aura en effet aucune accusation face à lui, puisque le parquet soutient depuis la fin de l'instruction en 2009 qu'aucune infraction n'a été caractérisée par l'enquête. Comme Philippe Courroye à Nanterre dans l'autre volet de l'affaire, le procureur de Paris a requis un non-lieu et Jacques Chirac ne doit donc sa présence au tribunal qu'à deux juges d'instruction qui ont refusé de suivre ces deux procureurs. Fait exceptionnel, le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, qui fut haut fonctionnaire au ministère de la Justice sous la présidence de Jacques Chirac, viendra en personne expliquer son analyse juridique de l'affaire, ce lundi, avant même le début du procès.
...ni le plaignant principal
Côté partie civile, la mairie de Paris sera également la grande absente, Bertrand Delanoë ayant l'an passé signé un accord sur un remboursement de 2,2 millions d'euros au titre de 21 emplois litigieux de "chargés de mission", 500.000 euros à la charge de Jacques Chirac et le reste à celle de l'UMP. En 2005, le parti présidentiel avait déjà remboursé 889.000 euros à la Ville pour les emplois visés dans le second volet de Nanterre.
Pour palier ce vide, plusieurs particuliers et l'association de lutte contre la corruption Anticor ont, du coup, décidé de se porter partie civile. Pour l'avocat d'Anticor, Jérôme Karsenti, il est indispensable qu'il puisse être apportée une contradiction à la défense, tout comme est indispensable la présence de Jacques Chirac à son procès (Pour écouter l'interview de Jérôme Karsenti, cliquez ici). Les avocats de Jacques Chirac, eux, ont fait savoir leur intention de contester, dès l'ouverture du procès, la recevabilité de ces parties civiles.
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