Jacques Chirac, à Bruxelles, le 8 mars 2007 © TF1-LCIJamais Jacques Chirac n'a été aussi populaire que depuis qu'il n'est plus président. Visite au Salon de l'Agriculture, sorties diverses et toujours médiatiques où l'on voit l'ancien chef de l'Etat souriant et détendu... à moins qu'il n'apparaisse au contraire fatigué, alimentant les spéculations sur son état de santé... Du coup, popularité retrouvée, fatigue de l'âge et questions sur sa santé se combinent pour poser la question : est-il bien opportun de juger l'ancien président... surtout pour des faits remontant à l'époque où il était encore maire de Paris, c'est-à-dire aux années 90 ? La question a été posée aux Français à travers deux sondages, tous deux publiés ce lundi, alors que débute le procès des emplois présumés fictifs de la mairie de Paris. Et si les écarts ne sont pas les mêmes, dans un cas comme dans l'autre, le résultat est identique : oui, estiment les Français, Chirac doit être jugé.
Emplois fictifs à la mairie de Paris : ils ne les ont pas vus
Jean-François Probst et Jean Tiberi, tous deux anciens proches du président, affirment ne jamais avoir croisé d'emplois fictifs dans l'entourage de Jacques Chirac ni constaté ce système.
Publié le 07/03/2011
Procès Chirac : 15 ans de procédure
En quittant l'Elysée en 2007, Jacques Chirac a perdu l'immunité qui le protégeait. Retour sur 15 ans de procédures qui ont abouti au procès des emplois fictifs de la ville de Paris qui s'ouvre ce lundi.
Publié le 07/03/2011
Procès des emplois fictifs : il n'y aura pas d'image
Soucieux de préserver l'image de l'ancien président de la République, l'entourage de Jacques Chirac a obtenu qu'aucune caméra ne filme à l'intérieur du palais de justice où se tient le procès des emplois fictifs de la mairie de Paris.
Publié le 07/03/2011
Des salariés du RPR payés par la mairie de Paris
Le chef de l'Etat doit répondre de faits qui se sont déroulés dans les années 90 lorsqu'il était maire de Paris. Un système pour lequel Alain Juppé a déjà été condamné en 2004.
Publié le 07/03/2011
Que devient Jacques Chirac à la veille de son procès ?
Jacques Chirac a déclaré dimanche à Europe 1 qu'il allait "aussi bien que possible". Lui et ses proches avaient déjà écarté au cours des dernières semaines les rumeurs sur son état de santé. Et l'ancien président est actif...
Publié le 06/03/2011
L'une de ces études a été menée par BVA pour M6 (1). Elle montre une majorité nette de sondés (56%) qui estiment que Jacques Chirac doit être jugé comme "n'importe quel citoyen". Cette proportion s'est toutefois nettement érodée au fil des mois, puisqu'en novembre 2009, ils étaient 72% à être favorables au renvoi de l'ancien président devant la justice, rappelle le sondage. Mais la proportion de sondés qui estiment que "la justice devrait le laisser tranquille car ces histoires sont anciennes" connaît une croissance qui n'est pas en proportion de cette baisse des opinions affichées en faveur de la tenue du procès Chirac : 31% seulement plaident pour un tel oubli de la justice, contre 26% en novembre 2009. Ce qui croît fortement en revanche, c'est la proportion des indécis : 13%, contre 2% dans le sondage précédent, ne se prononcent pas.
L'autre étude de ce lundi a été menée par Obea/Infraforces pour 20 Minutes et France Info (2). Elle apparaît beaucoup plus tranchée que celle diffusée par M6. Avec une même tendance : une nette majorité des sondés sont pour une comparution de Jacques Chirac. Plus de 70% des personnes interrogées jugent "normal de le juger", même si "la mairie de Paris a été remboursée", et même s'il n'y a "pas eu d'enrichissement personnel" pour l'ancien chef de l'Etat. Et si ce procès devait déboucher sur sa condamnation, 75% des sondés estiment que ce ne serait que "justice". La proportion de ceux qui pensent qu'on "aurait dû laisser un homme de son âge tranquille" est à peu près la même que dans le sondage diffusé par M6 (33%). Ce qui tranche, en revanche, sur le sondage précédent, c'est la question posée sur la justice et les politiques : pour une écrasante majorité des sondés, "l'affaire Chirac" n'en est qu'une parmi d'autres. Ils sont ainsi 89% à croire "qu'il y a d'autres hommes ou femmes politiques que l'on devrait juger".
(1) Sondage réalisé par téléphone les 4 et 5 mars 2011 auprès d'un échantillon de 1006 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus (méthode des quotas).
(2) Enquête réalisée par téléphone du 22 Février au 01 Mars 2011 auprès de 1001 personnes habitant la France métropolitaine, âgées de 18 ans et plus. Echantillon national représentatif redressé de la population des Français, constitué selon la méthode des quotas (sexe, âge, région).
| Un procès "inévitable" ? |
L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter a estimé lundi que le procès des emplois présumés fictifs de la Ville de Paris, où doit comparaître Jacques Chirac, était "inévitable". Car "l'idée que l'on puisse arrêter une affaire judiciaire une fois que la machine est enclenchée, moi je n'y crois pas du tout. Elle va à son terme, elle ira à son terme". Son souhait ? "Surtout, que la justice apparaisse comme on attend qu'elle soit, sereine, calme et traitant M. Chirac, encore une fois, avec respect, comme tout autre prévenu qui doit répondre de faits". Le sénateur PS a rappelé par ailleurs que "ce n'est même pas comme président de la République que M. Chirac comparaît. C'est l'ancien maire de Paris pour des faits qui se situent très loin dans le passé". Mais "quelle que soit la qualité de ceux que l'on juge, il faut que la justice se comporte comme elle le ferait à l'égard de tout justiciable". |
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