Procès Chirac : fin du suspense peu après 13h30

Par , le 07 mars 2011 à 15h58 , mis à jour le 08 mars 2011 à 09h03

Dossier : Chirac, le procès

Au premier jour d'audience, le procureur a soutenu la demande d'examen d'une question prioritaire de constitutionnalité formulée par l'avocat d'un des prévenus. Le tribunal dira ce mardi s'il transmet cette question de procédure à la Cour de cassation, auquel cas le procès sera reporté.

Procès ou pas procès ? Il faudra attendre 13h30 pour savoir si le Tribunal correctionnel de Paris décide de renvoyer le procès des emplois ficitifs de la ville de Paris, pour lequel comparaît notamment l'ancien président Jacques Chirac. Ce renvoi a été réclamé dès le début de d'audience, lundi, par l'avocat de l'un des prévenus, Me Jean-Yves Le Borgne, pour résoudre un éventuel problème de droit concernant la prescription d'une partie des faits reprochés à l'ex-chef d'Etat. "Je soulève une question prioritaire de constitutionnalité (QPC)", a-t-il déclaré peu après l'ouverture du procès à 13h30. "La notion de prescription est centrale dans cette affaire", a plaidé l'avocat, qui représente Rémy Chardon, ex-directeur de cabinet de Jacques Chirac à l'Hôtel de Ville.

  • "Plus rien ne s'oppose à la reprise du procès" Chirac

    La Cour de cassation a rejeté vendredi la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) à l'origine de la suspension du procès de Jacques Chirac dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, un procès qui peut donc reprendre, comme l'explique Me Spinosi, avocat près de la Cour de cassation.

    Publié le 20/05/2011 "Plus rien ne s'oppose à la reprise du procès" Chirac
  • Emplois fictifs à la mairie de Paris : ils ne les ont pas vus

    Jean-François Probst et Jean Tiberi, tous deux anciens proches du président, affirment ne jamais avoir croisé d'emplois fictifs dans l'entourage de Jacques Chirac ni constaté ce système.

    Publié le 07/03/2011 Emplois fictifs à la mairie de Paris : ils ne les ont pas vus
  • Procès des emplois fictifs : il n'y aura pas d'image

    Soucieux de préserver l'image de l'ancien président de la République, l'entourage de Jacques Chirac a obtenu qu'aucune caméra ne filme à l'intérieur du palais de justice où se tient le procès des emplois fictifs de la mairie de Paris.

    Publié le 07/03/2011 Procès des emplois fictifs : il n'y aura pas d'image
  • La "QPC" qui pourrait faire reporter le procès

    <b>Eclairage - </b>L'un des avocats des prévenus dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris va déposer lundi matin une "question prioritaire de constitutionnalité" concernant la prescription de certains délits. Qu'est-ce qu'une QPC ? Pourquoi peut-elle remettre en cause la tenue du procès ?

    Publié le 07/03/2011 La "QPC" qui pourrait faire reporter le procès
  • Saint-Pierre-sur-Dives : "Chirac, le papa des Français"

    Alors que le procès de l'ancien chef de l'Etat doit s'ouvrir lundi après-midi sur les emplois fictifs de la ville de Paris, il n'en demeure pas moins populaire sur le marché de la ville du Calvados.

    Publié le 07/03/2011 Saint-Pierre-sur-Dives : "Chirac, le papa des Français"
Plus d'infos

Le parquet soutient la demande de report 

Si le tribunal considère que cette question est "nouvelle" et "sérieuse", il devra la transmettre à la Cour de cassation, qui aura trois mois pour l'examiner et décider de la transmettre ou non au Conseil constitutionnel qui, le cas échéant, aurait également trois mois pour statuer. Cela entraînerait de fait un report de plusieurs mois du procès. "Cette question ne concerne que le dossier qui émane du tribunal de Paris. C'est sous ce seul angle que la question sera examinée", a d'emblée précisé le président de la onzième chambre correctionnelle, Dominique Pauthe.

Lors de l'audience, l'examen de cette QPC a reçu le soutien du procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin. "Cette question est incontestablement nouvelle, il est indéniable qu'elle est sérieuse", a-t-il dit, ajoutant que le tribunal "ne peut rejeter le sursis à statuer sans se substituer à la Cour de cassation", "voire au Conseil constitutionnel s'il était saisi". Jean-Claude Marin avait auparavant fait valoir que le non-lieu requis par le parquet dans l'affaire des emplois fictifs de la marie de Paris répondait au fait que "la preuve n'était pas apportée". "C'était le fruit d'une analyse détaillée", a-t-il affirmé. Les Défenseurs de Jacques Chirac ont, sans surprise, eux-aussi soutenus la demande d'examen de la QPC.

Un, deux, trois...

Les faits jugés par le tribunal correctionnel de Paris concernent deux volets, l'un instruit à Nanterre, l'autre à Paris, et qui ont été joints. Le premier porte sur sept emplois de permanents du RPR rémunérés par la mairie de Paris et le second sur 21 emplois de chargés de mission de la Ville de Paris. "Le premier acte qui dans l'affaire de Paris a noué la procédure a été une plainte déposée en décembre 1998", a-t-il plaidé de sa voix de stentor. "Si on s'en tenait aux trois ans de prescription, on aurait pu remonter à décembre 1995", date à laquelle Jacques Chirac était président de la République et Rémy Chardon n'était plus son directeur de cabinet, a-t-il souligné.

Mais "on est allé chercher la prescription dans une autre série de faits, l'affaire de Nanterre, qui par un effet de 'connexité' aurait interrompu la prescription dans l'affaire de Paris", a-t-il regretté. "Depuis un certain nombre d'années, on ne sait pas très bien compter jusqu'à trois", a-t-il déploré, estimant que "la justice a inventé des systèmes" pour allonger "la prescription triennale, tirée par la connexité jusqu'à un âge vénérable". Les faits reprochés à Jacques Chirac remontent au début des années 90, quand il était maire de Paris.

"On ne veut pas du procès"

L'avocat de l'association Anticor, partie civile dans le procès, a estimé à l'issue de l'audience que "l'on ne veut pas du procès" de Jacques Chirac. "On n'a pas envie de juger un ancien président de la République, on voit bien les enjeux politiques qu'il y a derrière", a dit Me Jérome Karsenti.  "Ca dénonce un système politique mis en place par la majorité actuelle. C'est pour cela que l'on ne veut pas de ce procès", a-t-il ajouté. Il a par ailleurs dénoncé "la prise de position politique" du procureur de la République. 

Pour sa part, Me kiejman, l'un des avocats de Jacques Chirac estime qu'il n'y aura pas report du procès. "S'associer à cette QPC n'est pas demander le report du procès", a-t-il déclaré devant la presse après la suspension de l'audience. "Cette QPC peut être transmise à la Cour de cassation et au Conseil constitutionnel, sans pour autant renoncer au déroulement du procès", a-t-il ajouté. "Si vous voulez mon pronostic, le procès continuera à se dérouler et ni moi ni surtout le président Chirac n'y verrons un inconvénient", a-t-il dit. Il a également précisé qu'en raison de ce contretemps dans le calendrier judiciaire, son client viendait mercredi à l'audience, et non mardi comme cela était initialement prévu.

Renvoyé devant la justice pour "détournement de fonds publics", "abus de  confiance" et "prise illégale d'intérêt", Jacques Chirac encourt dix ans de prison et 150.000 euros d'amende. Selon un sondage BVA/M6, 56% des Français pensent qu'il doit être jugé "comme n'importe quel citoyen". Ils sont 71% à "trouver normal qu'il soit jugé", selon un autre sondage Obea-InfraForces/France Info/20 Minutes.

 

 

Par Alexandra Guillet le 07 mars 2011 à 15:58
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

12 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • gillesparis20, le 08/03/2011 à 12h44

    Je croyais que le parti avait paye les dettes il y a 8 mois et au il etait lave de tout tout le monde a croaue afond a cette epoque remuer la boue n est pas bon a l heure ou des miliers de gens meurent pour leur liberte et on les regardent sans rien faire mieux fvaux se pencher sur des sujets plus ......vitaux

  • papicharly06, le 08/03/2011 à 08h11

    Je croyais que les tribunaux étaient débordé ! Je ne porte pas Chirac dans mon coeur, mais il me semble que la publicité médiatique internationale faite autour de cette "très" vieille affaire est une honte pour la France. Après cela nous donnerons des leçons !!

  • zoomxy, le 08/03/2011 à 04h07

    Si il tombe, c'est toute la Ve République qui disparrait. Mais comme il ont tous des dossiers compromettants sur chacun d'entres eux et leurs proches, cela n'est pas gagné! Dans quelques mois, voire quelques années, nous y verrons plus clair !

  • robryc, le 07/03/2011 à 18h16

    Et dire que l'on ose critiquer la justice au Mexique, il faudrait peut-être commencer à balayer devant notre porte.

  • a.1.2.c.4, le 07/03/2011 à 18h07

    Aucune preuve n'est apportée ...! Héhéhé ...! :o)))

  • djimn509, le 07/03/2011 à 17h46

    Djimn509, pschittt

  • fopamentir, le 07/03/2011 à 17h32

    5 ans de procédure qui coûtent plus cher que les emplois fictifs et qui va payer la note ????????????? Bé c'est NOUS comme d'habitude ..........

  • flox944, le 07/03/2011 à 17h27

    Justice à l'image du Gouvernement : Passive

  • dom145, le 07/03/2011 à 17h17

    "Le parquet soutient la demande de report"; il représente qui, le parquet ???

  • ahegon, le 07/03/2011 à 17h16

    Comment une justice aussi compliquée peut elle être efficace ? C'est l'usine à gaz... dont personne ne comprend vraiment comment elle fonctionne ni à quoi elle sert... Ce qu'on sait c'est qu'il y a de plus en plus de fuites nauséabondes, de violeurs récidivistes dans la nature, pendant que les magistrats (en sous-effectif) se demandent comment quand et si on va pouvoir juger Chirac pour son étrange façon de créer des emplois...

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience