C'est dans ce transformateur que deux adolescents se sont cachés et sont décédés par électrocution en 2005 à la suite d'une course-poursuite avec des policiers. © TF1-LCILa chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a décidé de prononcer un non-lieu. Les deux policiers mis en cause dans la mort en 2005 de deux adolescents à Clichy-sous-Bois n'iront donc pas devant le tribunal correctionnel. Le 27 octobre 2005, Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, étaient morts électrocutés dans un transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés après une course-poursuite avec des policiers. Un troisième adolescent, Muhittin Altun, avait en revanche survécu. Ce drame avait provoqué des émeutes sans précédent dans de nombreuses banlieues en France. L'état d'urgence avait même été voté le 9 novembre 2005.
Clichy-sous-Bois : les policiers vont être cités à comparaître
Les familles des deux adolescents morts électrocutés à Clichy-sous-Bois en 2005 après une course-poursuite avec la police vont déposer une citation directe pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui" contre les policiers.
Publié le 27/04/2011
Mort de Zyed et Bouna : non-lieu requis pour les policiers
Le parquet de Bobigny a requis un non-lieu pour les deux policiers mis en cause dans la mort par électrocution de deux adolescents, en 2005 à Clichy-sous-Bois. Les avocats des victimes dénoncent une décision politique.
Publié le 10/09/2010
Près de cinq ans après les faits, en octobre 2010, deux policiers avaient été renvoyés par les juges d'instruction chargés de l'enquête devant le tribunal correctionnel pour non assistance à personne en danger. Le parquet de Bobigny, qui avait requis un non-lieu, avait fait appel de cette décision. Cet appel a été examiné en février par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. A l'époque, le parquet général s'était également prononcé contre le renvoi des policiers en correctionnelle, estimant qu'ils n'avaient pas eu connaissance de la réalité du danger.
"Justice de peur"
"Le dossier a toujours été vide", a dit à l'af Me Daniel Merchat, l'avocat des deux policiers après la décision rendue à huis-clos par la chambre de l'instruction. "L'affaire de Clichy s'arrête théoriquement aujourd'hui", a-t-il dit, même si, pour les parties civiles, "il reste la possibilité de se pourvoir devant la cour de cassation". Le défenseur des policiers s'est également réjoui qu'après "cinq ans, (ses) clients voient enfin leur honnêteté professionnelle reconnue".
Les familles des deux adolescents vont se pourvoir en cassation après le non-lieu, a annoncé leur avocat Me Jean-Pierre Mignard. "C'est une justice de peur qui a été rendue ce matin", a-t-il affirmé sur France Inter. Mais "nous irons jusqu'au bout", a-t-il ajouté en accusant le parquet de n'être "pas indépendant" et "pas impartial". "C'est un parquet complètement dépendant du pouvoir politique. Le pouvoir politique a toujours une responsabilité dans un dossier ô combien surveillé !", a-t-il dénoncé.
| Le maire regrette qu'il n'y ait pas eu de débat contradictoire |
Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois, a déclaré mercredi qu'il regrettait le non-lieu accordé aux policiers. "Dès le premier jour, j'ai réclamé une enquête indépendante puis un débat contradictoire", a rappelé l'élu. "Il n'aura pas lieu et je le regrette, même pour les policiers", a-t-il poursuivi. "Leur non-responsabilité aurait peut-être été plus clairement mise en évidence après ce débat", a-t-il estimé. "J'ai envie de dire: tout ça pour ça. C'est long 5 ans et demi et si c'est pour en arriver là, on aurait pu le faire plus tôt", a-t-il poursuivi. "Avec cette décision, ça va être dur de faire son deuil pour les familles", a souligné l'élu, avant d'ajouter: "On les connaît, elles ne sont pas dans un esprit vengeur mais elles auraient aimé que les responsabilités des uns et des autres soient clairement établies". "On travaille pour que la jeunesse croit en la justice, mais après une décision comme celle-là, c'est dur pour nous", a dit Mohamed Mechmache, président du collectif d'associations AC-Le Feu, à Clichy-sous-Bois. "La justice existe pour une catégorie de personnes: les jeunes qui ont exprimé leur colère en 2005 (lors des émeutes) sont passés en comparution immédiate et ont fait de la prison eux et les policiers ne sont même pas jugés", a-t-il déploré. "Aujourd'hui, on a l'impression que Zyed et Bouna sont morts pour rien", a ajouté M. Mechmache. |
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