Garde à vue : la réforme applicable "immédiatement"

Par TF1 News (Avec agence), le 15 avril 2011 à 14h12 , mis à jour le 15 avril 2011 à 16h15

La Cour de cassation a décidé vendredi que les nouvelles règles de la garde à vue devaient s'appliquer "immédiatement". Pourtant, sur le terrain, rien n'est prêt pour appliquer la réforme, qui prévoit une présence de l'avocat tout au long des auditions, dénoncent les policiers.

Dans les commissariats, faute d'être prêt à temps, on redoutait cette décision. La Cour de cassation a décidé vendredi que les nouvelles règles de la garde à vue, prévoyant notamment la présence des avocats lors de tous les interrogatoires, devaient s'appliquer "immédiatement".

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Plus d'infos

Le texte, qui a été publiée vendredi au Journal Officiel après le feu vert du Parlement cette semaine, devait normalement entrer en vigueur le 1er juin.  Mais une décision de la Cour de cassation dans une affaire concernant des étrangers en situation irrégulière tend à précipiter son application. "La plus haute formation de la Cour de cassation (...) a décidé une application immédiate", peut-on lire dans l'arrêt. Pour Hélène Mas-Dessen, du syndicat des avocats de France, "les principes énoncés dans cette décision sont immédiatement applicables c'est-à-dire dès demain, voire dès aujourd'hui".

De fait, peu après la décision de la cour de cassation, La Chancellerie a annoncé qu'elle demandait aux magistrats du parquet d'appliquer "sans délai" la réforme. Le garde des Sceaux "mettra tout en oeuvre pour assurer la meilleure sécurité juridique possible", a précisé le ministère de la Justice dans un communiqué. "Des instructions précises sont immédiatement données aux magistrats du parquet pour que, sans attendre le 1er juin, les règles définies par la loi publiée ce matin (...) soient appliquées sans délai, afin de garantir d'emblée la conformité des mesures prises aux exigences européennes", a-t-il ajouté. "Le ministre sait pouvoir compter sur le dévouement et le sens des responsabilités des magistrats et officiers de police judiciaire, auxquels il incombe d'appliquer par anticipation les nouvelles règles", a-t-il dit.

Policiers hostiles

Sur le terrain, il faudra que les policiers, peu enthousiastes envers ces nouvelles règles, et les avocats, qui les réclament depuis longtemps, s'organisent pour offrir aux justiciables leurs nouveaux droits. Outre l'hostilité de certains syndicats au principe même de la réforme, tous les policiers mettent en exergue les difficultés matérielles qu'elle entraîne, en raison de notamment de l'inadaptation des locaux.

Les syndicats de police ont d'ailleurs rapidement et vigoureusement réagi vendredi à la décision de la Cour de cassation. Dans un communiqué commun, les syndicats Alliance Police nationale (deuxième syndicat des gardiens de la paix), Synergie officiers (deuxième syndicat d'officiers de police) et le Syndicat indépendant des commissaires de Police (minoritaire) se sont déclarés "affligés" par cette décision. Ces trois organisations syndicales assurent que "ni les policiers, ni les magistrats, ni les avocats ne sont prêts pour la mise en place de ce dispositif". Elles "exhortent les responsables politiques à engager dès à présent, une réflexion de fond sur une réforme globale et équilibrée de la procédure pénale afin notamment d'en simplifier l'exercice et de permettre à nouveau aux services d'investigation de mener un travail d'enquête efficace au bénéfice de tous nos concitoyens". Quoiqu'il en soit, le ministère de l'Intérieur a annoncé avoir demandé à la police et à la gendarmerie d'appliquer "immédiatement" la réforme.

Budget à revoir

En ce qui concerne les avocats, la réforme va entraîner une hausse des besoins en matière d'aide juridictionnelle, versée par l'Etat aux avocats pour assurer la défense des personnes à revenus modestes. La Chancellerie envisage d'augmenter l'enveloppe prévue, en la portant de 80 à 100 millions d'euros, a indiqué mercredi le ministère de la Justice. Des annonces sur cette question cruciale pour l'application de la réforme de la garde à vue seront faites la semaine prochaine par le garde des Sceaux, Michel Mercier.

Mais ces problèmes de budget ne semblent pas effrayer les avocats puisqu'ils se sont se sont dits vendredi "prêts à faire face" à l'application immédiate de la réforme. "C'est une hypothèse que nous avions anticipée", a déclaré le vice-bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris, Me Jean Yves Le Borgne. "Nous aurons les équipes de volontaires nécessaires pour assister les gardés à vue". "Tout a été mis en oeuvre pour qu'il n'y ait pas de difficultés pratiques, pour que tout soit fait dans les normes", a-t-il assuré.

Dans un communiqué, l'Ordre des avocats de Paris, plus nuancé, a quant à lui souligné que "l'application immédiate d'une garde à vue modernisée et plus respectueuse des libertés est à la fois un progrès, dont il faut se féliciter, et une difficulté technique que les barreaux doivent assumer dans l'urgence".

Par TF1 News (Avec agence) le 15 avril 2011 à 14:12
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92 Commentaires

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  • vanderdk, le 16/04/2011 à 16h14

    Les victimes étaient déjà, en bonne partie, dépitées, elles le seront un peu plus!! signé l'opj

  • r0an, le 16/04/2011 à 09h10

    Et en plus il dis "TU", ton métier n'est pas un métier de justicier, mais tout simplement d'exécutant il faudra juste exécuter cette mesure et essayé de la combattre en amont pour faire réviser le texte de loi mais certainement pas en ralentissant le système qui est déjà bien lent

  • chloe95, le 16/04/2011 à 09h05

    Le constat c'est que la justice n'a plus les moyens de réagir efficacement face à un accroisessement de faits délictueux. En diminuant le nombre de garde a vue, on va diminuer les procédures de "petits délits" qui prennent énormement de temps pour les fonctionnaires ( force de l ordre comme justice.) Bon point. 2ème mesure est le fait que les avocats soit présent à toutes les auditions et dès la première si l'interpellé en demande l'usage : Personnellement je trouve cela sain, on a besoin de transparence dans une enquête. Arrêtons de croire que les avocats de FRANCE sont là pour tirer du profit et sont du côté des délinquants sous prétexte qu'il y a eu quelques corrumpus. Ne généralisons pas. Les forces de l'ordre ainsi que le personnel de la justice font un travail remarquable au quotidien afin de préserver notre sécurité. 3ème point est le fait de notifier à la personne qui fait une garde à vue le fait qu'elle puisse garder le silence. Ce n'est pas génant car les auditions du mis en cause ne sont qu'un maillon dans la recherche de la vérité.... Je signe pour cette réforme et je persiste. dgns Merci d'être publier.

  • cipolje, le 16/04/2011 à 09h03

    Ce qui me sidère dans les commentaires des internautes policiers de ce site, c'est...que finalement ils attendent la retraite avec impatience, ne montrent plus aucune motivation pour leur métier, refusent toute évolution. Inqiétant pour un citoyen comme moi qui se pose la question de l'efficacité. Quand on est plus en phase avec son métier il faut prendre ses responsabilités et en changer. Comment faire corectement ce que l'on aime plus?

  • pifou76, le 16/04/2011 à 08h58

    J'ai du mal à comprendre comment certains (humanide56 entre autre) peuvent être en phase avec un commentaire mettant en conflit 2 types de catégories professionnelle quand ces même personnes reproche à notre président de diviser pour mieux régner. Quand à l'éducation elle n'est pas synonyme d'intelligence... la preuve avec ce commentaire signé BAC +5 ou 7 !!!

  • claude gueant, le 16/04/2011 à 07h15

    Je suis de tous coeur avec vous mosieur claude gueant

  • liolyon, le 16/04/2011 à 02h26

    Et quand est-ce que les juges devront faire la même chose ? combien d'innocents condamnés par des incapables plus prompts à défendre leur indépendance que leur compétence ?

  • liolyon, le 16/04/2011 à 02h25

    Ils luttaient déjà justement contre la vraie délinquance, il faudrait juste que les juges en fassent autant !

  • humanoide56, le 16/04/2011 à 01h36

    C'est balot pour certains policiers il va falloir justifier la GAV, fini le faciès, l'arbitraire, Ils vont enfin lutter contre la vraie délinquence, cela se complique pour faire du chiffre trop facile !

  • belialgoth, le 16/04/2011 à 00h59

    Il n'y en a pas beaucoup; et si au moins ça leur servait de leçon... Mais ce sont en général des récidivistes, qui de plus conduisent un véhicule non assuré, généralement sans permis de conduire valide, et souvent volé...

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