Un premier couac dans l'application de la réforme de la garde à vue

le 16 avril 2011 à 19h51 , mis à jour le 17 avril 2011 à 14h03

Le bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau des Deux-Sèvres a annoncé samedi avoir demandé aux avocats de permanence ce week-end de ne pas appliquer le nouveau régime de la garde à vue arguant notamment du "principe de la séparation des pouvoirs".

palais de justice Paris

Premier blocage dans l'application des nouvelles règles de garde à vue. Le bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau des Deux-Sèvres a annoncé samedi  avoir demandé aux avocats de permanence ce week-end de ne pas appliquer le nouveau régime de la garde à vue arguant notamment du "principe de la séparation des pouvoirs".

  • Garde à vue : Créteil et Vannes font aussi de la résistance

    Après celui des Deux-Sèvres, les bâtonniers de Créteil et de Vannes appellent les avocats de permanence de leurs départements à ne pas appliquer le nouveau régime de la garde à vue en attendant que les conditions de leur intervention et de leur rémunération soient éclaircies.

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  • Réforme de la garde à vue: les avocats présents dans 20% des cas

    La préfecture de police a annoncé dimanche que depuis l'entrée en vigueur de la garde à vue "nouvelle formule" vendredi après-midi, les avocats de Paris et sa petite couronne s'étaient déplacés dans environ 20% des cas pour assister aux interrogatoires de leurs clients.

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  • "Allô, Garde à vue assistance, bonsoir"

    La réforme de la garde à vue, rendue applicable dès ce week-end par décision de la Cour de cassation, entraîne un vaste remue-ménage chez les policiers et gendarmes. A Paris, une hotline a été mise sur pied dans l'urgence. Du côté des avocats aussi, c'est le branle-bas de combat.

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  • Garde à vue : la réforme applicable "immédiatement"

    La Cour de cassation a décidé vendredi que les nouvelles règles de la garde à vue devaient s'appliquer "immédiatement". Pourtant, sur le terrain, rien n'est prêt pour appliquer la réforme, qui prévoit une présence de l'avocat tout au long des auditions, dénoncent les policiers.

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  • Nouveau régime de la garde à vue : 2 avocats, 2 approches

    Premier weekend et premier bilan pour le nouveau régime de la garde à vue : 100% des cas ont été traités à Paris, mais c'est plus difficile ailleurs. TF1 a suivi de jeunes avocats commis d'office à Paris et dans le Val-de-Marne.

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La position de Laurent Di Raimondo repose, selon lui, sur "une analyse légaliste des choses" qui se base sur le "principe de la séparation des pouvoirs et de la hiérarchie de la norme". "On a hier deux normes qui se sont entrechoquées : un arrêt de la cour de cassation" qui décide que les nouvelles règles de la garde à vue devaient s'appliquer "immédiatement" et "de l'autre une loi parue au journal officiel portant réforme de la garde à vue qui prévoit l'entrée en vigueur de ce texte au 1er juin 2011", selon Me Di Raimondo.

"Force doit rester à la loi"

Pour lui, "le pouvoir judiciaire représenté par la cour de cassation ne peut pas décider contre la loi adoptée par l'assemblée et ne peut pas décider d'anticiper l'entrée en vigueur d'un texte". "Force doit rester à la loi" et on ne peut pas "laisser au pouvoir judiciaire le soin de détricoter ce que le pouvoir législatif a tricoté, c'est un non-sens", a-t-il poursuivi. Les fins juristes apprécieront l'argumentaire...

La Cour de cassation a décidé vendredi que les nouvelles règles de la garde à vue, prévoyant notamment la présence des avocats lors de tous les interrogatoires, devaient s'appliquer "immédiatement". Dans un communiqué publié juste après la décision de la Cour de cassation, le ministère de la Justice a demandé aux parquets d'appliquer "sans délai" la réforme de la garde à vue, sans attendre le 1er juin. 

Des avocats des Deux-Sèvres pas d'accord avec leur bâtonnier

Des avocats du barreau des Deux-Sèvres ont affirmé dimanche ne pas être d'accord avec leur bâtonnier qui a demandé aux avocats de permanence ce week-end de ne pas appliquer le nouveau régime de la garde à vue, qu'il juge notamment anti-constitutionnelle.
 
"Je suis dans une colère sans nom, on n'a pas eu d'assemblée générale pour voter le fait qu'on aille ou pas assister à ces gardes à vue, le bâtonnier aurait pu prendre l'initiative d'une assemblée générale au cours de laquelle on aurait voté, mais dire, comme cela, qu'on y n'assistera pas est une aberration", a expliqué, Me Pascal Munoz, un des anciens bâtonniers des Deux-Sèvres. Un point de vue partagé par Jean-Marc Izard, avocat à Niort qui qualifie d'"inadaptée" la position "brutale et unique" du bâtonnier Laurent Di Raimondo.  Pour lui, "les avocats doivent être disponibles dès maintenant" et c'est pour cette raison qu'avec son confrère Me Munoz il a téléphoné au commissariat pour le faire savoir.
 
"Je n'ai pas fait part du point de vue du barreau des Deux-Sèvres, c'est mon point de vue personnel", se défend Me Di Raimondo, qui estime que la réforme en elle-même "est une avancée démocratique indiscutable, et attendue par les avocats". "Ce que j'ai mis en avant et que je critique c'est l'immédiateté de son entrée en vigueur contre la volonté du législateur", a-t-il affirmé. Les deux avocats des Deux-Sèvres sont d'ailleurs d'accord sur ce point avec le bâtonnier. "Tout demeure à mettre en place, les locaux, l'organisation des garde à vue, la rémunération des avocats", a indiqué Me Izard par ailleurs fondateur dans le département du groupe de défense pénale.
 
Une assemblée générale des avocats du barreau des Deux-Sèvres doit se tenir lundi à 12 heures à Niort au cours de laquelle ses 75 membres seront appelés à ce prononcer sur le sujet.

le 16 avril 2011 à 19:51
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24 Commentaires

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  • zrep, le 17/04/2011 à 20h12

    Si vous saviez que certaines personnes sont innocentes.

  • humanoide56, le 17/04/2011 à 14h58

    Karakal75 Très bonne formule, pour une fois +1

  • alain-paris, le 17/04/2011 à 13h22

    Mais pour le bouclier fiscal et la réforme des retraites, ça a été immédiat

  • gillou955, le 17/04/2011 à 11h10

    Donc vous êtes contre le législatif, belle mentalité, ne venez pas rouspeter le jour ou la justice est laxiste. Et vous deviez être le premier à vous offusquer pour Outreau.

  • dur6200, le 17/04/2011 à 10h05

    Robbas,vous savez bien que si!! tout est fait dans l'urgence depuis "qulques années",lois votées l'été,etc....nous sommes sous l' "ère" de Zorro" !!!!

  • bebert59560, le 17/04/2011 à 07h59

    Robbas à raison! Ce rappel à la loi rien qu'à la loi est plutôt salutaire pour les justiciables que nous sommes!De toutes façon cette précipitation dans la mise en application immédiate de la réforme de la GAV avait quelque chose de suspect! Reste à savoir à qui cela profitait!

  • silverfox06, le 17/04/2011 à 02h35

    Tous les gardés à vue ne sont pas des délinquants ! Si demain vous vous retrouvez convoqué suite à une dénonciation calomnieuse (par exemple) vous serez bien heureux d'être assisté de votre avocat durant tout l'interrogatoire.

  • starlu1, le 17/04/2011 à 02h11

    La police y est un peut pour quelque chose elle mettais beaucoup de personne en garde a vu pour un rien comme ce vieux monsieur qui a traversé a 3 mètre du passage piéton et il sont reparti chercher le témoin de la scène mais comme celui ci donnais raison au viel homme il l on mis aussi au mitard non mais on va ou la cela est de leur faute la nouvelle génération de policier et gendarme sy croit observé bien rien que pour un controle mais bon cela n explique pas tous

  • karakal75, le 17/04/2011 à 00h00

    Même les délinquants ont des droits, il s'agit de les assurer, pas de les innocenter.

  • barrny, le 16/04/2011 à 23h54

    C'est soi cela, soit casser systématiquement toutes les décisions rendues après une garde à vue illégale... tout cela est la faute du législateur: beaucoup trop lent à réagir malgré les coups de semonce.

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